‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 17 sur 112 · LES ÉVANGILES APOCRYPHES · texte numérisé non relu

LES ÉVANGILES APOCRYPHES

r, innuit Mariam ab , mater, reticetur, non extitit, quia abillisin Diva Virgo candida,

I l'Évangile est muet, la tradition, la légende, la À, Legenda—pour donner à ce mot son sens antique —ne l’est pas.

L'auteur de la Légende de Notre-Dame, M.

“Les Légendes, .….…..elles sont partout au moyen âge, au fond de toutes les chroniques, de toutes les épopées, au frontispice de tousles monuments.

“ A elles le jour et le soleil aux portails des cathédrales ou dans les verrières illum'nées ; à elles les longues galeries des cloîtres qui retentissaient de leurs récits ; à elles les merveilleuses créations de l'imagerie sacrée. Tous les auteurs du temps les rapportent ; ils ne les ont point créées, ils les rencontraient à chaque pas sur leur route ; ils ne les discutent point, ils les citent.

“ Il ne faut donc pas considérer les Légendes comme des fictions plus ou moins ingénieuses, mais bien comme l'expression intime des sentiments, des affections et des croyances. Elles étaient gravées dans le cœur des multitudes avant d'être entaillées sur les murs des temples...

“ Renfermées d'abord dans les catacombes, elles parcoururent successivement le monde, Constantinople écoutait la bouche d'or de son grand évêque les citer dans ses homélies. Saint Jean Da-

mascène les consacrait de l'autorité de son talent et de sa vertu. Méliton de Sardes les développait aux peuples avides de sa parole. Le Pape Innocent Ier ne faisait pas difficulté de les employer dans ses discours. Cependant, les premiers historiens ecclésiastiques les fondaient dans leur récit avec les faits les plus avérés. Eutrope, Suidas, Eusèbe, Nicéphore, Orose, Sozomène les racontent avec la simplicité de leur croyance. Grégoire de Tours leur prêtait le

- charme de sa plume intéressante et naïve. La Grèce, l'Italie, les Gaules, les! forêts de la Germanie entendirent tour à tour l'écho de leur voix... De toutes parts, au milieu des villes populeuses, au sommet des monts solitaires, dans le sein des paisibles vallées, sur le bord des fontaines, dans les profondeurs des bois, quelque gracieuse légende faisait éclore d’élégantes chapelles ou de gigantesques cathédrales, Le sentiment religieux appelait à leur construction des peuples d'ouvriers qui élevaient ces basiliques imposantes. Les générations suivantes, étonnées de tant de majesté, croyaient que des êtres surhumains étaient venus pour les dresser vers les cieux. Filies du temps et de la foi, les Légendes descendirent le fleuve des siècles, exaltées par les uns, oubliées ou flétries par les autres, mais survivant à tous. Leur source, enveloppée de nuages, se cachait au pied du Calvaire ; chaque génération leur apportait, en passant, le tribut de ses pieuses croyances ; l'Eglise leur prêtait l'ombre de ses arcades et de ses voûtes ; peuples, princes et rois les saluaient avec amour.

“ Au milieu de cette effervescence de poétiques récits, nous nous sommes arrêté avec délices à ceux qui regardent la mère de Dieu, comme au printemps l'œil aime à se reposer sur la branche fleurie qui domine les verts bosquets, Le cuite de la sainte Vierge est l'âme du monde au moyen âge... ”

Au frontispice de ce livre, nous avons annoncé, nous aussi, “a non une Ve, non une /istoire, parce que, pour écrire une Ve ou une /istoire, il faut pouvoir recourir à des documents parfaitement authentiques, et que, ici, il n'y en a pas; mais nous avons annoncé une Légende : la Légende de Madame Saincte Anne, comme on disait au "s moyen âge. Celle-là aussi, comme la légende de Notre-Dame, on la retrouve partout et toujours depuis une quinzaine de siècles : sur les "8 lèvres des orateurs sacrés comme dans les naïves et pieuses créations Li

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