‹ Les trois dictions [par] Georges Berr et Ren© DelbostChapitre 64 sur 91 · VULCAIN · texte numérisé non relu

VULCAIN

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Pes-tesoit-de Bo .j^ë.aLEt d'EjoJe ! Et de vous !

Ainsi nous voyons, d'après des exemples typiques, tirés de la vie ordinaire, comme les intervalles de la voix grandissent spontanément ou se rétrécissent suivant le degré ou l'cibsence d'émotions, d'impulsions ou de passions en nous. Si nous voulons nous rendi'e compte de la signification des intervalles que la voix met instinctivement entre chacune de ses modulations.

1. Dans M"" Sans-Géne, de Victorien Sartlou. l'auteur a représenté une scène de famille entre les sœurs de Napoléon et Napoléon luimême. A la fin de la discussion très animée, l'artiste qui iiicarne Napoléon, emporté parla colère, revient spontanément au dialecte italien dont il se servait dans sa jeunesse et. sous le Ilot des paroles dont son entourage l'accable, il crie plusieurs fois « liasta, basta », en reiiroduisant 1 intervalle d'octave indiqué ci-dessus. L'eflet très juste a beaucoup de succès.

nous pouvons consulter avec fruit les œuvres musicales de rÉcole Française qui, selon le mot de Saint-Saëns, a toujours eu pour base de son esthétique, depuis LuUi, la vérité de la diction. On peut consulter aussi avec fruit Tœuvre de Richard Wagner, d'une vérité intensive dans l'expression et la notation de la déclamation qu'il a poussées à leurs limites extrêmes et qui seront difficiles à approcher d'aussi près. Dans Siegfried^ il y a des passages entiers où Wagner s'est ingénié à reproduire les intervalles en usage dans la déclamation parlée.

M. Combarieu, dans la première partie de son ouvrage, cite des fragments d'opéras ou d'opéras comiques qui viennent à l'appui de la théorie exposée ici. Il tire un de ses exemples de la scène des enchères de la Dante blanche de Boïeldieu:

(( Il y a là quatre personnages inégalement passionnés. Le premier, représentant de la loi et sans intérêt personnel dans le débat, a l'impersonnahté d'une abstraction : c'est le greffier Mac-lrton. Les deux autres, qui se disputent le domaine, ont la passion de deux rivaux aux prises dans un duel de plus en plus vif : c'est Georges Brown et Gaveston. Le quatrième, enfin, est le plus ému de tous, puisqu'il doit recueillir les bénéfices de la victoire, et a pour rôle d'exciter les deux encfhérisseurs en les piquant au jeu : c'est Anna. Si le minimum de l'émotion est chez le scribe qui rédige le procès-verbal de la lutte, le maximvmi est chez la Dame Blanche qui la conduit et la fait aboutir. Considéré au point de vue des intervalles, le langage ipusical de ces quatre acteurs de

NOTATIONS DE QT'ELQUES INFLEXIONS

la scène correspond exactement au degré d'émotion de chacun d'eux.

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Voici maintenant un échantillon du langage des deux

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« Les chiffres successivement proposés par eux, sont répétés parle greffier; seulement (iaveston et G. Brown donnent à ces chiffres la signification d'une \-ol()nl('' opiniâtre et d'un défi, tandis que Mac-Irton les consigne sur son papier avec l'indifférence d'un homme qui s'acquitte d'une foftctiou bauale ; aussi, sous cette second e^l'orme où

elle paraît, Tidée ne produit-elle plus aucuu intervalle. »

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