REFRAIN
A Sainte-Anne, marinier, Va t’agenouiller et prie :
Jamais la sainte n’oublie Celui qui va la prier.
De Sainte-Anne j'arrive, Je viens de l’invoquer.
Adieu grève, adieu rive, Car je vais m'embarquer Sur frégate vaillante, Qui va quitter le port, La telle Surveillante :
Je suis pilote à bord.
! | th
genre :
e, dont Chants lerniers
)rier,
rier,
du roi:
ce pays.
LA
e, dans sa ette pièce.
Fig. 133. CARPACHE, Rencontre sous la l'orte dorée (Académie de Venise).
Encore un couplet, pris d’un Chant populaire d'Ubeda, un couplet sur la rencontre de saint Joachim et de sainte Anne à la Porte dorée, et nous arrriverons à l’un des plus grands poètes des temps modernes, Thomas Moore. Voyons d’abord ce couplet espagnol (2:52).
Ja se acercaba Joaquin
À aquella puerta dorada Donde tuvo a su querida Tan dulcemente abrazada,
C'est cette partie de la légende de sainte Anne si connue, tant de fois racontée par tous les auteurs, tant de fois représentée dans les beaux-arts, par la peinture, la sculpture, la gravure, la miniature, et sur laquelle nous devrons nous-même revenir tant de fois.
Nous avons nommé Thomas MOORE, et l'on devine que nous sommes très fier de terminer par lui notre étude. Thomas Moore a intitulé sa pièce: À Canadian boat-song (Une chanson de mariniers, canotiers, navigateurs), et l’a fait précéder d'une légende qui vaut la peine, comme la poésie elle-même, d'être traduite. Le poète nous dit donc (251) :
“ J'ai écrit ces paroles sur un air que nos canotiers (du Saint- Laurent) nous chantaient très souvent. Le vent était si défavorable, qu'ils étaient obligés de ramer tout le temps, et il nous fallut cinq jours pour descendre le fleuve, de Kingston à Montréal, sans cesse exposés, durant le jour, à un soleil ardent, et forcés, la nuit, de chercher un refuge contre la rosée, dans la première hutte misérable que le rivage pouvait nous offrir, Mais le magnifique spectacle du Saint-Laurent nous récompensait de ces difficultés,
“ Nos voyageurs avaient de bonnes voix et chantaient avec un parfait ensemble, Le texte original de la chanson à laquelle j'ai adapté ces couplets, m'a paru être une histoire incohérente, où j'ai compris fort peu de chose, à cause de la prononciation barbare des Canadiens (passons sans commentaire), Il commence ainsi :
Dans mon chemin j'ai rencontré Deux cavaliers très bien montés, et le refrain, à chaque couplet, était :
in couplet rte dorée, >s moder-
nnue, tant ntée dans miniature, is.
e que nous 15 Moore a 1 de mari- ‘gende qui duite. Le
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Si :
A l'ombre d’un bois je m'en vais jouer, A l'ombre d’un bois je m'en vais danser.
“ J'ai essayé d’harmoniser ma pièce à cet air et je l'ai publiée, La mélodie peut paraître bien commune et vulgaire, si l’on fait abstraction de ce charme particulier que les circonstances, l'association surtout, donnent aux scènes ou aux sentiments passés, mais je me
Fig. 134. THOMAS MOoRE, d’après un acier de Wedgwood.
rappelle pourtant que, en entendant cette simple chanson, un soir, au coucher du soleil, au moment où nous entrions dans un de ces grands lacs où le Saint-Laurent débouche si grandiosement et inopinément, j'éprouvai un plaisir que les pius belles compositions des grands maîtres ne m'avaient jamais donné. Et maintenant, il n'y a pas une de ses notes qui ne me fasse ressouvenir du jeu de nos rames dans les eaux du Saint-Laurent, de la g/ssée de notre canot
en bas des Rapides, et de toutes ces impressions neuves, qui don-