‹ Les trois filles de la BibleChapitre 25 sur 71 · LE CHEF RELIGIEUX · texte numérisé non relu

LE CHEF RELIGIEUX

On ne peut voir dans le monothéisme d'Abraham et de Moïse qu'an fait providentiel,— l'intervention directe de la Providence dans les destinées de la race humaine et notamment dans son éducation religieuse. — C'est pour éviter de reconnaître ce fait providentiel, qu'on a inventé cet instinct monothéiste qu'aurait possédé toute la race sémitique, et qui, comme nous l'avons vu, n'est qu'une chimère.

Munck, Ltçon d'ouverture, p. 18.

Si nous croyons au déclin de la mission politique des chefs religieux, nous croyons aussi au développement de leur mission sociale.

Nous nous empressons ici de reconnaître que, surtout depuis la persécution, nos rab-

bins ont été des modèles de vie droite, juste et simple. Leur science profonde, leur charité vraie et leur amour du bien ont inspiré, pour leur personne, un respect favorable à l'extinction des préjugés qui existaient contre nous.

Ainsi que leur mission religieuse, leur mission sociale va grandir.

C'est à eux qu'il appartient de faire ressortir de la souffrance l'amélioration de l'âme, conséquence voulue par Dieu.

C'est à eux qu'il appartient de diriger les prières et les lectures de l'affligé, de manière à alléger les souffrances et à les rendre fructueuses.

Et comme il ne suffit pas que la raison soit convaincue, qu'il faut encore que le cœur

soit touché, ils sauront ajouter à leur mission de prédicateur la mission de consolateur.

Et par la sainteté de leur vie, par la droiture de leur raison, par la bonté de leurs paroles — ils obtiendront du libre consentement de chacun d'ajouter à ces missions déjà si grandes, la mission plus grande encore de conciliateur.

Et ils sauront à propos rappeler à leur devoir —

Le frère ainsi que la sœur,

L'époux ainsi que l'épouse,

Le père ainsi que le fils.

En conséquence, le soin le plus grand doit être apporté au choix des hommes sur lesquels

repose l'amélioration constante de la société. — Leur éducation, leur bien-être sera à la charge de la communauté.

Les chefs religieux doivent aux aspirants une surveillance active, un examen fréquent, jusqu'au moment de leur mariage, — puisque alors seulement commencera leur apostolat.

Apostolat toujours précédé d'une autorisation, ou plutôt d'une élection émanée de leurs chefs.

Et enfin, que personne n'ignore qu'un respect profond doit leur être témoigné en toute occasion — et que ce n'est qu'ainsi que peuvent être dignement reconnus les bienfaits si grands et si divers de leur ministère.

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