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Le père Faber mérite d’être cité, au moins pour la beauté du style, Parlant de la Vierge :
“ Le Seigneur, dit-il, l'a fait naître sur les montagnes sacrées de la Palestine, encore à cette époque, terre de lait et de miel, terre de promission, toute remplie des souvenirs du peuple saint, Parmi ses provinces, la Galilée est la plus riante ; et parmi les villes de Galilée, Nazareth brillait, entre ses collines, comme une rose épanouie..……., Là, au pied d’un rocher, se reposait la chaumière prédestinée, à moitié cachée sous une touffe de figuiers, de vignes et de lauriers roses assez épais pour servir d'oratoire à sainte Anne,
“ L'édifice consistait en une pièce assez spacieuse sur le devant ;
et dans le fond était un réduit plus obscur, à moitié creusé dans le , s . . » ARTE
roc, C'est là ce que le malheur des temps avait laissé aux héritiers
de Salomon ; mais en revanche, c'est là que s'est passée l'enfance
de Marie et ses beaux jours de paix '.
Il ya en effet une sorte de relation très douce, très intime et qui semblait quasi nécessaire, entre Nazareth, ‘“ fleur de Galilée, ” et Marie, “ flos vérginum."" Picinelli va mème jusqu'à faire ce raisonnement quelque peu hasardé: “Que si Nazareth signifie “cité des fleurs, ” il s'eusuit que la Vierge est sortie de Nazareth, ainsi qu'un lis d’un jardin fleuri, ”’—concluant ainsi de la signification des noms à la réalité des choses”,
UP. F, M. Philpin de R***, trad, des Conf. spirit. du P. Faber, (Sarlit, 1861, in-12), p. 27.
? Picinelli : Quodsi Nazareth significet civéfatem floridam, et Bethlehem, domum panis, sequitur Virginem prodiisse ex Nazareth, veluti flagrans lilium ex florido horto : et ex Bethlehem veluti cibum natritivum ex domo panis, dum nobis omnibus simul et delicias florum, et substantiam cibi profert. Flores qui nobis tribuant dulcedinem mellis ; panem qui nobis conferat alimentum vitæ, (Sywo/a Virginea, anct, Philippo Picinelli, in latinum trad, a D, Aug. Erath, symb.1v), dans Bourassé, Swwma aurea de Laud, V., t. 111, col. 27.
Breydenbach, dans un premier endroit, fait naître Marie à Jérusalem, puis dans un autre, à Nazareth. Nous lisons donc en second lieu : De Sephoro a 11, lieues pres contre le mydi declinât côtre orient est la cite de Nazareth loing. 111, iournees de hierusalem cite de galilée benoite et glorieuse en laglle la vierge de la ligne de iesse fut nee et conçut le fruit Jhesucrist le redempteur a lanûciatiô angelicale elle est loing de la cite de Accon. vii lieues, En ceste cite de Nazareth est encore a present une eglise consacrée en lonneur de la vierge marie q, iadis estoit en grât honneur et reverêce et maitenât elle est toute desolee., Sainctes pérégrinations, ut sup.
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Cependant, malgré l'attrait particulier d’une opinion ainsi recommandée par la poésie et l'harmonie de relations qui semblent toutes naturelles et toutes providentielles ; malgré l'appui que lui prêtent tant d'écrivains sérieux, un franciscain italien, le Père Bassi, a posé à l'encontre cette affirmation très nette qu'il s'est aussi donné la peine de prouver :
“ Marie est née à Jérusalem. ”
“ Cette proposition est certaine de toute la certitude dont puisse jouir le fait historique le plus assuré,”
“Et véritablement, continue le Père, si un fait quelconque de l'histoire peut être prouvé par la tradition, par l'autorité des témoignages et par les monuments, il fautbien reconnaître que ces trois sortes de preuves concourent à l’envi à démontrer notre thèse.”—Et les témoignages, et les monuments, et les preuves diverses sont en effet mises en lumière,
Reprenant la même thèse, Monseigneur Lavigerie a été tout aussi affirmatif, ‘“ Sainte-Anne de Jérusalem est le sanctuaire antique et vénérable qui recouvre, près de la Piscine Probatique, la maison de saint Joachim et de sainte Anne dans la ville sainte, Cette maison est celle où ils ont passé les dernières années de leur vie ; où, tous deux, ils ont rendu le dernier soupir... La tradition constante de l'Orient et celle de l'Eglise d'Occident, enseignent, et historiquement, Æ fait est indubitable, que c'est là que sainte Anne
conçut et engendra Marie *,
Dans un discours adressé à un pèlerinage français, le 8 mai 1891, le P, Léon Cré, des Pères blancs d'Alger, fournit de nouveaux arguments et de nouveaux témoignages dans le même sens”. Incidemment, un peu plus tard, dans une savante étude sur le tombeau de sainte Anne ‘, il exprime encore la même opinion,
! “£a Vergine nacque in Gerusalemme. Questa propositione è certa di tutta la certezza di cui possa godere il fatto storico piu accertato, ?’—Bassi, L'antica Chiesa di Sant’ Anna di Gerusalemme, p. 15 (Gerusalemme, nel Convento dei Francescani coll Imprimatur del Patriarcato, MDCCCLV).
* Mgr, Lavigerie, Z. cit., ut sup.
© Dans Zes missions d'Afrique (d'Alger), juillet-août, 1891.
! Recherche et découverte du tombeau de saint Foachim et de sainte Anne sous l'anti-
que basilique de Sainte-Anne, à Feru:, «m. Etude publiée dans la Aevue biblique, avril, 1893,
A son tour, un fils de saint François, connu de tous les pèlerins de Terre Sainte, et qui jouit d’une grande autorité parmi les palestinologues, le frère Liévin de Hamme, écrivait dans la troisième édition de son Guide: ‘“ Depuis les vingt-cinq ans que j'habite Jérusalem et que je parcours la Terre Sainte en tous les sens, entrant en relation avec les populations diverses qui y sont établies, jamais, je le déclare, jamais je n’y ai rencontré, de la part des Orientaux, d'autre tradition que celle-ci, à savoir que Jérusalem a la gloire d'avoir vu naître la bienheureuse Vierge Marie, Mère du
Sauveur !,
A l'entrée de la Basilique, on peut lire un rescrit de la Congrégation des Rites, ainsi conçu:
“ Au nombre des plus célèbres sanctuaires de Jérusalem et de la Terre Sainte, il faut placer à juste titre l'antique église consacrée à Dieu en l'honneur de sainte Anne, mère de la très sainte Vierge. C'est là, comme le porte une constante tradition, appuyée principalement du témoignage de saint Jean Damascène et de saint Sophrone, patriarche de Jérusalem, que s’éleva la maison où fut conçue
et enfantée la bienheureuse Vierge Marie elle-même
Le saint Siège accorde ensuite, sur la demande de l'ordinaire de cette église, S. Em. le Cardinal Lavigerie, le privilège de célébrer chaque jour, aux deux autels de la crypte, les messes votives de la Nativité et de l’Immaculée Conception.
Saint Jean Damascène parle en effet de l’'humble maison d'Anne, dans ce passage si connu de sa première homélie sur la Vativité de la Vierge :
“ O couple de chastes colombes, Joachim et Anne, en gardant la chasteté que prescrit la loi de la nature, vous avez mérité d’obtenir
| Fr. Liévin de Hamme, Guide Indicateur de la Terre Sainte, 3e éd., t. 1, p. 307.
? 4 Inter sanctuaria Hierosolymorum et Terrx Sanctæ celebriora, merito accensendum est Templum vetusti operis Deo in honorem sanctæ Annæ Deiparæ Virginis matris dicatum ; ubi extitit, uti constans traditio fert, testimonio præsertim sancti Joannis Damasceni et sancti Sophronii, patriarchæ Hierosolymitani suffulta, domus, in qua concepta fuit ac nata beatissima ipsa Virgo Maria.” Rescrit de la Sacrée Congrégation des Rites (26 août, 1880).
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Fig. 62. Autre vue de Jérusalem.
de Dieu ce privilège surnaturel de donner au monde la Mère de Dieu, toujours Vierge. En gardant une v. pieuse et sainte, vous avez mérité d'engendrer une Fille plus élevée que les Anges, et maintenant la Reine des Anges! O Rose qui es née d’entre les épines, c’est-à-dire d’entre les Juifs, et qui as tout embaumé de ton divin parfum ; Ô toi qui es la fille d'Adam et la Mère de Dieu, bienheureuses les entrailles qui t'ont produite, bienheureux les bras qui t'ont portée, bienheureuses les lèvres qui ont reçu tes chastes baisers... Aujourd'hui le salut du monde est commencé, car elle nous est née DANS LA SAINTE PROBATIQUE, c'est-à-dire DANS LA MAISON DES BREBIS, celle qui devait être la Mère de Dieu, de l’'Agneau divin qui efface les péchés du monde,”
Saint Sophrone, patriarche de la ville sainte, avait, un siècle auparavant, préludé à ces pieux transports. Dans un hymne où, absent alors de Jérusalem, il passe en revue les plus saints de ses sanctuaires dont il se plaint d’être éloigné, après avoir parlé du saint Sépulcre et du Calvaire, il ajoute dans un élan de foi: “ J'entrerai DANS LA SAINTE PROBATIQUE, où LA GLORIEUSE ANNE ENGENDRA MARIE ; j'entrerai dans ce temple de l’'Immaculée Mère de Dieu; je couvrirai de mes baisers ces murs qui me sont chers ; je contemplerai avec amour cette place où est née, dans la demeure de ses Pères, la Vierge Reine ; où le Paralytique est monté portant son grabat et déjà guéri par l'ordre du Verbe.”
Nous n'avons pas qualité pour résoudre dans un sens ou dans l'autre une question qui a divisé les Pères eux-mêmes, Seulement,
1 O castissimum rationalium turturum par Joachim et Anna! Vos castitatem, quam naturæ lex prescribit, conservantes, ea quæ naturam superant, divinitus estis consecuti : mundo quippe Dei matrem viri nesciam peperistis. Vos pie et sancte in humana natura vitam agentes, filiam angelis superiorem, nuncque angelorum Dominam, edidistis ! O speciosissima dulcissimaque puella ! 6 lilium inter spinas, ex generosissima et maxime regia radice Davidica progenitum !....06 rosa, quæ ex spinis, Judæis scilicet, orta es divinoque odore cuncta perfudisti ! O filia Adami et Dei mater! Beati lumbi et venter ex quibus prodiisti. Beatæ ulnæ quæ te gestaverunt ; labia item, quibus castis osculis frui concessum est.... Hodie mundi salus inchoata est, Jubilate Deo, omnis terra, cantate, exultate et psallite..., Nobis enim in sancta Probatica, seu pecuaria domo nata est Dei mater, ex qua Agnus Dei qui tollit peccatum mundi, nasci voluit. Joan. Damasc, Z/om. 1. in WNativ., B. V. M., Migne, Patrol, gr., t, XCVI, col, 670.
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Mer, histor dictio:
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Au cc Benoit purem purem dictoir.
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si la tradition est un des canaux de l’histoire, et si, à Jérusalem, où ils ont vécu, saint Sophrone et saint Jean Damascène étaient bien placés pour interroger et au besoin contrôler cette même tradition— pour eux, dans le cas, une tradition locale, —leurs témoignages n'ont plus le caractère d'opinions personnelles et isolées, mais représentent une croyance plus ou moins générale, chose avec laquelle l’histoire a coutume de compter, et dont elle fait parfois le meilleur de ses arguments.
On objecte, il est vrai,—et l’objection a tout l'air d’être fort sérieuse, —les bulles des souverains Pontifess Un des principaux arguments de Mgr Mislin, par exemple, repose précisément sur une bulle de Jules IT relative à la Santa Casa de Lorette, où la naissance de Marie à Nazareth, dans cette même maison, est clairement affirmée, Mais, comme on peut le voir à la simple lecture, ce document pontifical ne fait que constater des légendes populaires et pieuses ; il n’en change point la nature et ne prétend pas les approuver. On doit en dire autant des bulles de Sixte V, d'Innocent XIII et de Pie IX, qui ne font que reproduire les termes de celle de Jules II, et ne peuvent avoir historiquement une autre valeur.
‘On ne peut enfin prétendre, dit Mgr. Lavigerie, comme le fait Mgr. Mislin, que le saint Siège a voulu trancher ainsi la question historique du lieu de la nativité de Marie, sans se mettre en contradiction ouverte avec lui-même,puisque d’une part il approuverait ceux qui font naître la sainte Vierge à Jérusalem, et de l’autre, ceux, en bien petit nombre, qui la font naître à Nazareth. Or, il serait impossible de manquer plus gravement de respect à son autorité, Au contraire, on concilie tout en disant simplement, avec le pape Benoit XIV, que les papes ont entendu laisser, dans une question purement historique, tous ses droits à l'histoire, et qu'ils ont constaté purement et simplement, comme des faits, les témoignages contradictoires qui se sont produits sur le lieu de la naissance de Marie, Seulement, vingt papes, au moins, ont fait insérer ou maintenir, dans le Bréviaire romain, l'assertion d'un des plus savants Pères de l'Eglise
(S. Jean Damascène) qui affirme que la sainte Vierge est née” à Jérusalem, et cinq papes ont mentionné que, “selon la pieuse croyance du vulgaire,” elle est née à Nazareth !.
! Lettre à Mgr. l’évêque de Vannes.
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