XLIX
Le prophète Michée à son tour : “ Et toi, Bethléhem Ephrata, tu n'es pas la moindre d'entre les filles de Juda, car c'est de toi que naîtra le chef qui conduira mon peuple Israël.” (Michée, v, 2.)
A David même, Dieu avait fait la promesse : “ Ma miséricorde ne se retirera pas de toi comme je l'ai retirée à Saül, mais ta maison et ton règne seront pour toujours assurés, ton trône pour toujours affermi.” (11 A.g., VII, 15.)
C'est dire que Dieu même les ayant constituées héritières des espérances messianiques, les familles issues dela tribu de Juda gardaient avec un soin religieux leurs tables généalogiques, comme le fondement des privilèges qu'elles pourraient réclamer plus tard, aux jours du Sauveur.
Le Père Didon observe qu'il en était de même de la tribu de Lévi. Bien qu'elle n'eût pas de territoire déterminé, bien qu'elle fût disséminée à travers toutes les autres, dans des villes réservées, le sacerdoce qui avait été jusque-là son héritage et sa gloire, lui donnait d'autant plus d'éclat dans le milieu palestinien, qu'il s'était conquis tout le prestige de la royauté détruite. “IL faut lire dans Josèphe (Coutr. Apion., 1, 7) avec quelle vigilance les familles sacerdotales conservaient leurs titres, et les faisaient établir, au moment du mariage, quand il s'agissait de choisir une femme au descendant de Lévi. Elle devait être de race sacerdotale comme son mari, et sa descendance prouvée devant témoins, et sur les actes publics.
“Quant aux autres tribus, un grave intérêt économique, sans parler des souvenirs historiques et d'une filiation qui souvent n'était pas sans honneur, leur faisait un devoir de veiller à leur état civil.
“ Aussi, quelque perturbation qu'ait jetée l'exil de Babylone dans l'état civil des Hébreux,—soit orgueil de race, soit intérêt domestique, soit religion,—les familles, en général, surent maintenir par leurs alliances, et prouver par leurs arbres généalogiques, la pureté du sang et l'intégrité de la tribu.
“ Tout Juif se savait de telle maison, de telle famille, de telle tribu, de tel rang. Les Palestiniens en pouvaient justifier par les archives gardées au Temple, et les dispersés emportaient avec eux
cet
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leurs tables généalogiques, comme un titre d'honneur, et de vrais papiers de famille.
“ Ces quelques remarques, conclut le R. P. Didon, suffisent à l'historien pour accepter comme documents sérieux, bien qu'il soit impossible aujourd’hui, faute de ténseignements contradictoires, de vérifier en détail leur exactitude, les deux généalogies davidiques de Jésus. Evidemment les deux Evangélistes (saint Matthieu et saint Luc) devaient être en mesure de prouver ce qu'ils avaient écrit, et ils ne pouvaient induire en erreur nn public aussi jaloux de sa propre descendance !,”
On ne peut objecter ici la destruction des généalogies sous Hérode, S'il faut d'abord rappeler le fait, le voici d’après le docteur Sepp:
“Ce prince,” dit-il en parlant d'Hérode, ‘“ non seulement n'était point issu d’une ancienne et noble famille, mais il n'était pas même Juif de naissance, et l'on disait que son père ou son aïeul était fils d'un homme d’Ascalon, qui servait dans le temple, et qui, dans le pillage du sanctuaire, avait été emmeñhé par des brigands iduméens. Pour venger son amour-propre humilié par une aussi basse origine, et profitant de l'occasion que lui donnait le recensement ordonné par l'empereur, il conçut le projet de faire enlever et brûler dans le temple, avec les archives, toutes les anciennes généalogies et tous les diplômes de famille du peuple juif; documents qui étaient à la fois pour celui-ci un objet d’orgueil et d'espérance, et que chacun devait présenter en cette conjoncture pour établir son origine.
“..... Quelques familles, cependant, grâce à la fidélité de leurs souvenirs, et par le secours de documents arrachés à la destruction, parvinrent à refaire leur généalogie ; et parmi ces familles, il s'en trouva plusieurs de la race de David, qui, plus tard, à cause de leur parenté avec le Sauveur, prirent le nom de srréauor, ou les amis du Seigneur *,
“Quel sens profond, ajoute le Docteur, l'on découvre dans cette action d'Hérode, juste au moment où le Messie paraît! Les
! Le P. Didon, Ssus-CArist, appendice C.
* Dr, Sepp, Vie de Hésus-Christ (trad. Sainte-Foi, 2 in-80), t. I, p. 184.
généalogies avaient atteint leur but, qui était de prouver que le Messie était de la race de David et que, par conséquent, les promesses divines étaient accomplies. Or, c'est ce que nous démontrent saint Matthieu et saint Luc qui nous cn‘ laissé la généalogie du Sauveur. Ce but une fois atteint, le reste devenait inutile et pouvait sans inconvénient être détruit par le feu
Il est donc admis que les deux généalogies données par l'Evan-
gile sont des ‘ documents sérieux.” Discuter davantage cette ques- I tion d'authenticité serait un luxe superflu. t Pe même nous n'avons pas à €
chercher un moyen de les accorder, €
si intéressante puisse être une étude 8
qui a soulevé depuis les premiers LL
siècles jusqu’à nos jours des contro- €
verses sans fin, D'ailleurs, outre que je
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dance est loin d’être résolu, aucun sl
système ne nous donne sur le point de
particulier qui nous intéresserait si fl
fort, c’est-à-dire sur la parenté immédiate de sainte Anne, des données satisfaisantes, Après de longues seos maines d’études, de comparaison des Yig, 33: Le David de Michel. Ange, systèmes, d'efforts personnels pour à l’Académie de Florence. concilier la légende avec l’histoire
et avec l'Evangile, on peut briser sa plume, car elle ne trouve rien à dire qui soit définitif. Aussi bien, si le saint livre a voulu faire le silence, faire la nuit sur ce point, pourquoi voudriors-nous y faire la lumière ?
Il reste donc un seul fait certain, un fait acquis à l’histoire comme il l’est à la force des choses, c'est que les parents de la Vierge étaient de race royale, fils et héritiers de David. On dit que Anne descendait du premier roi d'Israël par la lignée de Salomon, Joachim par la lignée de Nathan; que l’une et l’autre lignée s'étaient réunies dans Salathiel ; que le sang des deux familles
1 Dr, Sepp, Vie de Fésus-Christ (trad. Sainte-Foi, 2 in-80), t. I, p. 185.
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CONDITIONS DE NAISSANCE Gt
se confondit dans Zorobabel, et que sur ce dernier, deux nouvelle: branches se greffèrent, l'une par Abiud, aïeul de sainte Anne, l’autre par Réza, aïeul de Joachim.
Ainsi, par voie de génération, où par voie d'alliance établissant également la transmission du sang, Anne et Joachim appartenaient tous deux à la lignée royale de David,
En Israël, c'était la souveraine grandeur, et sur les lèvres d'un Hébreu, nulle formule d'admiration et d'éloge ne valait celle qui se traduisait par le simple mot: “ C’est un fils de David.” Mille ans et plus avaient passé depuis que l’humble berger de Bethléem était devenu le successeur de Saül et le fondateur d’une dynastie, Le guerres, les calamités publiques, les révolutions du pouvoir te “ temps, avaient réduit la fortune de ses descendants au hiveau commun et “leur pain de chaque jour” provenait d'un travail qui avai jamais été plus humble, Cependant la famille davidique gardait aux yeux du peuple le prestige d’un passé fameux ; on sentait ue sur elle venait se reposer tout ce qu'il y avait eu de gloire, de 7e s de foi, de piété dans la grande race d'Israël ; et os frôté de + fils, si bas qu'il dût se porter, on ne pouvait s'empêcher de . tant de glorieux souvenirs, comme on saluait, dans le san “ faisait palpiter leurs cœurs, la vie même des plus illustres Fr en attendant une autre vie à venir, toute faite, celle-là, de ds dance et de divinité. —“ Fils de David!” encore un Caub ! us
. “ , Nous disions tout à l'heure que, sur la parenté immédiate de sainte Anne, aucune donnée certaine ne nous permet de concilier
de as de Castro (Æisé. Deipare V. 2, in-120, Mayence, 1610) cite sur ce point :
mn ; Ni Er martyr, Apolog. 47 pre Christianis ; Tertullianus, li. 2e
pe } ne ; Ambrosius, /46. ZZ de SPrre sancto, ©, 5 ; Epiphanius, Ser»o in
pe Ge onymus, super cap. II Jsaie ; Leo, serm. IT in Nat, Domini;
C: et., Encomio IT de Dormit. Virg., Migne, Patr. gr. t. XCVII, col, 819 ; I ;
sus, de Virginit. Marie, ©. 3; Beda Venerabilis, î# Gal/i cantu D ner die ; à
". si pe Regum : S. Ephrem, de Virg. laudibus ; Grégorius Naz. in Carm d! rencalogia Christi ; Eusebius Cæsar., /i4 7 Dem ar ; | æsar. onstr. evang. (13) ; Ambrosius, /16, 3 à me C.13 Petrus Damianus, î hymno de B, Virg. et Serm. 3 de Natio Mari se “us à is : À 4 æÆ ÿ ne us, Serm : Signum magnum ; Hilarius, Can. Z in Matt. ; Epiphanius, Ze&resi 8 u D A a) 0 r .,. V 4 ’ k pr D consensu Evangelist., ©. 11, (Voir l'Edition de Gaume, t. vi Fa A Lu de tribu regia et sacerdotali, et t. VIII, 656-657 : ad semen David Virgo Dertinuit ee
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la légende avec l’histoire, ni même de distinguer celle-ci d'avec celle-là, mais puisque légende il y a, il faut d’abord la faire connaître,
Il le faut, sinon pour le profit du présent, lequel n'a rien à gagner à cette Fig 34. Miniature des //omélies de Yacques (xie nomenclature, au moins
siècle), folio 56: La S. Vierge, S. Anne et David. pour celui des pages à venir qni, elles, au contraire, pourront en bénéficier. Dans le troisième livre de cet ouvrage, nous aurons en effet besoin de recourir à un système généalogique qui puisse nous expliquer tant d'œuvres d'art dont les musécs abondent et qui portent généralement pour éti. quette: “ la Lignée de Madame saincte Anne.”
Essayons d’esquisser ce tableau.
Cornelius à Lapide, et la plupart des commentateurs avec lui, donnent pour père à sainte Anne, Mathan, de la descendance de Salomon. Ce Mathan aurait eu un fils Jacob, père de saint Joseph, et deux filles: Sobé, mère de sainte Elisabeth, et Anne, mère de la Vierge. Un texte attribué par Nicéphore à Hippolyte, martyr, et depuis cité par tous les hagiographes, mentionne à la place de Jacob une première fille, nommée Marie, mère de Salomé, ou Marie.
Salomé ".
M. Peignot, dans ses Recherches, adopte ces trois filles : Marie, Sobé et Anne, sans supprimer Jacob. De ce Jacob, il fait naître,
1 Divinus Hippolytus veteris Roma episcopus, de Jacobo fratre Dei memorixæ mandata reliquit : ‘*.... Tres fuere sorores Bethleemiticx, filiæ Matthan sacerdotis, et Mariæ conjugis ejus sub Cleopatræ et Casoparis Persæ regno, ante Herodis Antipatris filii regnum. Primæ Mariæ, secundæ Sobx, tertiæ Annæ ”- en erat, Nupsit prima in Bethleem Maria, et peperit Salomen obstetricem. Nupsit quoque secunda itidem in Bethleem Sobe, et genuit Elisabetham. Nupsit postremo et tertia Anna in teria Galilæa, et protulit Mariam Dei Genitricem ex qua nabis exortus est Christus, ipsa veritas. Ita ut Salome ista obstetrix, et Elisabeth, et Dei mater, trium sororum reperiantur filiæ, etc.’ Atque hæc quidem Hippolytus. Nicéphore Callist., Æeces, Æist., lib. XVI, Migne, arr, gr. lat. éd., t. LXXIH, col. 638, ou lib. 11, c. 111.
stoire, inguer à, mais y a, il re con-
n pour , lequel à cette
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moriæ mancerdotis, et s Antipatris upsit prima da itidem in ra Galilæa, tas. Ita ut
L filix, etc.” ligne, Zatr,
“ La Lignée de Madame sainçte Anne.”
l'anneau central :
Fi y e / 1e > : SP dr Fig 35. Ancienne école de Cologne, au musée de cette ville.
avant saint Joseph, l'époux de la Vierge, une Marie, première femme d'Alphée et seconde femme de Cléophas, mère par Alphée: de Jacques le mineur, et de Josès ou Joseph dit Barsabas, et par Cléophas : de Jude, Simon ou Siméon, Marie-Salomé, femme de Zébédée, et mère de Jacques le majeur et de Jean l'Evangéliste, Une dernière enfant de la femme de Cléophas aurait été cette Marie que l'Evangile nomme a/fera Maria.
Sobé, sœur de sainte Anne, se maria à Bethléem et fut mère d’'Elisabeth, femme du prêtre Zacharie et mère elle-même de saint
Jean-Baptiste,
Les beaux-arts ont adopté cette généalogie, et tous les personnages que nous venons de nommer apparaissent dans la plupart des tableaux ou sculptures retraçant la dite “ Lignée de Madame saincte Anne.” D'ordinaire cependant, ce n’est pas Mathan qui est donné pour père à notre Sainte, mais on lui substitue un autre personnage nommé Stolanus, auquel on a coutume d'associer Emérentienne, sa femme. La gravure ci-contre (fig. 35), prise d'une peinture de l'ancienne école de Cologne, donne quelque idée de ce sujet, Nous cn fournirons d’ailleurs plusieurs autres spécimens au cours de cet
ouvrage.
La tradition qui fait de Stolanus et d'Emérentienne le père et la mère de sainte Anne est fort ancienne ; selon des auteurs graves, elle remonterait au moins à saint Cyrille d'Alexandrie, c'est-à-dire au cinquième siècle, On croit que l’illustre Patriarche écrivit un livre intitulé De Ortu Virginis, et l’un de nos meilleurs prédicateurs au dix-septième siècle, le Père Guillaume Pepin, affirme en avoir vu une copie dans un Codex de notre ancien couvent de Valence, en Espagne. Il cite même tout au long le passage qui a rapport aux parents de sainte Anne, ce qui nous donne envie de le lui emprunter en le traduisant .
1 3a questiuncula est, utrum aliquid legatur de parentibus B. Annæ. Respondetur quod sic. Reperi enim quod B. Cyrillus dudum inhabitator montis Carmeli, qui regnavit circa annum CCCCXX VI, scripsit de ortu B. Annæ, ostendens quis fuit pater illius, similiter et mater. Refert ergo quod :
Anno circiter 78 ante Christi incarnationem, fuit quædam virgo nobilis genere de tribu Judæ, pulchra corpore sed pulchrior mente, cui nomen erat Emerentiana, Hac igitur honestissima et devotissima virgo de licentia parentum visitavit quosdam fratres
la
bel pie Cai ph
dor Elle aval nité
devot Messi nubil sentir placer parite volun aliis, «
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copula præcog qui no vausa 5 consend vocavi
H lectori:
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s, et par femme de angéliste, tte Marie
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æ, Respondetur eli, qui regnavit hter illius, simi-
hobilis genere de erentiana. Hac quosdam fratres
“ Environ l'an 78 avant l'Incarnation du Christ, il y avait dans la tribu de Juda une noble vierge, belle de corps, mais encore plus belle d'esprit, dont le nom était Emérentienne, Cette aimable et pieuse enfant avait coutume de visiter souvent les solitaires du mont Carmel, s'entretenant avec eux de la venue du Messie, et des prophéties ou promesses qui se référaient à cet événement.
“ Quand elle eut atteint l’âge nubile, ses parents voulurent la donner en mariage à un noble jeune homme de leur connaissance, Elle ne voulut cependant pas consentir, alléguant que, en secret, elle avait promis, si c'était le bon plaisir de Dieu, de conserver sa virginité. Elle vint donc consulter les Pères de la montagne, et leur
devotos in prædicto monte Carmeli commorantes, et cum eis conferre cœpit de adventu Messiæ, et de prophetis et promissionibus super hoc factis. Cumdque illa attigisset annos nubiles, parentes voluerunt eam dare cuidam honesto juveni in uxorem. I!la tamen consentire noluit, eo quod in occulto promisisset domino se servaturam virginitatem, si Deo placeret. Recurrit ergo pro hac re ad dictos fratres, narrans suorum parentum voluntatem, pariter et suam, Qua audita, illi oraverunt Dominum ut dignaretur ostendere super hoc voluntatem suam Quod cum triduo fecissent, tandem seniori inter eos pariter et duobus alis, qui erant magis devoti ostensum est arbustum quoddam, super quo erat quidam ramusculus, portans pulcherrimum florem, fructum delectabilissimum in se continentem. Deinde facta est vox ad eos dicens : quod arbustum designabat Emerentianam, et ejus bonam voluntatem, cum Dei voluntate unitissimam. Ramus vero significabat quamdam filiam sanctissimam, quam in statu matrimoniali Deus sibi daturus erat. Flos autem designabat virginem quamdam castissimam, quam filia ipsius Emerentianæ esset paritura, quæ virgo permanens fructum vitæ, id est, filium Dei naturalem, qui per fructum prædictum designabatur, esset clausura in suo utero virginali et tandem tempore debito sine dolore paritura. Hanc igitur visionem retulerunt prædicti fratres Emerentianæ puellæ, Quam audiens, illa dixit: Fiat voluntas Domini! Ex tunc ergo il!a consensit intrare matrimonium, orans humiliter Deum, ut nulli in matrimonium jungeretur, qui non timeret Deum, Cumque post hæc successive ad illam adducti fuissent sex viri, nulli eorum voluit copulari, propter corruptam eorum intentionem, quam Spiritu sancto revelante illa præcognoscebat, Postremo supervenit septimus dictus Stollanus, qui Deum timebat, et qui non causa explendæ libidinis, cum illa esset speciosissima, ut dictum est, sed potius vausa susaitandæ prolis eam quærehat habere in sponsam, In hunc igitur Stollanum
consensit. Facto ergo inter eos honesto matrimonio, illa concepit filiam, quam Annam vocavit,
Hæc Cyrillus, Quæ dicta sunt, an veritatem contineant necn:, remitto discretioni lectoris, Sic enim accepi ex quodam antiquo libro in Bibliotheca Conventus Valentiani
ordinis fratrum Prædicatorum.—Guill, Pepini Conciones de imit. Sanctorum (in-80, Coloniæ, 1630), p. 320.
Thomas de S.-Cyrille (Aater hon., p. 26) soutient l’authenticité du De Ortu Virg. du patriarche d'Alexandrie.
rendit compte à la fois de la volonté de ses parents et de son propre dessein. Ceux-ci se mirent en prière, et supplièrent le Seigneur de manifester sa volonté, Après trois jours ainsi passés en oraison fervente, le plus ancien des solitaires et deux de ses compagnons = eurent la vision l’un arbuste ou d’une plante d'où s'échappait une tige portant une fleur très belle et un uit délectable. Puis ils entendirent une voix qui leur disait : “ La plante désigne Emérentienne et sa bonne volonté, si unie à celle de Dieu. La tige représente une enfant très sainte qui naîtra de son mariage; la fleur à son tour, c'est la Vierze très pure aue sa fille à elle-même enfantera, et le fruit, c'est le Fils de Dieu qui sera, un jour, par un prodige inouï, le Fils de cette Vierge immaculée,”
Fig. 36. Entrée de Bethléem. leh
etn
“ Les pères racontèrent cette vision à la jeune fille, laquelle répon. Git en toute soumission : ‘“ La volonté du Seigneur soit faite!” De N lors, elle consentit à embrasser l’état du mariage, et s’y prépara par ad la prière, suppliant le Seigneur de diriger son choix sur un homme 1 craignant Dieu. Six jeunes gens se présentèrent successivement, mais elle ne voulut s'unir à aucun d’eux à cause de la corruption de leur cœur, ce qi lui était révélé par l’Esprit-Saint, Enfin un septième survint äu nom de Stolanus, homme craignant Dieu, et animé des intentions les plus pures ÆEmérentienne l’épousa, et Dieu 8SS bénissant leur union, elle mit au monde une fill: qu'elle appela 1
Anne.”
spoi
on propre igneur de n oraison mpagnons ppait une
Puis ils : Emérenge repré- la fleur à enfantera, dige inoui,
uelle réponitel” Di prépara pur un homme essivement,
Bethléem fut le berceau de cette heureuse naissance”, On dit que, dans les verrières du quinzième et du seizième siècle, l'art nous en a laissé l’histoire imagée. La mère, étendue sur un lit à riches tentures, repose doucement, Près d’elle Stolanus, appuyé sur une console, contemple avec bonheur sa jeune épouse devenue mère. Cependant les jeunes filles attachées au service de la pieuse famille apportent à Emérentienne des mets div.*s. Sur un autre plan, une femme âgée, qui a reçu dans ses bras la tendre enfant, lui prodigue les premiers suins d'usage *.
La légende attribuée à saint Cyrille d'Alexandrie a trouvé crédit chez les auteurs. Vincent de Beauvais, en particulier, paraît s'en être inspiré”, et parmi les biographes de sainte Anne, il en est peu qui ne l’aient reproduite, Si elle n’a pas l'authenticité de l’histoire, elle n’a ritn non plus qui touche de près ni de loin à l'invraisemblance, Stuianus n'est pas nommé, il est vrai, dans la généalogie du Christ et de la Vierge, mais qui ignore que cette nomenclature n'est pas complète, et que plusieurs générations ont été omises ? Si l'Evangéliste se sert du mot gezuit, engendra, il n'entend pas toujours par là une génération immédiate, ou une relation de père à fils Le but des généalogies étant de fixer la descendance,
1 Eckius affirmat B. Virginem ex ‘aatre Pe/klehemitana et patre Nazarethano ortam esse, Contra, noster Salmeron, tomo 1, prolegomeno 4r, dicit Joachimum melius ab aliis credi Bethlehemitanum. Acta St, VI julii ; in Vita S, Ann,
Stolanus Davidicus Bethlehemites duxit in uxorem Emerentianam Davidicam Beth lehemitem ; qui habuerunt duas filias, majorem Esmeriam qui nupsit Aprano Aaronitico et minorem Annam uxorem Joachimi davidici ex Nazareth, quorum filia fuit Maria, sponsa Josephi ex prosapia David, et patria Bethlehem, C, de Castro, /, cif., p. 54.
Saint Augustin (serm, XXV, Ad fratres in Eremo) et le moine Sigebert (/# CAronicis, ad. a 399) donnent à sainte Anne une sœur nommée Ismérie.
* On confond peut-être ce motif avec celui de la Waissance de la Vierge,
% Vincent de Beauvais : ‘L'an 55 avant J.-C., sous la domination impie des Romains, vivaient deux époux selon le cœur de Dieu dans la petite ville de Bethléhem, au doux pays
brruption de
de Judée, lis se nommaient Stolanus et Emérentienne, L’innosence de leur vie rappenfin un sep:
lait les temps heureux des Patriarches, dont ils étaient les enfants : ils attendaient avec Lee
eu, et animé les Hébreux fidèles l’accomplissement des prophéties qui annonçaient un Sauveur, Le Ne: La, et Dieu cs ciel bénit leur union et leur donna une filie qu’ils nommèrent Anne, Cité de seconde main. * à
elle appela M
Au dix-septième siècle, cette généalogie se préchait à Paris, au grand scandale de la : c'itique historique. Voir Acta SS,, t. XX (7e de mai), p. 511.
ou de constater qu'un tel était de telle race, il n'était pas nécessaire de marquer chacune des générations : il suffisait que la ligne de succession fût tracée d’une manière sûre. Aussi passait-on assez fréquemment au petit-fils ou à l’arrière-petit-fils, Cela se voit en bien des endroits de l'Ancien Testament, Saint Matthieu semble avoir suivi l'exemple des écrivains sacrés, ses prédécesseurs, Ainsi il dira: Yoram genuit Osiam ; quoique, en fait, entre Joram et Ozias, il y ait trois générations: Ochosias, Joas et Amasias, Ainsi encore, il fait de Josias le père de Jéchonias, quoique ce dernier ne soit que le petit-fils de Josias par Joachim.—De même ne peut-on pas supposer, entre Mathan et Jacob, frère de sainte Anne, une génération passée, et introduire alors le Stolanus de la tradition pour père immédiat de l’un et de l’autre ? Au sens biblique, sainte Anne resterait encore la fille de Mathan, et la légende s’accorderait avec l'histoire.
D'ailleurs, si l’on admet, comme l’Ecriture même semble nous y inviter, que sainte Anne était à la fois de race royale et de race sacerdotale, on peut supposer, avec assez de vraisemblance, qu’elle appartenait à la prernière par sa mère, et à la seconde par son père. De la sorte, on s’expliquerait encore mieux comment ses parents immédiats ne soient pas nommés, Stolanus n’appartenant pas à la lignée directe de David, mais à la descendance d’Aaron, et sa mère Einérentienne ne pouvant trouver place dans une généalogie qui procédait à la manière juive, c’est-à-dire par les aïeux mâles,
Une pareille alliance entre deux membres de familles différentes ne répugnait pas, tant s’en faut, aux traditions de l’histoire, Juda et Thamar, mère de Pharès ; Salmon et Rahab, Booz et Ruth, David et Bethsabée, mère de Salomon et de Nathan, en étaient d’illustres exemples. Mieux encore, après le retour de la captivité, il n’y eut plus en Judée que deux familles d'une importance considérable: la famille de Josué, fils de Josédec, en possession de la grande prèétrise, de laquelle sortit la glorieuse branche des Asmonéens et des Macchabées qui réunirent la puissance sacerdotale au gouvernement du peuple ; et la famille davidique, riche de glorieux souvenirs pour son passé, des espérances messianiques pour son avenir, dans laquelle la branche princière de Salomon et celle de Nathan étaient repré-
ssaire de suCCESsez fréen bien le avoir
Ainsi il t Ozias, , Ainsi ernier ne
peut-on nne, une tradition ue, sainte corderait
e semble royale et smblance, onde par nment ses partenant Aaron, et ne généales aïeux
Hifférentes ire, Juda th, David d'illustres il n'y eut érable: la ande prèens et des vernement enirs pour ns laquelle ient repré-
sentées par Anne et Joachim, en attendant qu'elles le fussent par Marie et Joseph.
Au surplus, des faits nombreux cités par les saints Livres ou par les historiens, par Josèphe en particulier, prouvent que les alliances étaient fréquentes parmi les descendants de ces deux familles, et c'est ainsi, par exemple, que Janné, aïer! de Lévi, Matthias et tous ses successeurs jusqu'à Juda, sont relatés par Philon et Josèphe, comme étant à la fois de la postérité de David et de la race des Asmonéens!,
Enfin, un mot de l'Evangile reste à toujours aui constitue la meilleure des preuves: “II y eut aux jours d’'Hérode, roi de Judée, dit saint Luc, un prêtre nommé Zacharie, de la série d’Abia, et sa femme, d’entre les filles d'Aaron, s'appelait Elisabeth.” Et plus loin, le même ange qui avait annoncé à Zacharie la naissance de son fils Jean, le précurseur, s'adressant à celle qui allait devenir la mère du Messie, s'exprime ainsi: *“ Et voilà qu’Elisabeth, votre cousine, a conçu un fils dans sa vieillesse... *”
! Voir l’abbé Maupied, Commentaires sur..,.saint Matthieu et S. Luc, p, 160,
? Et ecce Elisabeth, sognata tua, et ipsa concepit filium in senectute sua, Luc, c, 1, v. 36.
Fig. 37.
Mariage chez les Juifs, d'après la Bible populaire,
blent les m
les lir
mais sur le!
fianç:
statura
prudent unita cc S,. Cyri
Anna ?