‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 20 sur 112 · SENS · texte numérisé non relu

SENS

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deux époux qui se rencontrent et s'embrassent ? Pourquoi, au portique du temple, dans la scène de la Présentation de la Vierge, ce nombre quasi invariable de guinse degrés ?—Ces divers traits, et cent autres, seraient inexplicables sans la connaissance des évangiles apocryphes.

Pour l'étude de ces écrits, on possède aujourd’hui, non seulement d'excellents recueils où les matériaux ont été réunis de la façon la plus savante, mais en outre des monographies solides qui mettent en œuvre ces mêmes matériaux.

Pour les recueils, déjà, dans les premières années du siècle dernier, un érudit infatigable, Albert Fabricius, en avait publié un, tel à peu près qu'on pouvait l’attendre de son temps. Mais cette collection n'était plus au niveau des études contemporaines, quand un célèbre critique allemand, le docteur Thilo, alors professeur à Halle, conçut l’idée et le plan d’une nouvelle édition, sinon de tous les apocryphes, au moins de ceux du Nouveau Testament, “IL consacra vingt ans d’une érudition immense et d’un savoir profond à compléter le monument élevé par son devancier, et à lui donner la perfection dont le temps et les découvertes modernes avaient fait sentir l'absence !” La mort l'a surpris avant la fin de sa tâche, mais fort heureusement, il a trouvé un successeur, qui, s’il ne l’égale pas comme commentateur, l’a dépassé dans son zèle à réunir des textes et à les comparer entre eux. M. C. Tischendorf, car c’est de lui que nous parlons, a employé sa vie à rechercher des manuscrits, et surtout des manuscrits bibliques ; à les multiplier par la presse avec un luxe royal, à les collationner, à publier des recueils de variantes, et des éditions en tout format de l'Ancien et du Nouveau Testament. Ces veilles consacrées aux textes canoniques ne l'ont point empêéché de songer en même teinps aux apocryphes. Plus de quarante manuscrits qui avaient échappé aux recherches du docte philologue de Halle, ont été revus et collationnés par lui avec un soin qui mérite les plus grands éloges. Il en est résulté le travail le plus complet que nous possédions en cette matière, et il paraît difficile, dans

! Dom Ceillier, ÆZis£, des auteurs sacrés (23 in-40, Paris, 1858 ss.), t, I, p. 275.

l'état actuel de la science, de déterminer le texte primitif des évangiles apocryphes avec plus de précision et de sûreté,

C'est d’après Tischendorf pour le texte grec, et Thilo pour le texte latin, que nous reproduirons plus loin le Protévangile de Jacques, dont nous allons présentement nous occuper !,

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