LES LETTRES ET LES LITTÉ IIATEL'RS
Quand le travail de l'esprit n'est pas la plus noble de toutes les professions, c'est le plus vil de tous les métiers. Le désespoir, la haine^ l'envie, la misère, le doute, le vice et la démence sont au bout, quelquefois au milieu de cette carrière méprisable où la concurrence remplace l'émulation, où la popularité triche la gloire, où l'argent est un but, la débauche un aiguillon et l'ivresse une musc.
Toute littérature qui n'a pas en vue la perfectibilité, la moralisation. Lidéal, l'utile, en un mot, est une littérature rachitique et malsaine, née morte. La reproduciion pure ei simple des faits et des hommes est un travail de greflier et de [)liotographe, et je défie qu'on me cite un seul écrivain consacré par le temps qui n'ait pas eu pour dessein la plus-value humaine.
Œuvre qu'on lit, œuvre qui dure ; œuvre qu'on relit, œuvre qui reste.
La douleur et le chagrin ont tué nombre de gens à qui il ne manquait p<nir les vaincre que la faculté d'engendrer un livre ou une comédie. Qui se répand se calme.