LE GENERAL DUMAS OO
Son fils l'aida à supporter la misère de l'inactivité. Avec une retraite de huit mille francs — et à cette époque!... — il vivait matériellement heureux dans un petit château : les Fossés, aux environs de Villers- Cotterets.
Quatre années encore, il traîna. Quatre années employées à ressaisir, s'il le pouvait, quelques bribes de gloire et de c:rado, quatre années mélancoliques d'un homme qui voit sa carrière brisée à quarante ans, et brisée par un mal si peu de son état et de sa folie courageuse !
Se voyant près de la mort, il s'écriait : « Oh ! faut-il qu'un général qui, à trente-cinq ans, a commandé en chef trois armées, meure à quarante dans son lit, comme un lâche! 0 mon Dieu! mon Dieu! que vous ai-je donc fait pour me condamner si jeune à quitter ma femme et mes enfants ! »
Il mourait désespéré, aussi, du sort misérable qui attendait ceux-ci.
Il rendit le dernier soupir le ^6 février 1806.
11 n'avait même pas reçu la croix de la Légion d'honneur, dont la création avait été proposée par son homonyme, le comte Mathieu Dumas. Il laissait une veuve et deux enfants dans la détresse. M'"'= Dumas mit en campagne tous les anciens amis de son mari : Brune, Murât, Augereau, Lannes, Jourdan, pour obtenir une pension de l'empereur, tout fut inutile. Un jnur. Napoléon s'emporta jusqu'à dire à Brune, le plus chaleureux des solliciteurs :
« Je vous défends de jamais me parler de cet homme-là ».