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Poésie relative au culte de sainte Anne en Canada

Comme le poète qui l’a chanté si doucement dans la langue de Byron et de Moore, ils l’aiment vraiment, tous les catholiques du Nouveau - Monde, ce coin de terre béni, où les pèlerins en foule viennent s’agenouiller dans une ardente prière, et reçoivent de la bonne Sainte des gages si merveilleux de protection et de maternelle tendresse...

Fig. 126. Sainte-Anne de Beaupré.

“ Les flots du majestueux Saint-Laurent se font plus calmes à mesure qu'ils s'approchent de ce rivage sacré, comme s'ils voulaient de leur silence faire hommage à la maîtresse de ces lieux...

“ Et quelle douce joie d'entendre, aux heures solennelles du soir, la musique de ces cloches portée du haut de !a grande tour sur les campagnes et sur les eaux voisines pour inviter les âmes à la prière! On dirait comme une harmonie du ciel, comme des voix d’anges qui chantent d’en haut l'éternel amour de notre Dieu.

* Et d'ici, en effet, chaque jour, la prière et la louange montent vers ie ciel ; ici, des milliers de cœurs chrétiens bénissent le nom du Seigneur ; ici, des rivages lointains, jeunes gens et vieillards

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viennent proclamer ta gloire, à grande Sainte ; ici, le pauvre prodigue, longtemps égaré loin du bon chemin, retrouve une mère qui le ramène doucement à la vertu ; ici les malades et les infirmes, venus de loin et parfois à travers mille dangers, reçoivent la récompense de leur foi généreuse ; ici, c'est le lieu

de la sainte prière et l'asile bien-aimé où toute douleur se console (181).

Aussi bien, nous comprenons qu'une âme de chrétien, doublée d'une âme de poète, se sente remuée jusque dans l’intime par le double spectacle qui lui est offert à Sainte-Anne de Beaupré : le spectacle d’une nature qui n’est nulle part plus majestueuse, le spec-

tacle d’une piété qui ne s'exprime nulle part par de plus touchantes et de plus solennelles affirmations.

Après le trop modeste anonyme dont nous venons de traduire la pensée, bien d’autres nobles cœurs ont pu dire comme lui à sainte Anne, en déposant à ses pieds l'hommage de leurs poétiques inspirations :

Receive this votive wreath [ now entwine With love to thee, to place before thy shrine,

“ Reçois cette couronne votive que j'ai tressée de mon amour, comme une offrande pour ton autel” (HS1).

Une première couronne, c'est un fort jolie pièce intitulée: 7%e bells of Sainte-Anne, et signée Gertrude Ménard (4178).

Si ce n’est pas nous aventurer trop, essayons d'en traduire une strophe ou deux :

“ Voilà que de leur vieille tourelle grise—Où se réfugient les hirondelles, au déclin du jour, — Les douces envolées des cloches du soir—S'en vont flottant parmi le parfum de la nuit.—Leur musique chantée d’une voix vibrante—Traverse les ombres comme une

flamme, —Et, à l'entendre, la terre assoupie se réveille joyeuse, — Pleine d'amour pour celle qu’on lui nomme :

“ Sainte Anne!” disent les voix moelleuses :

“ Sainte Anne ! ‘“ La bonne sainte Anne ” !

“# Sainte Anne ! ”

“ Sur le gazon qui s'étend jusque là-bas dans la nuit noire, — Des gouttes de rosée font poindre de pâles reflets ; —Puis l’une après l'autre, elles tombent comme des larmes—Au moindre souffle qui

passe dans l’ombre.—Et tandis que, d’une touffe enchevêtrée d'herbes soyeuses et jaunies— Une dernière grive solitaire module sa dernière chanson, — Une fois encore, les cloches fidèles repètent leur sainte mélodie : —“ Sainte-Anne,” se disent-elles l’une à l’autre : ‘“ Sainte Anne,” ‘“ La bonne Sainte Anne! Sainte Anne!”

Il reste une troisième et dernière strophe, et comment la laisserions-nous de côté ?

“ Au loin, le fleuve déroule sa nappe immense,—Et la marée montant rapide et blanche, —Noie les roseaux le long du rivage où bientôt la dune de sable aussi va disparaître.—L'air s'emplit d'une vague tristesse, —Et la nuit s’avance comme une chose de malheur, — Et là-haut, dans leur guérite, tranquillement, —Les cloches se balancent, plus douces et plus lentes :—“ Sainte Anne! murmurent-elles de leurs notes mourantes : —Sainte Anne”, ‘la bonne Sainte Anne !”’—‘ Sainte Anne!”

Vingt autres pièces non moins belles resteraient à traduire, signées, respectivement: Sara Trainer Smith (174), Julia Farley (182), Annie Griffith (189), Marcella Fitzgerald (183, 184), H. M. Skidmore (236 à 240) Sister Anna Raphaël (177, 178, 179, 180 ; 185, 186, 187 ; 241, 242).

Avec cettesœur Anna, il y a mieux que les cloches pour chanter la “bonne sainte Anne”: il y a les “ harpes d’or des anges du ciel”:

Angels of Heaven, sweep from your golden lyres Her glories, sing of Jesse’s royal stem,

Like lilies nursed in God’s own sunshine fires

Is her pure name, her heart a flawless gem (177).

Et pendant que chantent les anges, “ les fleurs qu'on a cueillies au bord du chemin embaument l'autel de la Sainte ” :

Simple wayside blossoms gathered For your sacred shrine (180),

et avec leur parfum, monte l’ardente prière qui demande pour la vie des joies saintes, en attendant la suprême miséricorde qui ouvrira la

patrie d’en haut:

Gilding all my days with gladness, AIl my hours with love,

Drawing me by ceaseless mercies To my home above (180),

gran néan Sain anné ‘écrit, sous servo de la

der 1 aise, lointa Anne les pl de la échos (192) la for chape] compd ville d épique année, de S:

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Et quand, après le pèlerinage, il faut retourner dans ses foyers,

ss bien loin, là-bas, en Californie, ‘“ le cœur revient sur le chemin parrw (Ù couru, et la pensée se reporte encore vers le cher sanctuaire de te Beaupré”” (183) :

te ‘ And her ever faithful children, Tho’ they wander far away, la Fondly turn with loyal spirits To her loved shrine of Beaupré.

ée FA où Sans doute, on ne peut attendre d'un protestant, homme du Lu grand monde, ces mêmes effusions de piété, mais nous considérons Ro néanmoins comme un témoignage de vénération envers notre ue Sainte, le titre que le colonel P,. S. Hamilton donnait, il y a quelques les années, à l’un de ses poèmes. 7%e Feast of Saint Anne (ASS), a-t-il nte écrit, et si les pages sont rares que d’abord nous aurions pensé trouver sous un titre comme celui-là, il en est ue au moins que nous conire, servons et que nous citerons plus tard quand nous aurons à parler ley de la dévotion des sauvages indigènes du Canada envers sainte Anne. H. * * * 19, Et maintenant, pour aborder la poésie en langue franiter çaise, c'est encore d’un ‘“ pays LÉ lointain” que viendront à sainte Anne de Beaupré les hommages les plus touchants. Aux échos à de la Californie, ont répondu les # échos de la vieille France, ‘4 Ilies Après le Premier miracle, | L (192) ou le récit poétique de À la fondation de la première , chapelle votive de Beaupré, composé var un religieux de la vie ville d'Angers !, vient ce drame a la épique, chanté, il y a quelques

années, par le petit Séminaire de Sainte-Anne d'Auray, et dont l’action, commencée en Fig. 127. Sainte-Anne de Beaupré (intérieur).

Voir l’article : Culte de Sainte Anne en Amérique, plus loin.

Bretagne, à Sainte-Anne d'Armor, se termine en Canada, à Sainte. Anne de Beaupré, Yves-Canada, tel est le titre, tandis que le sujet se développe sur le thème suivant: En 1632, au moment où l'on bâtissait à Auray la chapelle de Sainte-Anne, un jeune homme, le héros du drame, nommé Yves, et pour la pièce, Vves-Canada, y vient en pélerinage avec sa famille, avant de s'embarquer à Saint- Malo pour la Nouvelle-France, Il y rencontre “le bon Nicolazic”, le restaurateur du sanctuaire d'Auray, et reçoit de ce grand dévot à sainte Anne de pieuses recommandations, notamment celle de rester toujours fidèle à la patronne des Bretons.

Le vaisseau qui porte Yves et les siens est assailli dans le fleuve Saint-Laurent par une tempête, mais un vœu à la Sainte les sauve du naufrage. A quelques jours de là, Sainte-Anneîde Beaupré est fondée.

La paroisse l’est en même temps. Yves s’y établit, et donne à sa patrie nouvelle des fils dignes d'elle et de lui,

Le drame se termine par un dialogue moitié chanté, moitié parlé, entre un Canadien et un pèlerin breton, qui se rencontrent, un jour de grande fête, près de la basilique de Beaupré, Malgréquelque peu de formulisme et certains clichés tout faits que son auteur, M. l'abbé Nicol, y a mis, cet épilogue restera comime l’une des bonnes pages du répertoire poétique de sainte Anne, (190)

Un passage, en particulier, demande à être cité, et nous voudrions aussi pouvoir en donner la musique :

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