LE SEPTIEME JOUR
Arec quoi dois-je me présenter devant Jéhovah et me prosterner devant le Dieu Très-Haut? Paraltrai-je devant lui avec des holocaustes et des génisses d'une année? Jéhovah se complaira-t-il à des milliers de béliers, a des myriades de torrents d'huile ? O homme ! il l'a montré ce qui est bon, et que demande-t-il de toi, sinon de pratiquer la justice et d'aimer la piété, et d'être humble devant ton Dieu.
Michéb (vi, 6 ss.).
Nul n'est plus que nous pénétré de reconnaissance pour l'inspiré de Dieu qui a trouvé la loi du repos dans la loi du sommeil, et qui a institué le sabbat.
Voici la forme dans laquelle cette loi nous a oté ordonnée :
de la Bible. hs
Lévitiqub, chap. xxiii.
i . i; Éternel dit à Moïse :
2. Parle aux Israélites et dis-leur : Voici quels sont les jours où Ton doit s'assembler en l'honneur de l'Éternel.
1 Ils seront appelés les jours de sainte convocation.
Voici les temps marqués pour les assemblées.
3. Pendant six jours vous travaillerez, mais le septième jour sera destiné au repos et à une sainte convocation.
On ne fera aucun ouvrage ce jour-là ; ce sera un jour consacré à l'Éternel dans tous les lieux où vous demeurerez.
Exode, chap. xxiv, verset 24.
Vous travaillerez six jours et vous vous reposerez le septième; vous observerez le jour de repos, même au temps du labour et de la moisson.
Exode, chap. xxxv.
1. Moïse convoqua ensuite toute l'assemblée des Israélites et leur dit : Voilà ce que TÉternel vous ordonne :
2. Vous travaillerez six jours, mais le septième jour sera un jour de repos, un jour consacré à TÉternel; celui qui travaillera ce jour-là à quelque ouvrage que ce soit, sera puni de mort.
3. Vous n'allumerez point de feu dans aucune de vos habitations le jour de repos.
Dans le chapitre xxv du Lévitique, les lois sur les années sabbatiques ne déterminent pas davantage la septième année que le septième jour dans la loi du sabbat.
Donc, ne pouvant établir sur aucun document que le monde ayant été créé un dimanche , le samedi doit être le septième jour, — au point de vue de l'orthodoxie, le samedi n'est pas plus le septième jour que le dimanche.
Reste l'habitude.
Habitude vénérée et vénérable aux yeux de tous.
Eh quoi ! ce jour, depuis qu'il a été institué et choisi par nos pères, ce jour a été constamment consacré par eux le samedi.
Et vous voulez que nous le changions contre
celui qui a été institué en désaccord avec notre religion !
Quand vous nous demandez d'abandonner la circoncision telle qu'elle s'est pratiquée jusqu'à présent , nous comprenons qu'appelant à nous les monothéistes futurs, nous ne pouvons conserver cette coutume inacceptable par eux.
Mais ne peuvent-ils, à leur tour, puisqu'ils arrivent à nous , sacrifier une de leurs habitudes, et tous les sacrifices doivent-ils être de notre côté?
A cela nous répondons :
Que de tous les sacrifices que nous demandons, celui-là est à la fois celui qui coûte le plus et celui qui paraît le moins indispensable.
Mais, qu'en considérant à quel point l'homme vit surtout d'habitudes, à quel point il est nécessaire de ne pas ajouter aux difficultés attachées à tout avancement de l'esprit humain , les difficultés attachées à tout dérangement d'habitudes ;
En considérant aussi que, plus les sacrifices seront de notre côté, et plus notre part de gloire sera grande ;
Nous demandons instamment que désormais le septième jour soit célébré le dimanche.
Qu'importe notre dérangement et notre souffrance !
Ce qui importe , c'est que la loi du sabbat soit appréciée dans son esprit.
Ce qui importe, c'est qu'elle soit exécutée avec soiq, régularité et ensemble.
Ce qui importe , c'est de faire disparaître au plus tôt l'antagonisme des deux jours fériés. — Antagonisme aussi nuisible aux devoirs religieux qu'aux devoirs civils.
Ce qui importe , enfin , c'est que le jour choisi par nous soit le plus favorable à la propagation du monothéisme.
La vénération que nous portons à nos pères ne s'exprime pas par la continuation de leurs habitudes.
Nous ne mangeons ni aux mêmes heures, ni les mêmes mets. — Nous ne portons pas les mêmes vêtements, — et nul ne pense
pour cela que nous ne tenons pas à honneur de les honorer.
En conséquence nous demandons qu'il soit déclaré qu'un jour de repos par semaine étant salutaire à l'âme ainsi qu'au corps, la célébration du septième jour est à jamais consacrée comme forme essentielle de notre culte;
Et qu'afin de venir en aide à nos frères en la Bible, afin de leur faire apprécier plus profondément les principes vrais du monothéisme, désormais le dimanche sera choisi par nous comme jour de repos.
Ce jour continuera à être exclusivement consacré à la pensée de Dieu et h l'influence morale que nous devons essayer d'exercer autour de nous.
Chacun devra, d'après ses moyens, faci-
liter au pauvre l'observation de ce jour saint, en lui faisant distribuer pain, viande et vin.
Chacun devra se rendre au temple dans la matinée.
La célébration de l'office religieux sera ainsi fixée :
Chacun, en arrivant dans l'intérieur du temple, devra se livrer à l'examen intérieur et sincère de ses actions pendant la semaine écoulée.
Puis, chacun remerciera mentalement Dieu de tout ce qu'il lui a prêté sur cette terre, — sans s'abandonner à aucune plainte sur ce qui ne lui a pas été prêté.
Puis, à un signal donné par le chef reli-
gieux, chacun devra lui prêter toute son attention.
Alors le chef religieux récitera une prière courte et substantielle, choisie par lui et prononcée dans la langue familière à rassemblée qui l'écoute.
Puis, s* appuyant sur les textes sacrés, il traitera d'un des grands sujets à l'aide desquels l'idée religieuse améliore ou console l'humanité.
Après la prédication, le chef religieux engagera les chefs de famille à donner leur bénédiction à leurs enfants, — et il bénira 4 ceux dont les chefs ne sont plus.
De belles harmonies se feront entendre pendant la bénédiction.
Car la belle musique est aussi une prière,
ses accords facilitent l'élévation de la pensée vers Dieu et son effet sur notre organisation répond à un sentiment secret du ciel .
Après la bénédiction, un chef-d'œuvre musical des grands maîtres reconnus de tous sera exécuté avec le plus grand art possible.
Puis, un chœur chanté et accompagné à grand orchestre exprimera, avec le plus de splendeur et le plus de puissance possible, notre reconnaissance et notre amour pour notre créateur.
Et chaque famille se retirera précédée par son chef.
Et le repas qui suivra devra être pris en famille.
Et la fin de cette journée devra être pure de toute œuvre servile et de toute pensée de lucre.