‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 16 sur 112 · LE SILENCE DE L'EVANGILE · texte numérisé non relu

LE SILENCE DE L'EVANGILE

père à Jésus, mais parle seulement de l'époux de sa mère, attendu que la conception de Jésus-Christ selon la chair n'est pas moins inénarrable que sa génération éternelle ” ; que, enfin, “ pour un motif analogue, il se tait sur le père et sur la mère de Marie, parce que la génération de Marie ne peut être assimilée à aucune autre, Generationem ejus quis enarrabit '?" * *

Non pour le plaisir de citer, plaisir oiseux, mais parce que le dernier mot ne nous semble pas dit encore, laissons parler un ancien auteur, le Père d'Argentan qui, lui, va peut-être nous le dire, ce dernier mot, et très bien, malgré son langage un peu vieilli, “ Pourquoi, se demande-t-il comme nous, l'Evangile a-t.il gardé le silence sur les parents de la sainte Vierge ? ” et il répond :

“ Ne serait-ce point, premièrement, parce que la très sainte Vierge, portant la glorieuse qualité de Mère du Fils unique de Dieu le Père, l'Ecriture sainte a voulu nous faire concevoir en elle une glorieuse ressemblance de l'innascibilité et de la paternité, qui sont les deux notions propres à la personne du Père? Pour faire voir en quelque façon l'innascibilité, on ne dit point qu'elle soit née de personne: ce n'est pas que, dans la vérité, elle n'eût ni père ni mère, mais on le passe exprès sous silence, comme pour en ôter l'idée, ct nous la faire regarder comme si elle était innascible.

“Et, pour nous faire concevoir en elle une vraie maternité divine, en nous cachant ses père et mère, on nous découvre son Fils ; en taisant qu’elle soit née d’un autre, on dit d’abord qu'elle a fait naître le Fils de Dieu: De qua natus est Tesus, qui vocatur Christus, comme pour exprimer que le même Fils, qui constitue Dieu le Père dans la dignité de Père, établit aussi la sainte Vierge dans la dignité incomparable de Mère de Dieu; l’un n'est père que parce qu’il a "in fils produit de sa substance : et l’autre n'est mère que parce qu'elle a produit le même fils de sa propre substance, Je croirais que c'est le mystère du silence que l’Ecriture garde sur les père et mère de la sainte Vierge. Cela nous aide à concevoir en

1 Zomélie sur l'Imm. Conception, 1854.

elle une image des deux notions de Dieu le père, l’innascibilité et

la paternité !.

Les auteurs modernes ont pu parler un langage plus jeune, ils n’en ont pas parlé de plus profond, de plus simple ni de meilleur, — nous voulons dire de plus concluant.

1 D’Argentan, Z. ci£., L. 1, p. 71.—Même idée dans l'Umbra Virginea de Aloysius Novarinus :

Quod nulla mentio parentum Virginis in Scriptura habeatur, innuit Mariam ab originis peccato fuisse prorsus immunem. Quis ejus pater, quæ ejus mater, reticetur, non secus ac si absque parentibus Virgo extitisset ; certe in hoc sine illis extitit, quia ab'illisin illam nulla macula transfusa est, Cité par Gerard Van Ilerdegom, Diva Virgo candida, etc. (in-80, Bruxelles, 1650), p. 301.

— nr

l'innascibilité et NES voi + (A: vrac ».19 $ RTS RTUT VE TV "a e plus jeune, ils ni de meilleur, —

’irginea de Aloysius

Page 1