LE PSEUDO-MATTHIEU
gazouillant sur la branche, une nature ensoleillée, semblent l’inviter plutôt à l'espérance et à la joie.
Cela fait pleurer à force d’être si tristement—et nous dirions— trivialement vrai !
Il existe du Protévangile un grand nombre de manuscrits, grecs, syriens, arabes, coptes, sans compter les traductions latines, Ences derniers temps, Tischendorf l’a publié dans le texte grec, en le collationnant sur dix-sept manuscrits !,
Un autre écrit également précieux pour nous, est l'Evangile du Pseudo-Matithieu, quelquefois appelé aussi: Liber de ortu beate Marie et infantia Salvatoris. Les manuscrits ne s'accordent pas sur l’auteur de cette composition ; ils la donnent également comme de saint Matthieu, de saint Jacques et de saint Jean ; l’un d'eux l’attribue même à Onésime, l’esclave en faveur duquel saint Paul écrivit son épître à Philémon. Mais le nom de saint Matthieu réunit le plus de suffrages... Pour donner quelque vraisemblance à cette supposition, les anciens copistes ont inventé une correspondance entre saint Jérôme et deux de ses amis, les évêques Chromatius et Héliodore, Ces derniers profitent du séjour de saint Jérôme en Palestine et de la connaissance qu’il a acquise de l’hébreu pour lui demander une traduction, faite sur l'original hébreu, de l'Evangile de l'enfance. Réponse de saint Jérôme qui ne peut rien refuser à ses anciens amis d'Aquilée, surtout à deux amis qui sont évêques, et dont les
désirs sont pour lui des ordres. Toute cette correspondance précède le texte du Pseudo-Matthieu.
1 In hoc maximam curam impendimus Pseudo-Jacobi libello, Præter codices enim Thilonis quatuor, Bischii duos, item Fabricianum et Posteili textum, ut Pseudo-Eustathium aliosque præteream, adhibuimus octo codices a Thilone nondum adhibitos....Pseudo- Matthæi evangelium cujus posterior pars huc usque inedita erat, e duobus codicibus nostris edidimus, adhibitis insuper Thilonis subsidiis....Tischendorf, Ævang. apocr. (in-8o, Lipsiæ, 1853), Proleg. p. 1X.... Adhibuimus præter vulgatum et Postelli textum codices
septemdecim, p. XXIV. Les manuscrits qu’on possède du ?rofévangile ne remontent pas au-delà du dixième siècle,
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La date du livre n'est pas connue, pas pius que l'auteur luimême. Comme fond, cet ouvrage est une reproduction avec additions et remaniements de divers genres, soit du Protévangile de Jacques, soit de l'Evangile de Thomas l'Israëlite, L'abbé Trochon y trouve des ‘‘niaiseries et des subtilités incroyables ” Comme doctrine, cependant, le Pseudo-Matthieu semble irréprochable. Saint Epiphane, dans sa cinquante-neuvième Æeresie, en parle sains lui infliger le moindre blâme, ce qui équivaut presque à une recommandation ; et le savant cardinal Baronius, beaucoup moins tranchant à son sujet que la plupart des critiques modernes, fait des réserves que nous devons adopter : “ C’est un ouvrage supposé, dit-il, ainsi que sa traduction, et de plus altéré ; mais il n’est pas pour cela à dédaigner, et il faut en admettre au moins une très grande partie, puisqu'elle se trouve autorisée par le témoignage de plusieurs grands. docteurs : saint Epiphane, saint Grégoire de Nysse *” Nous ajouterons saint Jean Damascène, saint Germain de Constantinople, saint André de Crète, Fulbert de Chartres, le moine Eadmer *,
1 Jntrod, gen à la Bible (de Drach), t. I, p. 490. ? Baronius, A?paratus ad Annales, XLIX.
# Fulbert de Chartres : Extat vero quædam non usitata relatio, quæ clarissimi interpretis Hieronymi prænotatur nomine, referens beatum Matthæum post editum Evangelium, ortum præfatæ Virginis atque initiamenta puerilia Jesu Christi, ita obscuris manu propria obsignasse litteris Hebraicis ut nullis infidelium illud vellet patere superfluis et mordacibus rictibus, quæ tunc a prælibato interprete feruntur transportata quibusdam obnixe petenticus ad linguæ latinæ notitiam. Et quia hæc relatio inter sacræ Scripturæ canones nôn habetur inserta, ideo unanimis Ecclesiæ conventus in recitando aperte nec omnino eligit, nec in non recipiendo rejicit, cum nonnulla reperiantur dicta vel facta quæ
in præfata serie impossibilia videantur, quæ tamen volentibus et amantibus legere, non.
denegat @delium industria. Nobis autem et omnibus Ecclesiæ filiis, satis superque sit fides et devota credulitas, qua vero eam confitemur Virginem et in ortu et in omni sua operatione. Llujus namque pater et mater carnales fuisse feruntur Joachim et Anna... Fulb, Carnot., Serm. vi de Ortu Almæ V, M, Migne, Z’atrol, lat., t, CXLI, col. 327.
Le moine Eadmer : Lib, de Æxce//. Virg., cap II ; Thilo, p. c.
Reperitur hoc evangelium in Hieronymi operum editionibus Désiderii Erasmi, t, 1V; Mariani Victorii, t, IX ; Adami Tribbechovii, t. IV ; Joan. Martianæi, t. V ; et Domin. Vallarsii, t. I, part IL. Thulo, p. ci.
Pour l'abbé Jamar, ‘‘ bien qu’on ne reconnaisse pas la plume exercée de saint Jérôme dans cette espèce de préface, il est néanmoins indubitable que le corps de l'ouvrage appartient tout entier au docteur de Beth!éhem *” Jamar, Marie, Are de Fésus (in-S:, Blles, 1872), p. 59.
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eur luic addingile de [rochon Comme e. Saint sans lui ommanchant à réserves il, ainsi ur cela à le partie, s grands.
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issimi interim Evangepscuris mani superfluis et a quibusdam ræ Scripturæ do aperte nec el facta quæ legere, non.
superque sit in omni sua et Anna...
I, col. 327.
Erasmi, t. 1V 3 ; et Domin.
e saint Jérôme buvrage appar- (in-8:, Blles,