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CHAPITRE III

Campagne d'Ilalio. — L'espion autrichien. — Prise de Maiiloue. — Brouille avec Bonaparte. — Au Tyrol. — Le Pont de Clausen. — Uoratius Codés du Tvrol.

Dumas fut cordialement reçu par Bonaparte, qui l'envoya rejoindre le corps du général Serrurier chargé de poursuivre le blocus de Mantoue.

Dumas prit le commandement de la i2° division, et n'eût guère rencontré l'occasion de se distinguer dans une opération de ce genre, si le hasard ne l'eût aidé en lui envoyant un espion autrichien qui lui donna les moyens d'exercer sa perspicacité.

Une nuit, le général Dumas fut réveillé par ses soldats qui lui amenaient un homme soupçonné d'être un espion.

On le fouille, on l'interroge. lîien, Dumas se méfiait pourtant. Avant de se coucher, Dumas venait justement de lire un passage des Commentaires de César où il est raconté que celui-ci, lorsqu'il voulait envoyer à Labienus des dépêches importantes, les mettait dans une petite boule d'ivoire que le messager, s'il était pris, avalait.

Dum;is s'écria alors :

— Qu'on emmène cet homme et qu'on le fusille '

— Comment! me fusiller?

— Pour voir ce que tu as dans le ventre !

Il avait deviné. L'espion fut purgé et on recueillit une boulette de cire dans laquelle était enfermée une dépèche d'Alvinlzy au gouverneur de Mantoue.

La capture de cette dépèche fut assez importante pour, quelques jours après, aider au gain de la bataille de Rivoli.

Dumas restait toujours devant Mantoue, empêchant Wurmser de venir au secours de ses alliés.

Le moment allait venir cependant où il faudrait combattre. L'armée d'Alvintzy détruite, il y avait encore celle de Provera qui se dirigeait vers Mantoue. L'armée française pouvait être serrée entre deux feux. 11 {allait donc prendre Mantoue avant l'arrivée de Provera ou savoir se retirer à temps. Pendant que Serrurier attaquerait Mantoue, Dumas serait donc chargé de contenir Provera.

Voilà qui convenait admirablement au tempérament de Dumas! Se battre par escarmouches, harceler l'ennemi, l'épouvanter par quelque prouesse! Il s'en acquitta à merveille, si bien que, changeant de tactique, Bonaparte le chargea de contenir Wurmser dans Mantoue pendant qu'il écraserait Provera.

Le n nivôse an V, à cinq heures du malin, Dumas fut attaqué par Wurmser... Le soir on le retrouva, avec sept ou huit cents hommes, entouré de morts ; il avait eu deux chevaux tués sous lui, dont le second par un boulet !

Mais Wurmser avait été repoussé et La Favorite était gagnée. Quelques jours, après, Mantoue capitulait.

Fût-ce oubli, fût-ce préméditation? Dumas ne fut pas signalé à l'ordre du jour, avec les généraux qui s'étaient distingués ce jour là. Sans doute Bonaparte savait très bien distinguer le mérite d'un général comme Victor qui sait concevoir sur le champ de bataille, du mérite d'un Dumas qui sait surtout se battre ;

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