‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 23 sur 112 · LE PROTÉVANGILE DE ;ACQUES · texte numérisé non relu

LE PROTÉVANGILE DE ;ACQUES

Tous les auteurs assignent le secord siècle au Protévangile ainsi considéré dans son fond ou son ensemble. Le pape Innocent I l'attribuait à Leucius, un hérétique de cette époque, “Ce Leucius s'appelle diversement chez les Pères: Lucius, Leuthius, Leuticius, Leontius, parfois Seleucus. Mais il est tout à fait impossible d’en dire quoi que ce soit de certain ’.”

Les plus anciens Pères de l'Eglise paraissent avoir connu cet évangile sous sa forme primitive. Tertullien a entendu dire que Zacharie avait laissé, sur le parvis du temple, les traces ineffaçables de son sang (perennes maculas) . Origène témoigne que le livre de Jacques était très vopulaire de son temps, et il le rapproche d’un autre que son titre rendait célèbre : l'Evangile de Pierre”. Clément d'Alexandrie est au courant des traditions répandues sur le merveilleux enfantement de la Vierge ! et les érudits pensent communément que saint Justin lui-même a eu connaissance de cet ouvrage *.

A leur tour, les Pères et les écrivains des âges suivants ont à l’envi cité le Protévangile et reproduit en tout ou en partie la légende qui nous est chère. Nommons en particulier : Jacques d’Edesse, saint Grégoire de Nysse, saint Epiphane, saint Jean Damascène, Jean d'Eubée, André de Crète, Photius, Léon l’empereur, Hippolyte de Thèbes, George de Nicomédie, Tarasius, patriarche de Constantinople, Nicétas, Michel Glycas, Nicéphore Calliste, Salomon de Bassora.…....",

Malgré l'incertitude de son origine et le nom suspect de son ! Trochon, Zntrod, gén, à la Bible, t, 1, p. 488. * ‘lertull., de Scorpiaco, $. 8,

Origenes Zbrum Facobi ita commemorat ut et omnibus bene notum, et simili auctoritate cum evangelio Petri apocrypho esse ponat : Tischendorf, Æv, apocr., 1853, p. XII,

‘ Ante Origenem, non modo Clementi Alexandrino, sed etiam Justino martyri innotuit : Tischendorf, /4i4,

5 Tischendorf, Zéia., Variot, p. 144 ; Thilo, p. XLV 3; Combefis, Auctarium novissimum, etc, t. I, col. 1224,

* Jacques d'Edesse : Assemanius notat Jacobum Edessenum (Orient. Eccl.) de genere Deiparæ et parentibus eadem fere tradere, Thilo, p. LXX.

Grég. de Nysse, Epiphane, Jean Damascène et les autres, tous auteurs cités au cours de ces pages ou dans l’appendice.

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auteur présumé, les Pères ne semblent pas avoir considéré cet ouvrage comme hérétique, mais ils se plaignent parfois que les hérétiques eux-mêmes se permettent d'en corrompre le texte”. Tel qu'il leur est parvenu, ils le tiennent en grande vénération, et Guillaume Postel qui, le premier, le traduisit du ;zrec en latin, assurait que de son temps encore, c’est-à-dire au seizième siècle, il était regardé comme authentique dans les Eglises d'Orient et lu publiquement dans les assemblées Le même usage s'est perpétué jusqu’à nos jours.

Le ‘ Livre de Jacques ” n’a aucune valeur historique proprement dite. ‘ Les Pères qui l’ont cité, dit dom Calmet, n’ont pas prétendu qu'il ne contint rien que de certain, mais pour ce qu'ils en ont extrait et adopté, on peut, ce semble, le regarder comme une tradition apostolique.…Il est conforme aux Evangiles jusqu'au douzième chapitre inclusivement, mais à partir de là jusqu’au vingt-cinquième et dernier, il tombe dans toutes les sottises et les puérilités des Zvangides de l'enfance du Sauveur, déclarés apocryphes par le pape Innocent I. Mais si, pour l’approprier à leur doctrine, les Ebionites en altérèrent quelques parties, rien n’obligeait les premiers auteurs qui le composaient dans un temps si voisin des apotres, et où la mémoire des père et mère de la sainte Vierge était si récente, de supposer les noms de Joachim et de Anne. Cette fiction eût été cnntre leur intérêt et contre leur intention : elle eût discrédité leur livre ”.”

Notons que, pour notre sujet, nous n'avons rien à voir au-delà

! Antiquissimam eam historiam esse dubitari adeo non potest, ut idem Thilo pronuntiare non dubitet haud improbandam esse Combefisii sententiam, qui jAwectar.,t. I, col. 1224) eam ad ævum apostolicum referendam censet. Et certe usos ipsa esse Origenem, Nyssenum Gregorium, Eustathium Antiochenum, Epiphanium, Andream Cretensem. Damascenum, Photium et plerosque deinde omnes, evincunt eorum scripta ; quinimo eam allegasse tum Clementem Alexandrinum, tum Irenæum, ac forte ipsum quoque sanctum Justinum martyrem, communiter consentiunt eruditi. Ex quo illud etiam licet <rguere, hanc historiam neque exiguo in pretio apud veteres, neque tanquam hæretico-: rum fiymentum habitam fuisse ; cum contra inte“dum incidamus in patres qui de aliqua corruptione in eam per hæreticos inducta acriter conquerantur. Migne, Patrol græca (lat. tant. ed.), t. XLVIII, col. 786, Monitum Ant. Ballerini de Joan. Eubœi Oratione in Conc. Deipare.

? G, Postel, Æpist dedicat, ad Rempubl, Venet., ante edit, Proter., Basileæ, 1552, texte cité dans une note précéd,

3 D. Calmet, Z. cit, ut, sup,

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