COMMENT DIEU EST NOTRE PERE
Or, maintenant pour éclaircir une si belle et si importante vérité, et pour satisfaire la-dessus nos esprits, nous demandons comment et par quoi Dieu est notre Père. A cela je réponds que c'est par trois choses. Premièrement, par la nature , ainsi que Moïse et Malachie nous l'ont insinué ci-dessus; en ce sens que, comme un homme devient père, quand il produit son semblable, de même Dieu s'est rendu notre Père, lorsque, nous tirant
* Meliora sunt ubora tua vino. Canl. 1 . 2. 2 p]cce ego lactabo eam. Gap. 2. 4 4.
^ Ad ubera portabimini, et super genua blandientur vobis; quomodosi cui mater blandiatur, ita ego consolabor vos. Cap. 66. 12. •* Strom. 5.
du néant, il nous a faits, selon le langage de l'Ecriture, à son image et à sa ressemblance*., viVaiïts, raisonnables, libres et doués, dans une certaine proportion, des autres excellences qui brillent en lui. Saint Paul, écrivant aux Ephésiens, leur disait qu'il fléchissait les genoux pour eux devant Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, « de qui prennent leurs noms aussi bien que leurs essences toutes les paternités qui sont au ciel et sur laterre^. » L'homme n'a pas, de soi, la force d'être père, ni la bénédiction d'avoir des enfants, puisqu'il nest rien dé son propre chef, et que tant d'hommes mariés en sont privés; mais il l'a de Dieu, et elle n'est qu'une participation de celle qui est -en lui, par laquelle il engendre premièrement en soi son Fils coélernel, et puis, hors de soi, les anges et les hommes; ce qui lui fait dire, dans Isaïe, à l'égard de ces derniers : « Eh quoi ! pense-t-ou que moi qui donne aux autres la puissance d'engendrer, je n'aurai point d'enfants, et qu'ayant fait mes créatures fécondes, je serai stérile^ ?»
• La seconde chose, plus excellente et plus propre par laquelle Dieu est notre Père, c'est la grâce, il est vrai que Dieu s'est rendu notre Père, et .nous à faits ses enfants, quand il nous a conféré l'être de la nature; mais il l'a encore fait avec une perfection beaucoup plus grande, lorsqu'il nous a communiqué celui de la grâce qui nous rend ses enfants avec un avantage si considérable, qu'il ne se trouve rien de pareil parmi les homme?;, car jamais aucun fils, pour légitime et pour unique qu'il soit, n'a eu autant de droit a l'héritage de son père, que la
* Ad imaginefn etsimilitudinem suam. Gen. I. 26. 2 Ex quo omnis paternitas in cœlis et in terra nominatur. 3. IS. '^ Numquid ego, qui alios parère facio, ipse non-pariam? si ego, qui generationem caeteris tribuo, sterilis ero? Gap. 66. 9.
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grâce nous en donne à celui de î)ieu, parce que c'est entré tous les dons créés la plus haute participation et la plus exacte ressemblance de la nature divine qui puisse exister en cette vie. Le prince des apôtres, parlant d'elle et des dons qui la suivent, dit qu'elle fait les hommes « participants dé la nature divine*. »
Saint Augustin écrivant sur ces paroles de David : «J'ai dit, vous êtes des dieux et les fîJs du Très-Haut^, » nous a laissé ces paroles admirables : « 11 est donc clair que David appelle les hommes dieux, et en effet ils le sont, non pas toutefois pour être nés et formés de la substance de Dieu, mais pour être déifiés et rendus des dieux par sa grâce, qui a le pouvoir de les élever à ce point d'eixcellence, et de leur communiquer cette gloire; car celui-là peut justifier, qui est juste de soi-même et non par autrui, et celui-là peut déifier, qui est Dieu non par emprunt, mëis de sa propre nature. Or, le même qui justifie les hommes, est celui qui les déifie, parce que en les justifiant il les fait enfants de Dieu, suivant cette parole de saint Jean, « qu'il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu^. » Que si nous sommes enfants de Dieu, nous sommes certainement des dieux; ce qui toutefois est un ouvrage de la grâce, et non de la nature, et une adoption, et non pas une génération*. »
* Divinae consortes naturab. 2 Ep. t. 4.
2 tgo dixi, dii estis et filii excelsi omnes. Psal. S\. 6.
5 Cap. 1.12.
■* Manifestum est ergo quia homines dixit deos ex gratia sua deificatos, non de substantia sua natos : ille enim jusiificat^ qui per semetipsùm non ex alio justus est; et ille deificat,<}ui per seipsum non alterius p.irticipatione Deus est : qui autem justiiicat ipse deifical. qui justifif-ando filios Oei facit ; dédit enim potestatem filios Dei fieri. f?i filii Dei facli sumus, et dii facti sumus ; sed hoc est gratiae adoptantis, non naturae generantis. In Psal. 41 .
La troisième chose, parfaite au dernier point, (jui nous fait enfants de Dieu, est la divinité même*, parce que ni la grâce, ni aucune autre qualité créée, quelle qu'en soit l'excellence, ne pourrait d'une manière aussi propre et aussi rigoureusement nous rendre enfants de Dieu; mais il faut nécessairement quelque chose de plus, et c'est la participation d'une même nature. Car comme parmi les hommes nul ne peut être père, s'il ne communique sa nature et sa substance à celui qui est son fils, de même Dieu, pour être le nôtre, doit nous rendre participants de la sienne. « Ceux, dit saint Paul, qui sont poussés et animés de l'esprit de Dieu, sont les enfants de Dieu^; c'est cet esprit qui les constitue en cette haute et éminente dignité ; c'est de cet esprit qu'ils doivent vivre ; il doit se retrouver en eux aussi bien qu'en Dieu et en son Fils.
Avec cette différence toutefois, que Dieu le possède comme une même chose avec soi-même, et comme sa propre essence ; et cela ou par une nécessité qui découle immédiatement de sa nature comme le Père, ou par génération et, par la fécondité de l'entendement divin comme le Fils, ou par aspiration et par la fécondité de la volonté, comme le Saint-Esprit; l'humanité de notre Seigneur le possède par union hypostatique et substantielle, et nous, par l'union accidentelle de la grâce, au moyen de laquelle cet esprit devient notre esprit et notre vie : il nous sanctifie, il nous embellit, il nous empreint de sa ressemblance, il nous perfectionne, il nous conduit et nous donne des mouvements et des impressions de vie divine, et en produit concurremment avec nous les actions. De sorte que, pour ces motifs, les trois personnes de la très-sainte Tri-
* Lessiiis, lib. 12. de attribut, cap. 1 1. et a Lapid. in cap. 8. ad Rom. V. 15.
2 Qui spiritu Dei aguntur, ii sunt filii Dei. Rom. 8. 1 4.
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nité vivent de cet esprit divin naturellement, l'humanité de notre Seigneur comme naturellement, et nous surnaturellement. Ainsi donc ce n'est ni la grâce sanctifiante, ni aucun don créé qui nous fait formellement enfants de Dieu, mais la divinité même, à qui la grâce sert seulement de disposition et d'ouverture pour la faire entrer dans nos âmes, et de lieu pour nous l'unir.
Saint Athanase, parlant de ce mystère, dit ces paroles remarquables : « C'est une grâce et une faveur que Dieu nous fait, qu'étant notre créateur, il se rende encore notre Père : ce qui s'accomplit, lorsque ceux qui ont déjà l'être naturel, reçoivent de plus dans leurs cœurs, comme dit l'Apôtre, l'esprit de. son Fils, qui les fait crier à Dieu : Père, Père. C'est de ceux-ci que parle saint Jean, ceux qui, par la communication de cet esprit, ont et le pouvoir et l'effet d'être enfants de Dieu; ce qu'ils ne seraient jamais, s'ils n'allaient jamais au delà de ce qu'ils sont naturellement, et s'ils ne participaient, par grâce, de l'esprit de celui qui est fils par nature*. » Et saint Cyrille d'Alexandrie, expliquant ce passage de saint Paul, que saint Athanase vient de rapporter, et d'autres semblables, écrit ces paroles : « Jésus-Christ a donc des frères, qui lui sont semblables et qui portent les caractères et les traits de sa divinité; car cette ressemblance s'élabore et s'acquiert, et Jésus-Christ se forme et se produit, et nous devenons ses frères, lorsque le Saint-Esprit, demeurant en nous, travaille à effacer les traits corrompus et gâtés de notre nature et à nous donner les siens. Aussi saint Paul, après avoir dit que Dieu répandait dans nos âmes l'esprit de son Fils qui nous met au cœur et à la bouche ces douces et agréables paroles : Père, Père^, en conclut :
* Orat. 3. contra Arianos.
* Abba, Pater ; itaque jam non est servus, sed Filius. Galat. 4. 7,
« par conséquent l'homme n'est plus seulement serviteur de Dieu, mais il est de pîus par cette raison son fils^. »
Jésus, dans celte prière admirable qu'il fit après la Gène en faveur de ses élus, supplia son Père, entre autres choses, de- lui accorder celle-ci : « Mon Père, unique source.de toute sainteté, je vous prie qu'ils soient un avec nous, par proportion, comme nous sommes un; que comme vous êtes en ntoi, et moi en vous par la Divinité, et que par elle vous êtes jnon Père et je suis votre Fils, ils soient pareillement, par la même Divinité, un avec nous, que vous -soyez leur Père et moi leur frère. Je leur ai. donné la clarté que vous m'avez donnée, afin qu'ils soient un, comme nous sommes un^,. » C'est-à-dire, ainsi que saint Ambroise l'interprète, je leur ai communiqué la glorieuse qualité de Fils de Dieu que je tiens de vous, et les ai rendus participants, selon l'explication de saint Hilaire^ et de saint Cyrille, de la même Divinité que vous m'avez con-férée et par laquelle vous m'avez fait votre Fils, afin qu'ils soient un avec nous et qu'ils soient et vos enfants et mes frères. « L'union avec Dieu, dit saint Cyrille, ne s'acquiert que par la participation du Saint- Esprit qui nous a été communiqué par Jésus-Christ, de qui il découle sur nous comme de sa source*. »
Notre Seigneur poursuivant sa prière, ajoute : « Vous les avez aimés comme moi, en ce que vous avez voulu que nous participassions ensemble à votre nature divine, et que nous fussions, tous, vos enfants, quoique d'une manière différente; c'est pourquoi je vous supplie que
? Lib. 3, contra Nestor, cap. 2. .
^ Pater sancte, sint unum, sicut et nos î.siout tu, Pater, in me et ego in te, ut et ipsi in nobisi unum sint : ego claritatem quam dedisti mihi, dedi eis, ut sint unum sicut et nos sumus. Joan. il. H. ai. 22. 23. 3 Lib. 8. de Trinit. * Inillum locum Joannis.
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l'amour que vous avez eu pour moi, soit et demeure toujours en eux* . »
Sur quoi un célèbre interprète remarque judicieusement^, que notre Seigneur ne demande pas à son Père qu'iKaime seulemeut ses élus .de l'amour dont il l'aime lui-même, mais que de plus cet amour soit en eux; pour nous dire qu'il désire que Dieu ne les aime pas seulement d'un amour général, tel que celui dont il est animé pour toutes les créatures auxquelles il fait du bien, sans toutefois leur donner son amour, qui en est le principe; mais encore d'un amour particulier, et qu'avec les bienfaits qu'il leur accordera il leur donne son propre amçur, c'est-k-dire le Saint-Esprit, par lequel ils deviennent ses enfants et ses héritiers, et soient un avec lui, comme il est un avec son Père. Dans ce même' sens, le disciple bien-aimé dit dans sa première lettre canonique : « Considérez quelle charité Dieu nous a donnée; » il ne dit pas portée, entendant le Saint-Esprit qui est sa charité et son" amour par la possession duquel nous sommes appelés enfants de Dieu, et nous le sommes en efîet. •
C'est pour ce motif que les saints Pères* ont pensé, comme un auteur moderne le démontre savamment, que le Saint-Esprit ne se communiquait pas aux justes de la. loi ancienne, ni même au^ patriarches, ni aux prophètes, substantiellement et en soi-même, mais seulement accidentellement et dans ses opérations, et que, pour cela, ils n'étaient pas proprement enfants de Dieu, mais seulement
' Dilexisti eos, sicut et tu me dilexisti, ut dilectio, qua dilexisti me, in eis sit. Joan. 17. 23. '^ Toletus ibi.
^ Videte qualem caritatem dédit nobis Pater, ut filii Dei nominemur et simus. I . ep. 3.1.
* Athanas. Basil. Cyrill. et apud Petaviujn theolog. dogmat. dç Tiinit." lib. 8. cap. 7. Nazianz. oral. 44.
serviteurs, et que cette gloire n'était réservée qu'aux seuls chrétiens. « Je ferai couler, disait notre Seigneur, des entrailles de celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive! conformément au langage de l'Ecriture*. » Et saint Jean ajoute : « Il entendait par ces eaux le Saint-Esprit que devaient recevoir ceux qui embrassaient sa foi, mais qu'ils n'avaient pas reçu jusqu'alors, parce que Jésus n'était pas encore glorifié*. «
Saint Cyrille d'Alexandrie expliquant ces paroles s'adresse cette question : si cela est, comment donc les prophètes recevaient-ils le Saint-Esprit? Gomment habitait-il en eux; et il y répond ainsi : « Il y habitait par une abondante infusion de ses lumières qui tiraient le rideau de devant les mystères, pour leur en donner la connaissance, et leur découvraient les choses futures, afin qu'ils les annonçassent aux hommes. Mais le Saint-Esprit est dans les chrétiens, non-seulement par ses illustrations et par ses clartés, mais, outre qu'il y est abondant par soimême, il établit encore personnellement en eux son domicile; et c'est le motif pour lequel ils sont appelés les temples de Dieu, ce que nous ne trouvons pas avoir jamais été dit d'aucun prophète'. »
Au surplus les justes de la vieille loi, et tous ceux qui l'ont été avant notre Seigneur, quelque grande que fut leur sainteté, n'ont point été enfants de Dieu parfaitement, parce qu'ils n'en ont pas possédé l'Esprit ni la forme substantielle, c'est-à-dire le Saint-Esprit qui, seul, peut conférer proprement et excellemment cette qualité
* Qui crédit in me, sicut dicit Scriptura, tlumina de ventre ejus fluent aquée vivse. Joan. 7. 38.
"^ Hoc autem dixit de spiritu quem accepturi erant credentes in eum. Noiidumenim erat Spiritus sunctiis datu^i, quia Jésus nondujn erat glorificatus. Joan. 7, 39. ^ Lib 5, in Joan.
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glorieuse et cet être divin. C'est un privilège que l'Ecriture attribue à la loi nouvelle; c'est un honneur que le Fils de Dieu a apporté, par sa venue, aux hommes, et qu'il leur a mérité par les travaux de sa vie et les souffrances de sa mort. « 11 a donné pouvoir, dit saint Jean, à tous ceux qui le reconnaîtraient pour Messie, et suivraient son parti, de devenir enfants de Dieu*. »
Il semblait être convenable k sa bonté et à l'amour infini qu'il nous porte, que, s'étant, pour nous le témoigner, uni à notre nature d'une manière aussi intime qu'il la pratiqué, il nous procurât et envoyât le saint Esprit, afin que, s'unissant aussi à nous par des liaisons trèsétroites, il pût nous purifier, nous sanctifier et nous faire enfants de Dieu par l'application de sa propre substance et par l'union de sa personne'^, demeurant, aussi bien que lui, continuellement et éternellement avec nous. Et certes, dans cette union, il y a cela de plus admirable et de plus particulier, que celle de la personne du Fils qui s'est faite dans l'Incarnation, n'a été qu'avec une seule humanité, tandis que celle du Saint-Esprit peut être avec tous les hommes. C'est dans ce dessein que notre Seigneur, en nous formulant la prière que nous devons adresser a Dieu tous les jours, veut que, dès le début, nous l'appelions notre Père et nous nous reconnaissions pour ses enfants.
Que si les Juifs ont parfois appelé Dieu leur Père, ils « l'ont fait, dit saint Chrysostôme, de leur inclination et de leur propre esprit ' ; » mais dans la loi de grâce, c'est le mouvement de TEsprit de Dieu et son commandement qui nous le met dans la bouche aussi bien que dans le
* Quotquot receperunt eum, dédit eis potestatem filios Dei fieri, Joan. 1. 12. '^ Matth. 28. 20. Joan. 14. 16.
•* Chrysost. ad cap. 8. ad Rom. i^ olxsixç J'iavoixt;, F. J. 22
cœur. Et si Dieu^ dans rEcrilure, traite quelquefois les juifs de fils, et se qualifie de P^re à leur égard, il faut l'entendre dans le sens que nous ayons déjà exposé, c'està-dire, qu'ils 'le sont par la seule communication de ses grâces, et non conjointement par h participation de sa nature.
Il est donc vrai, d'après tout ce que nous venons de dire, que nous somriies enfants de Dieu, et qu'il est notre Père par notre création, en tant qu'il nous a formés à son image, et plus parfaitement par l'infusion de la grâce sanclitiante, qui nous donne une ressemblance beaucoup plus exquise avec lui, et d'une manière parfaite par la communication de sa propre nature. -
Gravons donc profondément cette vérité dans notre esprit,. et tenons-la pour indubitable, à savoir que trèscertainement Dieu est notre Père et que nous sommes ses enfants; croyons-la aussi fermement que nous avons Cru de l'homme qui nous a mis au monde, qu'il était notre père; et comme, en tOnt temps, en tout lieu, et dans toutes nos actions, nous n'avons cessé d'avoir cette croyance et cette persuasion, ayons de même celle que Dieu est notre Père, attendu qu'il l'est mille fois plus qu'un homme n'a pu l'être. Efforçons-nous de pouvoir dire avec notre Seigneur-: «Gomme mon Père me connaît et sait que je suis son Fils, je me reconnais aussi pour son fils, et le tiens pour mon Père*. » "" .
Si nous faisons cela, nous serons trop heureux ; car bn ne saurait expHquer les trésors de bien, d'honneur et de satisfaction qui sont renfermés dans cet esprit filial, et quelle facilité il donne pour fuir les péchés et pratiquer excellemment toutes les vertus, et en p9rticulier la foi,
* Sicut novit. me Pater, et ego agnosco Patrem. Joan. ■lO. 15.