NATIVITATE VIRGINIS
Parmi les écrits dont nous venons de parler d'une manière générale, le Protévangile de Jacques a le double mérite de tenir le premier rang et d'être aussi pour nous le plus précieux à consulter. Il raconte le mariage de Joachim et d'Anne, les longues années de stérilité et d’épreuve, la nativité, l'enfance et la jeunesse de Marie, son mariage avec le charpentier Joseph, le privilège divin qui la fit mère du Christ, la naissance de l'enfant-Dieu à Bethléem, et l’adoration des mages.
On ne sait pas qui est
l’auteur de ce livre, Eustathe, évêque d’Antioche au com-
mencement du quatrième siècle (325-337), le nomme très vaguement “léxw6os rt, Facobus quidam, “un certain Jacques,” et c'est en effet le nom que l’auteur lui-même se donne à la fin de son ouvrage. Des
l Pour les recueils, traductions, monographies, voir l’appendice,
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VIVARINI, Vie de la Vierge (2e partie), Musée de Berlin.
Fig. 9.
érudits ont cru pouvoir traduire par “saint Jacques le mineur, évêque de Jérusalem,” et au temps de Guillaume Postel, sinon encore aujourd’hui, les Orientaux n'avaient äucun doute sur ce point ,
Evidemment nous voudrions pouvoir adopter le sentiment des uns et des autres, mais comme l’observe ici le commentateur d'Eustathe, Léon Allatius, si le saint évêque eût voulu désigner par ce nom l’apotre saint Jacques, il se serait servi d'une appellation plus claire, Il le pouvait d'autant mieux qu'il n’y a rien dans cet évangile qui soit contraire à la doctrine de l'Eglise ou à son autorité, ni aux témoignages des Pères et des historiens *.
Ce qui fait moins de doute, c'est la date de la composition primitive, Certainement, tels ou tels détails peuvent être des emprunts ou des intercalations relativement récentes, mais il est également certain que le fond ou l’ensemble des traditions remonte aux tout premiers âges chrétiens. ‘Cet écrit nous place en plein monde évangélique, Les personnages ne sont pas introduits ; la région, le lieu de la scène ne sont pasindiqués. L'auteur présuppose tellement tous ces faits qu’il ne songe pas à les décrire ; son unique soin paraît être de présenter ces récits à la façon orientale, comme de petits tableaux pleins de couleur et de lumière, où se révèle à chaque instant le culte pour les rites, les cérémonies et tous les souvenirs anti-
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1 ‘Testatur Postellus hunc librum in Ecclesiis Orientalibus christianis publice legi, neque dubitari de auctore, sed constanter inscribi: Sermonem historicum divi Sacobt fratris Domini de admirabili nativitate et incunabulis Virginis matris Marie et ipsius su. Thilo, Codex...,p. XLVI,
? Verissimum est scriptum hoc esse antiquum, et circumcirca Apostolorum tempora conscriptum...Bene itaque actum cum hoc aactore, cum Eustathius omissis et detruncatis iis quæ fucum facere possent, utilia tantum decerpsit devoto lectori, Virginisque studioso non incommoda, Quin tanti patris auctoritas pondus 1lli et auctoritatem addit præcipue cum nihil sit ex eis quæ hic referuntur, quod vel Ecclesiæ vel ejus auctoritati contrarium sit, imo testimoniis dictisque aliorum patrum et historicorum omnia sint consentanea : eoque libentius in hanc ducor sententiam, cum videam non laudari a nostro Eustathio tanauam opus Jacobi apostoli, sed alterius cujusdam, quad clarissime significatur additione illa rte, ldxwbus ris, Quod si existimasset esse Apostoli, nunquam siluisset. - L. Allatius, S. P. N. Eustathii .../» Æexahemeron commentarius ete. (Lugduni, 1629, in—4o), p. 233 ; ou Migne, Patrol, græca, t. XVIII, col, 772.—On peut voir dans l’appendice le passage d’Eustathe,
3 Variot, 2 cit, p. 145.
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