‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 47 sur 112 · AVE MARIA · texte numérisé non relu

AVE MARIA

Qui le savait dans l'univers, hormis les anges, hormis Joachim et Anne, instruits par une révélation divine ?

Toutefois, il est à croire que la création matérielle, moins aveugle et moins insensible que la création intelligente, salua sa maîtresse par des transports et des signes prodigieux. Des Pères et des

y Darras, Légende de Notre-Dame.

: Bourassé, Z7is£, de la V. M, ch. 1v.

mystiques ont pensé que l'aube de ce jour fut la plus douce qui eût souri jamais à la terre, plus douce même que la première aube de l’Eden ; que jamais l'air ne se colora d'un azur aussi pur, aussi profond et transparent ; que jamais le soleil ne se leva si radieux, n’illumina les montagnes d’un éclat si doré, ne para de diamants plus étincelants chaque goutte de rosée, ne déroba au calice des fleurs et ne confia à la brise du ciel des parfums aussi suaves ; que jamais, comme ce matin-là, autour de l'huimble demeure, les oiseaux ne volèrent en telle foule et ne roucoulèrent de pareilles chansons. Ils ajoutent que, au-dessus du berceau de l'Enfant, se dessina une auréole d'argent ‘et d’or, aux rayons nuancés de toutes les couleurs, et que, au chant de la brise dans le feuillage et des oiseaux dans les airs, se mêla un concert d'êtres invisibles dont les accords montant et descendant tour à tour, semblaient chanter l'harmonie rétablie entre le ciel et la terre.

La poésie moderne ne parle pas mieux que ces vieux mystiques, mais elle a dit très bien encore :

Tout est brise, parfum et douceur automnale : On ne sait quelle aurore exquise et virginale. Jamais, depuis l'Eden, jamais le firmament,

Ne s'était coloré d’un azur plus charmant.

De suaves rayons à la pointe des herbes Transformaient la rosée en diamants superbes. Les oiseaux dans les bois, les anges dans les airs Donnaient à l'unisson mille divins concerts *.

1 Voir Maynard, Za Vierge, p. 109 ; Hello, /. cit. etc.

‘““Illud conjicio apud me, nativitatem ejus .... magna quædam atque miranda divinorum signorum indicia præcucurrisse, Quæ tamen illa fuerint, solus ipse sine scrupulo novit quieam sibi antequam nasceretur, in matrem elegit.”” S, Anselme, liber de Æxcellentia PB, AT, apud Migne, Patrol, lat., t. CLIX. A ces paroles, le‘savant pape Benoît X1v déclare donner une pleine approbation,

S. Bernardin de Sienne : ‘‘ Au jour de cette bienheureuse Nativité, tous les Anges descendirent du ciel dans la maison de sainte Anne, pour saluer l’enfant que cette mère fortunée venait de donner au monde, etc.. ..,” Dans Petitalot, Za Vrerge-Mère, a’après la théol, (2 in-12, 1869), t. 1, p. 107.

Catherine Emmerich : ‘Je vis au temps de la naissance de Marie, un grand mouvement de joie dans la nature, et j’entendis des chants harmonieux.”

? Jean Vaudon, missionnaire du Sacré-Cœur.

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Fig. 57. MULLER, L'Immaculée !

Et pendant quela nature souriait, que les anges et les oiseaux chantaient, quels sourires et quels cantiques n’y avait-il pas au cœur de l’heureuse mère ?

S'inspirant de la légende primitive, André de Crète la fait parler comme il suit: “Que la terre entière se réjouisse avec moi! De mon sein, stérile autrefois, est née l'enfant de promesse et de bénédiction, et dans mes bras j'ai le bonheur de la tenir enfin! Je me suis dépouillée des sombres livrées de la stérilité pou me revêtir des ornements joyeux de la fécondité, Qu'elle se réjouisse avec moi, cette première Anne, victime de la jalousie de Phénenna, et que son exemple donne plus d'éclat au nouveau prodige opéré en moi! Qu'elle tressaille d’allégresse, Sara, qui, dans un âge avancé, fut comblée de joie et de bonheur, et devint la figure de ce qui devait m'arriver plus tard, lorsque, après une longue épreuve, je mettrais une enfant au monde! Que toutes les femmes sans enfants célèbrent avec moi, par des chants et des hymnes, l’admirable visite que le ciel a daigné me faire! Que toutes les femmes honorées de la maternité, s’écrient à leur tour avec moi: “ Béni le Dieu qui a exaucé la prière de ses servantes, et donné à ceile qui n'avait pas d'enfants, une enfant, le fruit le plus saint, la vierge destinée à devenir la Mère de Dieu selon la chair, et dont le sein sera un ciel renfermant Celui qu'aucune immensité ne peut contenir !!”

Veut-on les mêmes pensées exprimées dans une langue peutêtre plus harmonieuse encore ? Ecoutons de nouveau le poète que nous venons de citer :

! Jure itaque divino accepto munere Anna, lætitia gestiente animo, magnis vocibus, ut ab omnibus audiatur exclamat: Congratulamini mihi, inquiens, quæ promissionis germen ex alvo sterili procreavi , et benedictionis fructum, ut in votis erat, papillis meis enutrivi. Tristem exui sterilitatis vestem, lætumqne accepi fœcundatis indumentum, Congratuletur mihi hodie celebris illa Anna, Phenennæ æmula et incredibile miraculum quod mihi quoque exemplo consimili obtigit, plausibus prosequatur, choreas ducat et Sara similiter exsiliens, meoque conceptui amota sterilitate subscribat. Adsint simul et reliquæ steriles quæ liberos non pepererunt, mecumque divinæ beneficentiæ munus exaltent ; quo mirum in modum visitare me Dominus dignatus est. Dicat et mater omnis, quæ filios peperit : Benedictus, qui petita dedit petentibus, sterilisque ventris aperuit januam, fructumque ex infecundo semine largitus est, suam scilicet ipsius secundum carnem pr«cellentissimam matrem, cujus profecto uterus cœlum factus est, quando quidem qui nullo loco excipi potest, is in eo contubernium habuit, André de Crète, Æ/om. 1 in Nat. B. V. M., dans Migne, Patrol, r., t, XCVI1, col, 842. L'homélie renfermant ce passage est quelquefois attribuée à S. jean Damascène.

OISEAUX au cœur

te la fait vec moi!

se et de nfin! Je ne revêtir isse avec na, et que en moi!

vancé, fut qui devait e mettrais ants célèable visite notées de Dieu qui à n'avait pas destinée à ra un ciel LV”

gue peutpoète que

agnis vocibus, x promissionis papillis meis E indumentum, bile miraculum s ducat et Sara mul et reliquæ exaltent ; quo nis, que filios januam, frucn carnen Pri£dem qui nullo u, Lin Nat. B.

Ant ce passage

Depuis vingt ans stérile, Anne la gracieuse, Anne, si triste hier, est aujourd’hui joyeuse. Longtemps elle a gémi ; longtemps elle a prié ; Vers le Dieu de Sara longtemps elle à crié,

Mais le ciel a mis fin à son angoisse amère :

Voici qu'elle tressaille..... et l'inféconde est ruère ! — ‘“ Accourez, accourez, Ô femmes d'Israël ;

Voyez entre mes bras ce miracle du ciel!

C'est la femme prédite au commencement, l'Eve Que j'avais tant de fois entrevue en mon rêve ; L'Eve qui sauvera tous les peuples maudits,

Et qui nous rouvrira ta porte, © Paradis!

Plus blanche que les lis des champs de Galilée, Elle est pure, elle est vierge, elle est immaculée. Son âme est un foyer où s’allument les feux Qu'entretient pour l’encens l'archange au fond des cieux. Ne parlez point des saints, elle les outrepasse :

Dès ce premier instant, elle est pleine de grâce, Son âme est un soleil croissant jusqu'au plein jour. Son.âme a commencé dans la grâce et l’amour, Plus haut que n’a fini le séraphin sublime:

Hauteur et profondeur, son âme est un abîme !

Cependant l’heureux père, à son tour absorbé par ie sentiment d'une indicible joie, remerciait le Seigneur d’avoir effacé son opprobre, <et glorifié son nom parmi les enfants d'Israël :

Et le long des côteaux, au soleil de septembre, Joachim contemplait les ceps aux reflets d'ambre.

“ Oui, l'ange avait dit vrai près de la Porte d'or... Je bénis le Seigneur et le bénis encor.

Israël si souvent comparé à la vigne,

Israël donne enfin son fruit : la grappe insigne. Cette grappe bientôt ruissellera le vin

Qui fera l'homme fort, qui le fera divin...

Anne :vait donc raison de me redire : Espère, Marie « vu le jour... Et moi, je suis son père !

Je sen: battre mon cœur dans ma poitrins en feu... Ah! je porte un beau nom: Préparateur de Dieu”

Ainsi avait refleuri la tige desséchée de David au milieu de ces campagnes que la bénédiction de Dieu venait encore de visiter.

Joie du père et de la mère, cantiques de la terre en leur honneur, le vieil hymnographe du moyen âge a tout résumé en un petit

quatrain charmant:

O Parentes,

Quam gaudentes, Quam beatos,

Quam laudatos

Vos facit hæc Filia '!

Oui si joyeux, si heureux, si dignes de toute louange, pour avoir. donné le jour à une telle Fille !

Certabant sæcula !

Sainte Anne n’a pas d'histoire, disions - nous, mais certains hommages lui en tiennent lieu, et mieux que tous les autres, ceux que lui ont rendus les Pères de l'Eglise, Pour la célébrer, saint André de Crète, saint Jean Damascène, George de Nicomédie, Germain de Constantinople, les orateurs et les poètes, ont trouvé des accents d’une piété enthousiaste et vraie.

Les amis de sainte Anne nous sauront gré de ces citations, écho affaibli de la dévotion des anciens jours envers notre chère Sainte,

Nüsser sc

Fig. 58 L'heureux Père.

1 Van Balinghem, Farnassus Mariunus (in-180, Douai, 1624), hymn. 25.

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Un premier Père, que l’on dit être George de Nicomédie, nous offre cette page :

“ Les âges passaient, les prophéties étaient lentes à s’accomplir ; tous les patriarches et tous les justes restaient dans une pénible attente, Abraham avait vécu, et ses descendants soupiraient après le jour qui verrait se réaliser le mystère de la réparation. Moïse l’entrevoyait à travers les ombres des figures, et il espérait en être l'heureux témoin, Cette espérance traversa le désert ; soutien des juges, elle fut de nouveau confirmée à Samuel; David, en proclamant prochain son accomplissement, fit tressaillir ses contemporains Le chœur des Prophètes criait d’une voix vibrante que le Christ allait paraître, mais tous disparaissaient déçus dans leur espoir, car l'époque fixée n'avait pas encore paru, et ceux qui étaient dignes de donner au monde le Sauveur ne s'étaient pas encore mon- (rés...

“ Enfin, le Créateur de toutes choses a décrété la restauration de l'univers, et il a choisi pour instruments de cette œuvre Anne et Joachim, les nobles parents de Celle qui devait no::s mériter enfin l'accomplissement de la promesse, De leur sang, dont la vertu est toute royale, il tire la pourpre royale du genre humain renouvelé Cette faveur rend ces saints patriarches supérieurs à tous les tes et leur confère des privilèges qui surpassent tout éloge, Nous leur devons l’auteur de notre joie et le premier gage de notre bonheur : .”

Un autre Père, déjà connu de nous, André de Crète, nous a laissé quatre homélies pleines de mouvement sur cette bienheureuse naissance de la Vierge, et nous en extrayons quelques passages :

“Que nos louanges s'élèvent en l'honneur de sainte Anne comme les accents d’un chant nuptial! Anne a porté dans son “èn la Dieu-donnée, le gage de la promesse, Sa longue prière lui a mérité l'ineffable grâce d’enfanter Celle qui, par une merveille diviné, à donné au monde un Dieu visible aux hommes et vivant au milieu d'eux.

. ! Nous avons cité de confiance d’après un auteur. L'édition Migne de George de Nicomédie ne nous a rien offert de tel.

“ N'est-il pas juste de porter jusqu'aux nues par les plus magnifiques louanges la mère trois fois heureuse d'une pareille enfant? Les noms de deux femmes, illustres entre toutes, rayonnent dans la chambre nuptiale de sainte Anne, les noms de la Mère et de la Fille, Aujourd’hui, l'une est délivrée de l'opprobre de la stérilité, et l’autre nous donnera bientôt, dans un mystère ineffable, Jésus, son Fils Jésus, Dieu fait homme,

Fig. 59. J. Schraudolph, Nativité de la Vierge, fresque

de la cathédrale de Spire, “Payons donc un juste tribut d'admiration à celle qui, naguère inféconde, enfante aujourd'hui la Vierge, Disons-lui avec les saintes Ecritures: “ Heureuse la maison de David dont vous êtes l’héritière! Heureux votre sein dans lequel Dieu a formé l'arche de la sanctification !..... Oui, heureuse et trois fois heureuse, Ô Vous qui nous avez donné cette Vierge comblée des dons de Dieu, Marie, dont le nom est digne de tout amour comme de tout honneur, et de laquelle est sorti le Christ, la fleur de la vie'!”

! André de Crète, Passim, et pour le d‘inier passage :

Consonas itaque hisce laudes et nos p:rsolvamus ei, quæ sterilis olim vocabatur, nunc autem virginei thalami mater effecta est. Dicamus ad eam una cum sacris painis, dicamus : Quam felix domus Davidis ex quà provenisti ! Quam felix venter tuus, in quo sanctificationis arcam fabricatus est Deus : illam videlicet quæ sine semine ipsum conciperet,

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pas juste usqu'aux les plus louanges rois fois une pant? Les eux femres entre ayonnent chambre le sainte oms de la * la Fille.

ii, l'une e de l'opla stérilité, nous dontôt, dans re ineffa-

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ons donc le, enfante Ecritures :

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s, in quo sanc um conciperet.

Et ailleurs, dans les Canones et Triodia, auxquels nous avons déjà emprunté un passage analogue sur la Conception:

“Par des chants d’'allégresse, Ô Anne, nous acclamons votre Fille, Vous avez porté dans votre sein la brebis immaculée qui a donné au Christ, d prodige! sa substance humaine.

“ Que les cieux tressaillent, que la terre se réjouisse, car le ciel de Dieu, l'épouse de Dieu, est venue dans le monde! Anne la stérile allaite Marie, l'enfant de la promesse! Que son noble époux se glorifie de cette naissance et s’écrie: “ Je vois le rameau sur lequel s'épanouira la fleur du Christ, fils de David!”

“ Seigneur, vous avez fécondé le sein de Sara en lui accordant Isaac dans sa vieillesse, et aujourd’hui vous donnez à la pieuse Anne un fruit de vie, votre Mère immaculée !

“ Aujourd’hui l'univers vous félicite, à pieuse Anne, car vous avez fait naître la Mère du Rédempteur: sortie de la branche de David, elle portera le Christ, la tige et la fleur de toute vertu, etc...”

Voulez-vous entendre maintenant saint Jean Damascène, le dévot et enthousiaste panégyriste de la mère de Marie ?

“ Quel fut le père de ce rameau virginal, quelle fut sa mère ? — Anne et Joachim, unis par le Verbe lui-même, époux dont l'union fut plus divine qu'aucune autre union de la terre, car si le rarmeau a produit un fruit d’incomparable excellence, comment l'arbre luimême ne serait-il pas excellent comme le rameau et le fruit?”

“ Que toute créature se réjouisse donc en ce jour, et célèbre avec transport le saint enfantement de la bienheureuse Anne! Elle

Vere quidem beata es, ac ter beata, quæ divinis muneribus cumulatam puellam genuisti, Mariam, inquam, magnum illud nomen, omni laude omnique honore prosequendum ; ex qua Christus vitæ flos erupit ; cujus et incrementum gloriosum, et præclarissimum puer-

perium, Gratulamur tibi et nos, o beatissima, nostrûm siquidem omnium spem divinitus

datam promissamque prolem edidisti. Beata profecto es, ventrisque tui beatus fructus. Orat, 11 in Nativ. B. M.—Migne, Patrol. gr., t. XCVI, col. 842-3.

! Videamus ex quo genere semper virens virginitatis ramus recta venerit ; quis genitor, quæve genitrix iilius exstiterit : Joachim scilicet et Anna, illustre celebratissimumque Verbi par, conjugiis omnibus divinior compages. Cujus enim ramus omnia exsuperat, cur radix

um eo non maxime congruat ? Joann. Damasc., Æ/om. 11 in Nativ. B. V. M, Migne, Patrol, gr., t, xcvt, col. 686.

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rs mp tre entérinée mnt méninges

a donné au monde le trésor de tous les biens: nulle puissance créée ne saurait le lui ravir, Par ce don inestimable, l'humanité tout entière, ét avec elle, et par elle, toute la nature, a été élevée à un état meilleur, Car l’homme occupe une place intermédiaire entre la matière et l'esprit ; il se trouve comme le lien et le nœud de tous les êtres, soit visibles, soit invisibles, et pour cela même, Dieu le Verbe, en s'unissant à notre humanité, s’est attaché toute la créa.

tion.

Puis sortant de ces considérations quelque peu abstraites, le saint docteur éprouve une sorte de ravissement extatique, et la parole s'échappe de ses lèvres avec une hardiesse pour nous intra. duisible :

“O Anne! 6 Joachim! à couple fortuné! Toute la nature vous doit de la reconnaissance: car c’est vous-mêmes qui lui avez permis d'offrir à Dieu le plus précieux de tous les présents, l'Immaculée Vierge Marie, seule digne du Créateur. C'est là votre gioire, ô Joachim, que de votre Fille nous soit né l'Enfant trois fois béni, l'ange du Grand Conseil, l’Angce du salut de tout l’univers,

“ O bienheureux époux, qui avez mérité ce fruit immaculé !

“ O chaste sein d'Anne, où s’est formé et silencieusement développé ce fruit de sainteté! O entrailles où fut conçu le ciel vivant, plus ‘vaste que l'immense étendue des autres cieux ! O coupes de vie où s’abreuve la nourrice de Celui qui nourrit le monde! O merveille des merveilles ! O prodige effaçant tous les prodiges ! Il était juste que Dieu, voulant s'abaisser jusqu'à nous, se frayât, par des miracles, une route vers son ineffable Incarnation, Mais comment poursuivrai-je ? Mon âme est ravie hors d'elle-même, Mon cœur palpite, ma langue est paralysée; je ne puis plus contenir mes transports; je succombe à ces merveilles ; une défaillance divine me saisit, et mon amour m'égare, Mais loin d'ici toute vaine crainte:

! Omnis creatura una festive oblectetur, ac sacratissimam sacræ Annæ laudet puerperium. Illa quippe mundo bonorum peperit thesauru’n, quem vis nulla auferre possit, Per eum siquidem Creator naturam universam media humanitate in melius commutavit. Cum enim hoino media inter]mentem et materiam sed’: constitutus, rerum omnium cond: tarum, tum visibilium, tum invisibilium, nodus vinculumque sit, profecto rerum artifex Deus Verbum humanæ naturæ copulatum, ejus beneficio creaturæ universe unitum fuit, Joan. Damasc., { sup., col, 662.

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pouvo, fournis témoig

questio Marie :

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US, ou Migne,

Une t 0 par donum om

sola Creat

jactum est matus fuit

latius conc

ipse pronur manet (Joa culorum mi ad ineffabilé

Verum quo

partiuntur,

divino exsti Spiritus cith

fbtéte | l'amour l'emporte et mon âme chante sur la lyre de l'Esprit-Saint : FR Que les cieux se réjouissent et que la terre tressaille !!”

se à un e entre le tous Dieu le la créa-

aites, le e, et la us intra-

Et maintenant, ce béni mystère de la maternité de sainte Anne et de la naissance de Marie, où se passa-t-il ? Des quatres villes qui se disputent cette gloire : Sép: 5ra ou Diocesarée, Bethléem, Jérusalem et Nazareth, laquelle en fut l’heureux témoin ?

nature : ‘ N + + j Les deux premières ont peu de titres à faire valoir, et nous vez : : à ; . axe pouvons de suite les écarter, mais les deux dernières au contraire, mma-

fournissant à mesure à peu près égale de nombreux et sérieux témoignages, laquelle de ces deux fut la privilégiée ?

Le Livre de Jacques ct le Pseudo-Matthien se taisent sur cette question, mais l'Evangile de la Nativité dit positivement de la Vierge

re gloire, fois béni,

culé ! À Marie: /x civitate Nazareth nata. Saint Fulbert Ge Chartres cite

ent déve- cette opinion et n’y contredit pas. Un fragment rapporté par

1 vivant, Nicéphore Calliste, —et pour le dire en passant, faussement attribué

oupes de par lui à saint Hippolyte, évêque de Port au troisième siècle, tandis O mer- Se

| étai : :

| Il était US, Fucris N. Joann, Damasc, Opera Omnia (éd. de Venise, 2 in-fol., 1748), p. 842,

, par des ou Migne, Patrol vr,,t. XCVI, col, 663.

comment Une traduction .atine donne :

Ton cœur À O par beatum Joachim et Anna, vobis omnis creatura obstricta est. ler vos enim enir mes donum omnium donorum præstantissimum Creatori obtulit, nempe castam matrem, qua

sola Creatore digna erat, © lumbos Joachim beatos, ex quibus mundissimun semen

jactum est ! 6 præclaram Annæ vulvam, in quâ tacitis incrementis ex ea auctus atgue furk crainte: matus fuit fetus sanctissimus !

ce divine

ô uterum, in quo animatum cœlum cœlorum latitudine latius conceptum fuit! 6 aream, quæ vivifici frumenti acervum protvlit, juxta ac Christus

ipse pronuntiavit : Nisi granum frumenti cadens in terram mortuum fuerit, ipsum solum audet puer- manet (Joan, XII, 24).

: O ubera, ejus lactentia nutricem, a quo mundus alitur! Ô miraferre possil.

culorum miruculum, et rerum admirabilium res maxime mirabilis ! Æquum quippe erat, ut “4 ineffabilem Dei incarnationem, quà se ille ad nos :nclinavit, iter per miracula muniretur, Verum quomodo ultra progediar ? Mens extra se rapitur, meque metus et parcitas inter se partiuntur, Cor palpitat, et lingua impeditur, voluptatem ferre nequeo : miraculis vincor ; divino exstinctu ly mphatum me affectus reddit, Vincat vero cupiditas, cedat metus, canat Spiritus cithara : Lætentur cæli etexultet terra (Ps, XCV, v. 11)

commutavit.

bnium condiram artifex initum fuit,

qu'il est de saint Hippolyte de Thèbes, écrivain des onzième-douzième siècles, —présente la même affirmation. De plus, des bulles de souverains Pontifes, le sentiment + :1teurs graves comme Baronius, Christophe de Castro, Picinelli, Mgr. Mislin, le père Faber, le

Fig. 60. Nazareth.

docteur Sepp, les abbés Pétitalot, Milochau, Maynard, etc., forment encore un sérieux appoint en faveur de Nazareth '.

1 Fulbert de Chartres : Nata est autem (Maria) juxta relationem et scripturas sanctorum Patrumin civitate Nazareth .../H/ws loin : Nata est in civitate Nazareth beatissima Virgo et mansit ibi tribus annis in paterna domo, Z’atrol, lat., t, CXLI, col, 324.

Baronius, APparatus ad Annales, no 48,

C. de Castro : Ubi vero accessit terminus dierum a natura definitorum, in quo sacer fœtus hujus aeris inclementiam posset sustinere, eo in loco, ubi Joachimus tanto est affectus beneficio, inter ovium balatus, pastorumque hilares concentus Nazarethæ in lucem editur octavo septembris die, Z7ist, Deip., ut sup., p. 60.

Petitalot, à propos de la Santa Casa : Maison sainte, puisqu'elle a été sanctifiée cer tainement par la conception immaculée et par la naissance de la très sainte Vierge, oc cit, Pe FIL,

Sepp, Vie de F.-C,, trad. Sainte-Foye, t, 1, p. 1673; Mgr. Mislin, les Sañn/s /icux; Milochau, Vasareth et Loreite, p. 6; Maynard, Za Vierge, etc,

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