Poésie anglaise
Il faudrait bien cent nouvelles pages pour rendre tant soit peu
1 Voir Arbaud, Chants populaires de la Provence, Aix. 1862, in-120, pp. 13-16.
justic encor poési pour À parce la poé il n'y poéti caden( mélop ou sal lui fait
Ric si ce n’e faire au sont ra qui le pi perle, ce
uatre mme
)Jonne mort 165,
Jésus-
us le naître à n'est plié :"
’eau et : allée ; Jésus-
te pas dût-on
prière isqu'où
justice à nombre de gracieux petits poèmes qui viennent s'ajouter encore aux précédents. Il faudrait d’abord, pour ce qui est de la poésie anglaise, tout citer ou tout traduire. Est-ce attrait particulier pour une langue qui nous séduit plus que la nôtre propre, peut-être parce qu’elle nous est moins familière ? Est-ce étude incomplète de la poésie des autres grandes nations de l’Europe? Quoi qu’il en soit, il n’y a pas pour nous d’harmonies supérieures à celle de la langne poétique anglaise, Plus que partout ailleurs, nous trouvons ici cette cadence, cette musique, ce rythme de la parole chantée, cette mélopée suave, aux notes qui s’allongent ou s’abrègent, qui s'élèvent ou s'abaissent, ce quelque chose d’indéfinissable qui remue l’âme et lui fait dire: C’est beau, c'est beau, c’est la POÉSIE enfin!
Comme nous voudrions que cette poésie anglaise, cette vraie Poésie, eût souvent chanté notre Sainte ! Si nous connaissions bien la littérature de l’ancienne Angleterre catholique, peut-être nous consolerait-elle de l’absolue disette des derniers siècles protestants ! Mais, à part les cathédrales et les monuments qui sont indestructibles, est-il seulement resté, dans ce pays des Anges, quelques souvenirs de l’art chrétien ? et que sont devenus, à leur tour, les livres, les poèmes, ‘es cantiques, qui avaient inspiré l'art lui-même ? — Rien, — Nous le dirons ailleurs,
Rien, rien, dans tout ce passé de cinq cents ans et plus—rien si ce n’est un mot, un nom évoqué, comme par hasard, et pour satisfaire au besoin du vers. Mais précisément, parce que, ici, les souvenirs sont rares, et que ce nom c’est le nom de sainte Anne, et que celui qui le prononce, c'est le vieux poète CHAUCER, recueillons cette perle, ce souvenir unique des temps qui ne sont plus.
And for that faith is dead withouten workis, So for to worken give me wit and grace !
That I be quit from thence that most dark is, Ofthou that art so fair and full of grace, À Be thou mine advocate in that high place,
There, as withtouten end is sung Hozanne,
Thou Christes mother, daughter dear of Anne!
S'il faut traduire :
‘“ Et parce que la foi sans les œuvres est morte, Donne-moi pour travailler esprit et grâce, Afin que par là je sois sanvé des ténèbres, . © toi qui es si belle et pleine de grâce, sois mon avocate, Dans ce là-haut, où sans fin on chante Hosanna, Toi, Mère du Christ, chère fille d'Anne!” 1 “+
Mais nous parlions d'harmonie, et, à ce point de vue, —puisqu'il faut de suite venir à notre siècle, —écoutez ces admirables strophes du Père FABER (169). Elles nous montrent d’abord la chère Sainte | en prière dans sa triste solitude de la montagne, le cœur brisé mais plein d'espérance encore, parce qu’elle entrevoit le jour où sa con- 1] fiance en Dieu trouvera sa récompense, et le poète continue :
il But joy comes at length to all hearts that believed, And the sighs of the saints must at last end in song : ‘| The best gifts of God fall to those who have grieved, And his love is the stronger for waiting so long.
| Oh blest be the day when old earth bore its fruit,
The fairest of “aughters it ever had seen,
In the village that lies at the white mountain-foot, 1 And the angels sang song to the young Nazarene !
1 Mid the carols of shepherds. the bleating of sheep,
The joy of that birth, blessed Anne, came to thee,
When the fruits were grown golden, the grapes blushing [deep,
In the fields and the orchards of green Galilee,
Et cette autre strophe, plus belle encore, et qui traduit si bien l'immense respect de sainte Anne pour son incomparable fille :
ocate,
isqu'il ophes Sainte é mais 1 con-
Fig. 125. Fra, BARTOLOMMEO, Sainte Anne, la Vierge, l’Enfant Jésus et S. Jean-Baptiste. KR. Dudley del., H Dudley sc.
shing
O Anne! joyous saint! what a life didst thou live! What an unbroken brightness of innocent bliss !
Ev'ry touch of thy child a fresh rapture could give, Yet didst thou not kneel ere thou daredst to kiss 1,
La poésie anglaise n'offrit-elle à l'honneur de sainte Anne qu'une pièce comme celle-là, sa dette envers la Sainte serait déjà payée.
Elle en a offert d’autres : l’une signée Edouard Caswall (170), et il nous a fait plaisir de la trouver dans le Dominican hymn book, publié à Londres en 1881 ; une autre anonyme (16S), mais avec des strophes dignes du P. Faber, comme celles-ci, par exemple :
Root of yon branch whose heaveniy blossoms sent Wide o’er the earth the perfume of its breath : Perennial fount, e’er spreading, never spent,
Lily of Jesse, Rose of Nazareth !
Hail, mother of that star which placid rose, Above the flood of death, and sin and war :
The mother of our Queen whom Heaven chose Spouse of the King of Kings for evermore ?,
, Nous traduisons pour ceux de nos lecteurs qui ignoreraient la langue anglaise :
‘* Mais la joie vient tôt ou tard pour tous les cœurs qui ont eu foi, et les soupirs des saints finissent un jour par des cantiques. Dieu réserve ses meilleurs dons pour ceux qui ont pleuré, et son amour est d’autant plus fort qu’il a plus longtemps attendu.
‘ Oh! béni soit le jour où notre vieille terre porta son fruit ; où, dans la petite ville assise au pied de la montagne blanche, elle vit paraître la plus belle des vierges qu’elle eût jamais vues, tandis que les anges chantaient leurs cantiques à la jeune Nazaréenne !
‘ Parmi les gais refrains des bergers et les bêlements joyeux de leurs brebis, cette naissance, Anne bénie, t’apporta l’allégresse, à l’heure où les arbres avaient poussé leurs fruits dorés et la vigne ses grappes de pourpre, dans les champs et les jardins de la verte
Galilée,
‘6 O Anne, sainte bienheureuse ! quelle vie tu as vécue! quel épanouissement de sainte joie sans cesse renouvelé ! Toute caresse de ton enfant pouvait t’apporter une nous velle extase, et pourtant, je le crois, plutôt que de la baiser, devant elle tu tombais à
genoux ! ”
? Racine de cette tige dont la céleste fleur a répandu au loin le parfum de son haleine ; fontaine intarissable coulant toujours et jamais épuisée, Lis de Jessé, Rose de Nazareth !
‘6 Salut à toi, mère de la Vierge qui s'est levée comme une douce étoile sur les flots de la mort, du péché et de la guerre ; mère de la Reine choisie par Dieu pour être l'épouse du Roi des Rois dans les siècles éternels.”
P donn
peur, notre que 1
la mè jour t tu do
en be:
émerv
messa nier :
“ au ciel tendre bien g pour n
(UE mes to sa mèr rester \
« ] de voir qui vib pourrai,
La
Et
nne éjà
des
rs des x qui
» ville
w’elle
ne !
cette leurs verte
flots bouse
Une troisième (472), charmante de simplicité, est l'œuvre du P, Matthew Russel (172), l'auteur si connu d'£wmanuel, de la Madonna et d'Erin : Theré is one sweet saint above :
“ Il est une douce sainte, là-haut, que nous n'aimons pas, j'ai peur, de l'amour qu'elle mérite, Et pourtant, Elle est bien digne de notre amour, la bonne et bonne sainte Anne : Aimons-la donc autant que nous pouvons !
“ Celle dont le sein virginal fut le doux berceau du bébé divin, la mère de Jésus douce et tendre, cell:-là, chère sainte Anne, fut un jour ton enfant, Ton enfant, elle l’est encore au ciel, et de son trône tu dois être toute proche.
“ A toi, Ô mère, les délices de voir ce bouton de rose s'épanouir en beauté rare ; à toi, d'entendre sa prière d'enfant ; à ton amour émerveillé, de suivre la trace en elle du divin grandissant.
“ Avais-tu disparu de la terre quand Gabriel à Marie porta le message du ciel? La tendresse de ta Fille a-t-elle recueilli ton dernier souffle et rendu pour toi plus douce l’étreinte de la mort ?
“ Cela, nous ne le savons pas, mais nous savons que, maintenant au ciel comme autrefois sur terre, la bénie vierge, toujours douce et tendre, est encore ta bien-aimée, ta bien-aimante enfant. Oh! combien grand ton pouvoir doit être! Emploie-le, bonne sainte Anne, pour moi.
“ Dis à ta Fille qu’elle demande à son Fils de me pardonner mes torts, et malgré tout, de m'épargner, Elle écoutera la prière de sa mère, car la prière de sa mère, c'est tout simple, ne peut pas rester vaine,
“ Et quelle autre grâce vais-je encore implorer? Ah! celle-ci : de voir en moi grandir de jour en jour cet amour et ce zèle si ardent qui vibre au cœur des Bretons, honorant ainsi, du mieux que je pourrai, lamère de Marie, la bonne sainte Anne.”
La Boétie disait :
dresse... À tourner d’une langue étrangère La peine est grande et la gloire est légère.
Et passe encore que la gloire soit légère ou même qu'elle s’en
aille, si avec elle ne s'en allait pas souvent ce qui fait le charme et comme le fond même de l'original!
La page est close pour ce qui est de la poésie anglaise d’outremer. Nous en ouvrons une autre pour la poésie anglaise d'Amérique, celle-ci, inspirés de la dévotion chère à tous les Canadiens, français ou autres, à tous les pèlerins de Sainte-Anne de Beaupré,