‹ Les trois DumasChapitre 9 sur 58 · LE GÉNÉRAL DUMAS · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL DUMAS

fausse altesse, on nous avait promis positivement que, lors de notre mise en liberté, nos armes, nos chevaux et nos papiers nous seraient fidèlement rendus.

« Avec les intentions que l'on avait sur nous, on pouvait impunément nous promettre tout cela.

a J'insistai pour voir une seconde fois l'altesse royale et lui demander des explications sur cette captivité à laquelle je ne comprenais rien, ignorant la reprise des hostilités entre Naples et la France ; mais il va sans dire que Son Altesse Royale ne se prodiguait pas ainsi.

« Je lui écrivis alors ; mais, d'après l'explication que je viens de donner, on comprend que ma lettre resta sans réponse,

« Un mois environ après cette visite, et comme, je ne sais dans quel but, on nous faisait espérer notre prochain renvoi en France, arriva une lettre du cardinal Rufl'o, dont communication nous fut donnée.

« Cette lettre nous invitait, le général Manscourt et moi, à écrire aux généraux en chef des armées de Naples et d'Italie pour traiter du cartel de notre échange contre il signor Boccheciampe, qui venait d'être fait prisonnier et conduit à Aucune. La lettre ajoutait que le roi de Naples faisait plus de cas de ce signor Boccheciampe, seul, que de tous les autres généraux napolitains, prisonniers de guerre, soit en Italie, soit en France.

« Nous adressâmes, en conséquence, au cardinal les lettres nécessaires; mais le cardinal, ayant appris que Boccheciampe avait été, non pas fait prisonnier, mais tué, la négociation, qui ne pouvait plus avoir le résultat attendu, demeura sans elîet.

« Bien plus, un matin, le gouverneur civil et politique de Tarente et le commandant militaire se firent introduire près de nous et nous déclarèrent qu'ils avaient ordre de nous faire transporter à l'instant même, le général Manscourt et moi, au château. « Cet ordre reçut immédiatement son exécution.

« Le lendemain, à force d'instances, nous obtînmes que nos domestiques vinssent nous rejoindre.

« Ce fut ainsi que nous fûmes séparés deDolomieu, qu'attendait une captivité non moins terrible que la nôtre (1).

« A notre arrivée au château, on nous donna à chacun une chambre séparée.

« A peine installés, nous fîmes venir le gouverneur; nous lui racontâmes la proposition faite par le cardinal Ruffo, et nous lui demandâmes conseil sur ce que nous avions à faire.

« Il nous invita, notre lettre étant restée sans réponse, à en écrire une nouvelle; ce que nous fîmes à l'instant même: un bâtiment en partance devait s'en charger et la remettre au général d'Anciera, commandant de Messine.

« Il va sans dire que nous n'eûmes pas plus de nouvelles de celle-là que de la première.

« Le surlendemain de mon entrée au château de Brindisi, comme je reposais sur mon lit, la fenêtre ouverte, un paquet d'un certain volume passa à travers les barreaux de ma fenêtre et vint tomber au milieu de ma chambre.

« Je me levai et ramassai le paquet: il était ficelé; je coupai les cordelettes qui le maintenaient, et je reconnus que ce paquet se composait de deux volumes.

(( Ces deux volumes étaient intitulés le Médecin de campagne, par Tissot.

« Un petit papier, plié entre la première et la seconde page, renfermait ces mots :

(1) Transporté dans les prisons de Naples,Dolomieu réclamait do son geôlier quelque adoucissement à sa position. Le geôlier rel'usa ce que lui demandait Tillustre savant.

— Prends garde ! lui dit celui-ci, avec de pareils traitements, je sens que je n'ai plus que quelques jours à vivre.

— Que m'importe! répondit le geôlier, je ne dois compte que de vos os.

Doloraieu mourut deux ans après sa sortie de prison.

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« De la part des patriotes calabrais ; voir au mot Piiisou.

« Je cherchai le mot indique: il était doublement souligné.

« Je compris (jue ma vie était menacée ; je cachai les deux volumes de mon mieux, dans la crainte qu'ils ne me fussent enlevés. Je lus et relus si souvent l'article recommandé, que j'en arrivai à connaître à peu près par cœur les remèdes applicables aux diClërents cas d'empoisonnement que l'on pourrait tenter sur moi .

« Cependant, durant les huit premiers jours, notre situation fut tolérable; nous jouissions de la promenade, devant la porte de notre logement, sur un espace d'environ trente toises. Mais, sous prétexte que les Français venaient de s'emparer de Xaples, le gouverneur nous déclara, vers la fin de la première semaine, que la promenade nous était désormais interdite ; et, le même jour, nous vîmes des serruriers poser des verrous à toutes nos portes et des maçons exhausser les murs d'une tour de douze pieds de long sur huit de large qui nous restait pour prendre l'air.

(c C'est alors que nous nous posâmes vainement ce dilemme : ou nous sommes prisonniers de guerre, et l'on nous doit le traitement alloué au grade de général prisonnier ; ou nous ne sommes pas prisonniers de guerre, et alors on doit nous remettre en liberté.

c( Pendant huit mois, nous fûmes obligés de vivre à nos frais, rançonnés par tout le monde et payant chaque objet le double de sa valeur.

« Au bout de luiit mois, un ordre du roi nous fut communiqué, par lequel il était accordé à chacun de nous dix carlins par jour.

« Cela faisait quatre francs dix sous, à peu près, de notre monnaie de France; et, sur ces quatre francs dix sous, nous devions défrayer nos domestiques.

« On eût [»u cependant doubler notre solde, la détermination étant prise de ne pas nous la payer longtemps.

c J'avais quitté l'Egypte à cause du mauvais état de ma santé. Mes amis, qui voyaient dans mes souffrances une nostalgie pure et simple, criaient à la maladie imaginaire ; moi seul me sentais malade réellement et me rendais compte de la gravité de ma maladie.

<r Une attaque de paralysie, qui me frappa la joue gauche, vint malheureusement, quelques jours après mon entrée au lazaret, me donner raison contre les incrédules. J'avais alors à grand'peine obtenu d'être visité par un médecin, lequel se contenta de m'ordonner des remèdes tellement insignifiants, que le mal demeura stationnaire.

« Quelques jours après mon entrée au château, ce même médecin me vint visiter, sans être demandé cette fois.

« C'était le 16 juin, à dix heures du matin.

« J'étais au bain ; il me conseilla un biscuit trempé dans un verre de vin et se chargea de m'envoyer des biscuits. Dix minutes après, les biscuits promis arrivaient.

« Je fis comme il avait conseillé ; mais, vers les deux heures de l'après-midi, je fus violemment saisi de douleurs d'entrailles et de vomissements qui m'empêchèrent de dîner d'abord, et qui, en redoublant toujours d'intensité, me mirent bientôt à deux doigts de la mort.

« Je me rappelai aussitôt les recommandations des patriotes et le mot poison souligné ; je demandai du lait. Une chèvre que j'avais ramenée d'Egypte et qui était une distraction dans ma captivité m'en fournit par bonheur la valeur d'une bouteille et demie. La chèvre épuisée, mon domestique se procura de l'huile et m'en fit avaler trente ou quarante cuillerées ; quelques gouttes de citron, mêlées à cette huile, corrigeaient ce que ce remède avait de nauséabond.

« Dès qu'il me vit en ce fâcheux état, le général Manscourt fit prévenir le gouverneur de l'accident qui venait de m'arriver, le priant d'envoyer chercher à

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l'instant même le médecin ; mais le gouverneur répondit tranquillement que la chose était impossible, attendu que le médecin était à la campagne.

« Ce ne fut que vers huit heures du soir, et lorsque les instances de mon compagnon de captivité prirent le caractère de la menace, qu'il se décida enlin à venir avec lui dans ma prison ; il était accompagné de tous les membres du gouvernement et escorté de douze soldats armés.

« Ce fut avec cet appareil militaire, contre lequel Manscourt protesta de toute la hauteur de son courage et de toute la force de sa loyauté, que la consultation me fut donnée.

« Sans doute le médecin, pour se présenter devant moi, avait besoin de toute cette force armée; car, si bien soutenu qu'il fût en entrant dans ma chambre, il était lui-même pâle comme un mort.

(r Ce fut alors moi qui l'interpellai, et si vivement, qu'il balbutia, me répondant à peine, et avec un tel embarras dans ses réponses, qu'il me fut facile de voir que, s'il n'était pas l'auteur du crime, — et c'était probable, car cet homme n'avait aucun intérêt à ma mort, — il en était du moins l'instrument.

« Quant aux remèdes à suivre, il m'en ordonna un seul, qui était de boire de l'eau glacée ou de sucer de la neige.

« A l'empressement que l'on mit à suivre l'ordonnance de ce misérable, je me défiai ; et, en effet, au bout d'un quart d'heure de ce traitement, le mal avait tellement empiré, que je me hiUai d'y renoncer et de revenir à mon huile et à mon citron.

« Ce qui me confirma dans la croyance que j'étais empoisonné, ce fut, outre les douleurs d'entrailles et les vomissements qui avaient tous les caractères de l'empoisonnement par les matières arsénieuses, ce fut, dis-je, que je me rappelai avoir vu, à travers la porte ouverte, tandis que j'étais au bain et avant qu'il vînt à moi, le médecin s'approcher du général Manscourt,

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qui lisait dans la chambre voisine, et lui dire mystérieusement qu'il était certain que nous devions être dépouillés comme l'avaient été nos compagnons ; en conséquence, il se mettait à sa disposition, s'engageant, si nous avions quelques objets précieux, à nous les conserver jusqu'à notre sortie de prison, époque à laquelle il s'empresserait de nous les rendre.

« Il avait profité, pour faire cette proposition au général Manscourt, de l'absence d'un canonnier tarentin, nommé Lamarronne, qui était son complice, mais avec lequel il ne se souciait pas de partager nos dépouilles.

« Le lendemain, ma chèvre mourut... Elle m'avait sauvé la vie, il fallait la punir.

« Trois jours après, le médecin mourut. Il avait manqué son coup, il fallait prévenir son indiscrétion.

« Le médecin, le jour où il m'avait rendu visite, avait fait pour le général Manscourt, atteint d'une affection scorbutique, une ordonnance que celui-ci se garda bien de suivre, voyant l'état où m'avaient mis les biscuits envoyés par ce misérable ; sans doute, cette abstention lui sauva la vie.

« Mais sa mort était résolue comme la mienne ; seulement on eut recours pour lui à un autre moyen.

« Une poudre fut mêlée à son tabac, qui commença dès lors à lui donner de violents maux de tète et ensuite quelques attaques de folie. Le général Manscourt ne savait à quoi attribuer ces accidents, lorsque j'eus l'idée de visiter la boite dans laquelle il enfermait son tabac. La poudre qu'on avait mêlée était tellement corrosive que le fond de la boîte était troué en plusieurs endroits, et que des parcelles de fer-blanc dans la proportion d'un vingtième à peu près, étaient mêlées au tabac.

« J'eus encore recours à mon Médecin de campagne : il recommandait la saignée. Le général Manscourt se fit tirer du sang à trois reprises différentes et fut soulagé.

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« Cependant, à la suite de mon empoisonnement, j'avais été atteint de surdité, un de mes yeux avait perdu complètement la faculté de voir, et la paralysie avait fait des progrès.

« Ce qu'il y avait de remarquable, et ce qui prouve la présence d'un agent destructeur, c'est que tous ces symptômes de caducité me frappèrent à trente-trois ans et neuf mois.

« Quoique l'essai que je venais de faire d'un premier médecin ne me donnât pas une grande confiance dans un second, l'état de marasme où j'étais tombé me força de recourir au gouvernement et de réclamer de nouveau le secours de la science.

« En conséquence, je fis venir ce second docteur et lui demandai si je ne pourrais pas consulter un chirurgien français qui arrivait d'Egypte avec de nouveaux prisonniers ; mais ma demande me fut refusée et force me fut de me contenter du médecin du château.

« Ce médecin s'appelait Carlin et parlait parfaitement le français.

« Son début m'inquiéta : ce fut un déluge de protestations de dévouement, d'assurances de sympathie trop exagérées pour être vraies. 11 m'examina avec la plus scrupuleuse attention, déclara que mes soupçons n'étaient pas fondés le moins du monde et que j'étais atteint d'une maladie de langueur.

« Au reste, il désapprouvait en tous points le traitement que m'avait fait suivre le médecin mort, le traitant d'ignorant et d'imbécile, m'ordonnant des injections dans les oreilles, et me faisant prendre, tous les matins, une demi-once de crème de tartre.

« Au bout de huit jours, ma surdité, qui commençait à disparaître, était revenue, et mon estomac était tellement surexciié, que toute digestion était devenue impossible.

« Carlin me visitait régulièrement, parlait beaucoup, affectait un patriotisme exagéré et une grande

sympathie pour les Français ; mais, comme toutes ses démonstrations, au lieu d'exciter ma confiance, me rendaient de plus en plus circonspect, le gouverneur inventa un moyen qu'il crut devoir être efficace : c'était de défendre à Carlin l'entrée de ma prison, sous prétexte qu'il me servait à entretenir des intelligences avec les patriotes italiens.

« J'avoue que je fus dupe de ce stratagème. Mon état empirait chaque jour ; je réclamais Carlin de toutes mes forces ; mais le directeur feignit la plus grande rigueur à son égard, et, le tenant toujours éloigné de moi, m'envoya un autre médecin.

« Celui-là, comme son prédécesseur, désapprouva complètement le régime que je suivais, disant que les injections d'oreilles qu'on me faisait faire, par exemple, n'étaient bonnes qu'à redoubler ma surdité, en irritant la membrane si délicate du tympan. En outre, il me fit préparer lui-même des potions qu'il m'apporta en me venant visiter, et à la suite desquelles j'épiouvai un mieux sensible; seulement, j^eus l'imprudence d'avouer ce mieux, et, comme ce n'était point ma guérison que l'on voulait, le brave homme fut congédié après sa seconde visite, J'eus beau le redemander, le gouverneur répondit qu'il se refusait absolument à venir me voir.

« Il me fallut donc me passer de médecin. Grâce aulivredeTissot, je continuai cependant de me traiter tant bien que mal. Mon œil seul allait empirant. Enfin Manscourt se rappela, dans des conditions à peu près pareilles, avoir vu une guérison opérée avec du sucre candi réduit en poudre et soufflé dans l'œil sept ou huit fois par jour. Nous nous procurâmes du sucre candi et nous commençâmes ce traitement, qui avait au moins l'avantage de n'être pas difficile à suivre. J'en éprouvai une amélioration sensible, et, aujourd'hui, je n'ai plus sur cet œil qu'une légère taie qui, je l'espère, finira par disparaître tout à fait.

« Malheureusement, ma surdité et mes douleurs

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d'estomac allaient empirant sans cesse. Force me fut donc de redemander Carlin, qui ne me fut rendu qu'à la condition que dans nos conversations il ne prononcerait pas un seul mot de français, et, dans ses visites, serait toujours accompagné du gouverneur.

« Carlin, en me revoyant, me trouva si mal, qu'il demanda une consultation. Depuis longtemps, je désii-ais moi-même cette consultation et l'avais inutilement demandée. Elle me fut accordée, enfin, et se composa de Carlin, d'un médecin de la ville, du chirurgien du château et d'un chirurgien français que j'obtins à force d'instances auprès du marquis de Valvo, ministre napolitain en mission à cette époque à Tarente.

« A la porte, et au moment d'entrer, le gouverneur arrêta le chirurgien français :

ft — Vous allez voir votre général Dumas, lui ditil; prenez bien garde de laisser échapper un seul mot français, ou sinon vous êtes perdu !

« Puis, tirant les six verrous qui nous tenaient prisonniers :

« — Vous voyez bien cette porte, dit-il, elle s'ouvre devant vous pour la première et la dernière fois !

(' Alors tous entrèrent dans ma chambre et se réunirent autour de mon lit. Je cherchais des yeux le médecin français, ayant hâte de voir un compatriote, et, presque malgré moi, je fus forcé de reconnaître ce malheureux dans un pauvre diable exténué, à moitié nu et se présentant lui-même à moi avec l'aspect de la souffrance et de la misère.

« Je lui adressai la parole; mais, à mon grand étonnement, il ne me répondit pas. J'insistai; même silence. J'interrogeai le gouverneur; celui ci balbutia quelques paroles sans suite.

« Pendant ce temps, le médecin français disait tout bas et vivement au général Manscourt :

« — Il m'est défendu sous peine de mort, de parler au prisonnier !

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« Carlin expliqua alors à ses confrères la cause et les développements de ma maladie, ainsi que le traitement qu'il avait jugé à propos de me faire suivre; puis, après une légère discussion dans laquelle intervint à peine le médecin français, tant à cause de son ignorance de la langue italienne que de l'intimidation, suite naturelle des menaces du gouverneur, il fut convenu que je suivrais le traitement primitif, auquel on ajouterait seulement des pilules et des vésicatoires sur les bras, sur le cou et derrière les deux oreilles.

« Je me soumis à ce traitement; mais, au bout d'un mois, il avait fait sur moi de tels ravages que je fus obligé de l'abandonner. Pendant ce mois, j'avais été atteint d'une insomnie continuelle; j'étais empoisonné une seconde fois.

« .T'appelai le médecin : je lui exposai tous les symptômes; je les lui rendis si visibles, si patents, que le gouverneur, présent à l'entretien, n'osait me regarder et détournait la tète; mais l'impertubable Carlin tint bon, affirma que le traitement seul qu'il me faisait suivre pouvait me sauver, et, mes trente pilules étant épuisées, il m'en ordonna de nouvelles.

« Alors je fis semblant de me rendre, je promis de me conformer à l'ordonnance, et, le lendemain, je reçus dix nouvelles pilules que je garde soigneusement pour les soumettre à l'analyse.

« Celles-là, sans doute, devaient opérer plus activement que les autres ; car, en me quittant, il m'annonça qu'il partait pour la campagne, et me dit adieu, sous prétexte que, selon toute probabilité, j'aurais quitté moi-même Tarente à son retour.

« Huit jours après, quoique j'eusse complètement abandonné ce traitement fatal, je me sentis tout à coup frappé comme d'un coup de foudre, et je tombai sans connaissance au milieu de ma chambre.

« Je venais d'être atteint d'une violente attaque d'apoplexie.

« Le général Manscourt fit à l'instant même pré-

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