VII LES TROIS PREMIÈRES ANNÉES
"AT vu aujourd’hui, dit encore Anne Catherine, une grande fête, dans la maison de sainte Anne. Tout était déployé et rangé à part, dans la partie antérieure de la maison; les cloisons, qui formaient des chambres séparées, avaient été enlevées, et on avait disposé une grande table, Tout autour de la salle, je vis
une longue table basse, couverte de vaisselle, pour le repas.
“ Au milieu de la salle, on avait dressé une espèce d’autel recouvert d’une étoffe rouge et blanche, sur
lequel était un petit berceau rouge et blanc, avec une couverture
bleu de ciel. Près de l'autel, sur un pupitre recouvert, se dérou-
laient des parchemins contenant des prières. Devant l'autel se tenaient cinq prêtres de Nazareth, en habits de cérémonie, et près d'eux, saint Joachim. Dans le fond, autour de l'autel, apparaissaient plusieurs femmes et plusieurs hommes, parents de Joachim, tous en habits de fête, Je me souviens de la sœur d'Anne, Maraha de Séphoris, et de sa fille aînée, Sainte Anne resta dans sa chambre, placée derrière le foyer, et ne parut point à la cérémonie,
“Enoué, sœur d’Elisabeth, apporta la petite Marie, et la plaça
sur les bras de Joachim. Les prêtres se rangèrent devant l'autel,
et récitèrent à haute voix les prières écrites sur les parchemins.
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Joachim donna l'enfant au principal d'entre eux, qui l'éleva en l'air,
en priant, comme pour l'offrir à Dieu, et la coucha dans son berceau, sur l'autel. Il prit ensuite des ciseaux ‘une forme particulière, avec lesquels il coupa à l'enfant trois petites touffes de cheveux, sur les deux côtés de la tête et sur le front, puis les brûla sur un brasier, Il prit ensuite une boîte où était de l'huile, et oignit les yeux, les oreilles, le nez, la bouche, les mains de l'enfant, avec le pouce. Il a uit aussi le nom de Marie écrit sur un parchemin, et il le plaça sur la poitrine de l'enfant. On chanta ensuite des psaumes, puis vint le repas, que je ne vis point.”
Selon toute proba.
bilité, c'est le 22 de septembre, c'est - à - dire, suivant l'usage en Judée , deux semaines après sa naissance, que la sainte Vierge reçut de ses parents et des prêtres le nom de Marie,
Fig. 64. ÆHomélies de Facques, Folio 63 : 1-8. Vierge . à dans son berceau ; sainte Anne dans trois l Il faudrait plutôt attitudes différentes. dire avec Fulbert de
Chartres, Antorin de Florence et les mystiques, qu'elle le reçut de Dieu, et que Dieu lui-même l'avait révélé à la terre par un messager céleste. “ Les saints, disait saint Ambroise, ont ce mérite narticulier de recevoir leurs noms de Dieu même” Qui donc en effet,
! Fortasse, sicut maribus post septerm dies immunditiæ, die octavo, quum circumcidebantur, nomen imponebatur, sic post duas hebdomadas, quibus immunda manebat mater juxta ritum fluxus menstrui (Lez. XII, 5), ipsis feminis, C, de Castro, L, cit, p. 87.
Avant que le pape Innocent XI eût étendu à toute l'Eglise la fête du saint nom Marie, en la fixant au dimanche qui tombe dans l’octave de la Nativité, cette solennité se célébrait toujours le 22 du :nois de septembre.
: Hæs itaque electa et insignis inter filias, non fortuitu quidem aut solo placito parentum ut plerique, sed divina dispensatione nomen accepit...,Fulbert de Chartres, serm, iv; Ze Vativ, B, M, V, Migne, satr. lat., t, CXLI, col. 321.
Habent hoc merita sanctorum ut a Deo nomen recipiant. S. Ambroise, /Zomil. /if.
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excepté Dieu, aurait pu nommer une créature dépassant en excellence et en grâce, non seulement toute réalité, mais toute conception humaine et angélique ! Qui mieux que lui pouvait trouver un nom aux significations diverses, capable à la fois'de dire les perfections de la Vierge et d’embrasser prophétiquement ses destinées ? Nom admirable—on l’a dit partout—plus doux aux lèvres qu’un rayon de miel, plus mélodieux à l'oreille que le cantique le plus suave, plus délicieux au cœur que la joie la plus pure.
“ Et quand les jours furent accomplis, dit le Livre de Jacques, Anne fut purifiée.” Il est à coire en effet que sainte Anne se soumit de bon cœur à cette prescription de la loi mosaïque, malgré une dignité qui semblait lui créer un privilège et lui faire une loi de l'exception même à la loi Cette dignité suréminente, elle ne songea nullement à s'en prévaloir, et une pensée plus haute l'amena au tempie, quatre-vingts jours après la naissance de son enfant: la pensée de l'offrir au Seigneur, comme un hommage de sa reconnaissance, et de la vouer dès lors à son appartenance et service .
Cependant Marie grandissait sous l’aile des anges et sous les caresses de sa mère. Lorsqu'elle eut six mois, Anne la posa à terre pour voir si elle se tiencarit debout toute seule, Et l'enfant fit sept pas en marchant, et revint souriante auprès de sa mère, Et la saisissant entre ses bras, Anne dit: “ Vive le Seigneur mon Dieu! tu ne marcheras pas sur la terre jusqu'à ce que je t'aie donnée au Seigneur dans le temple du Seigneur, ” Et elle la sanctifia dans son lit, et tont ce qui était souillé, elle l’éloignait de sa personne à cause d'elle. E* elle appela des filles juives sans tache pour soigner l'enfant.
" Dei iegem (de Purificatione) non est dubium sanctissimam Annam, pro sua pietate, exactissime observasse, Unde Jacobus Canisius in Sreréis sseditationibus, part, 111, $ 4 “Octogesimo die post, pro solemni puerperarum mors, Jerusalem profecta sanctissimam infantem in templo stitit, eaque solemnibus ritibus oblata redemptaque, suos læta lares repetivit.” Colvener, apud Bourassé, Suwma anrea, t. 111 ; aussi de Castro, /. cf, p. 96.
Et,—disent encore les apocryphes,— quand Marie eut accompli sa première année, Joachim donna un grand festin auquel il convia les Princes des Prêtres, et les Scribes, et tout le sénat, et tout le peuple d'Israël,
VAE Les Et il offrit des présents aux Princes des Prêtres, qui
Fig. 65. Z/omélies de Jacques, folio 61 : La sainte
Vierge présentée aux convives, bénirent l'erfant, disant : “ Dieu de nos pères, bénis cette enfant, et donne-lui un nom qui soit célébré dans toutes les générations, Et tout le peuple répondit : Amen." Et les parents de l'enfant la présentèrent aux Prètres, qui la bénirent à leur tour, disant : “ Dieu de gloire, abaisse tes regards sur cette enfant, et accorde-lui une bénédiction qui ne connaisse pas de bornes.” Et sa mère la prit des mains des Prêtres, la mit au sein, et chanta ce cantijue devant tout le peuple: “ Je chanterai la louange du Seigneur, mon Dieu, parce qu'il m'a visitée, et qu'il enlevé de dessus moi l'opprobre dont me couvraient mes ennemis, Le Seigneur a mis en moi le fruit abondant de la justice, Qui annoncera aux fils de Ruben que Anne est mère? Ecoutez, écoutez, tribus d'Israël: Anne est mère, Anne allaite !”
—" Ceci est tout simplement du sublime,” s'écrie M, Auguste Nicolas ,
C'est toute cette scène qui est sublime,
Or les mois s'ajoutaient aux mois, Quand Marie eut deux ans, Joachim se souvenant de la recommandation des saints Livres: “Si vous avez fait un vœu au Seigneur, ne différez pas de l'accomplir, ” dit à Anne : * Conduisons l'enfant dans le temple, pour remplir la promesse que nous avons faite au Seigneur: car peutêtre sa justice nous punirait-elle, si nous tardions plus longtemps.” Et Anne répondit avec une sorte de pitié pour l'enfant : “ Atten-
1 Aug. Nicolas, Za Pierge Marie et le plan fivin (1895), t. 1V, p. 46.
re les Marie emière ina un il contres, et * sénat, ‘Israël, nts aux es, qui disant :
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res, qui regards Lisse pas mit au nterai la qu'il à ennemis.
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Fig. 66.
Sainte Anne de Jérusalem.
dons plutôt qu'elle ait atteint sa troisième année, parce que, jusque. là, elle pourrait redemander son père et sa mère, Et Joachim dit: “ Attendons."
Cependant Anne continuait auprès de sa Fille son œuvre maternelle, ministère de respect et d'amour, où l'autorité se perdait pour la mère dans la vénération dont l'entourait l'enfant. C'était ce qui a passé dans la tradition, et de là dans les arts, et de là dans le langage, sous le mot d'Education de la Vierge. On a cru en effet que Marie, immédiatement instruite par le ciel en ce qui regarde la science divine, l'avait été par sa mère en ce qui regarde la science humaine, la science expérimentale de Ja terre,
Tous le verrons bien plus loin, quand l'aeure en sera venue, des centaines, 4: milliers d'artistes ont à l'envi exercé leur talent sur ce motif qu'ils appetlent tour à tour: l’Æducation de la Vierge, l'Enfance de la Vierge, la Leçon de lecture, et la gravure, de son côté, a multiplié comme à l'infini les variantes diverses de ce gracieux sujet.
Pour le moment, nous choisissons le type qui nous a semblé de tous le
Fig. 67. L'Education, d’après un acier de Serz, de Nuremberg.
A , NS . A'AN Te en LS CR" S n te-A k plus intéressant, et par le lieu of ous l'avons tiré (Sainte-Anne de Jérusalem), et par l'expression merveilleuse des physionomies, si pleines de religion et de vérité, (Fig. 66.)
Or la troisième année s'accomplit pour la Vierge, et ses parents lui communiquèrent, pleins d'émotion, leur dessein. Mais ils furent bien vite consolés en l'entendant répondre avec le roi David, son aïeul et le leur: “ le me réjouis dans les choses qui viennent de m'être dites: Nous irons daus la maison du Seigneur !”
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C'était la même année, en effet, qu’une parole, venue d'en haut, lui avait dit : ‘* Ecoute, ma Fille, et incline ton oreille à ma voix: Oublie ton peuple et quitte la maison de ton père!” Et la voix du chan-
Homélies de Jacques, folio 97 : tre des cantiques, faisant l:iparatifs de l'entrée au Temple. écho à la voix de David, lea” père commun à tous deux, lui criait: “Viens, ne tarde pas, Ô ma bien-aimée, ma colombe, mon amie!” A quoi elle avait sans cesse répondu, toujours avec le royal psalmiste : “ Quand viendrai-je et quand apparaîtrai-je devant la face de mon Dieu? Quand serai-je admise dans le sanctuaire du Seigneur? Que vos tabernacles me sont chers, 6 Dieu des vertus! Mon âme soupire et défaille après les parvis du Seigneur, Vos autels, Ô mon Maître et mon Roi, sont le lieu de ma retraite et de mon repos! Qui me donnera des ailes comme à la colombe pour y voler? Heureux qui peut y demeurer ! Un seul jour dans vos tabernacles vaut mieux que mille dans les tentes des mortels !”
L'Evangile se taisant sur la Présentation de Marie au temple, il va de soi que ce fait a été contesté. Il l'a été même par des auteurs ecclésiastiques, et pour en nommer un entre plusieurs, nous regrettons de voir un @es nôtres, par exemple, le Père Serry, révoquer en doute une tradition si ancienne, si raisonnable, et, au surplus, si bien établie par la liturgie de l'Eglise, Du reste, pour lui, tout ce qu'on raconte des parents de la Vierge et de ses premières années,
n'est que “fable” et ‘‘inepte racontage des Grecs”,—pour citer
ses expressions les plus adoucies, Quand on a ainsi fait le procès à une douce légende, :1—qu'on l'ait voulu ou non—jeté le ridicule sur une croyance adoptée par l'Eglise, suffit-il, pour se justifier, de se retrancher derrière un mot plus ou moins compris d'un docteur de l'Eglise, et de dire que: “ Louer la Vierge par le récit de choses
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Autel des Holocaustes.
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13 Saint des Saints.
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FOFrLE GUURIL.
Porte triple.
Huldah, où habitaient les prêtres et Îles serviteurs
aux deux portes du midi,
douteuses est indigne d'elle, puisque déjà les faits certains peuvent fournir une si ample matière à l'éloge ! ?”
Mais l'histoire ne discute pas, elle raconte les faits. Quand elle a exposé les contradictions,—et ici, c'est bientôt fait.—elle expose les affirmations.
La première affirmation, c'est celle-ci, que, dans le Temple de Jérusalem, il y avait un lieu de retraite, une sorte de cloître destiné ou député aux personnes qui se consa-
eee i . .
Fig. 70. Prêtre et grand-prêtre juifs. Craient pour un temps au Seigneur, C'est ce que prouvent manifestement divers passages des saintes
! L'ouvrage du P, Serry est assez rare, et ce ne sera pas trop que d’y relever quelques
passages, D'abord, à propos des évargiles apocryphes : Ex impuris illis lacunis biberunt pleno pectore grici scriptores, medix ac posterioris atatis : colligendis fabulis pro more gentis avidissimi, iisdemque amplificandis studiosissimi : Germanus C.-P., Joann. Dam., Andreas Cret., Isidorus Thessal., Georgius Nicom., Cedrenus, Niceph, Call, : quos postremis etiam temporibus Latini non pauci inconsulta pietate sunt imitati ; ne et ipsi in extollenda, ut putabant, Virgine Deipara, Græcis concedere viderentur,
Id unum pronunciabimus : Excepto Virginitatis voto, quod tenera adhuc atate à Deipara nuncupatum fuisse, suo loco demonstrabimus : cxtera qu& vulgo jactantur, de pis Deiparæ genitoribus, Joachimo et Anna, depulsa divinitus sterilitate, Mariam effæta &tate generantibns ; qui de Maria ipsa trienni Deo oblata, sacerdotibusque ac Levitis in disciplinam tradita : qu de ejusdem in Sanctis Sanctorum per annos undecim commorative, donsc Josepho virgæ efflorescentis prodigio designato desponderetur : incerta omnino sunt, ac plane dubia, Serry, Opera omnia (6 in-fol., Lugd., 1770), t. 111, p. 61, sous le titre : Dissertationes historice, critice, polemice, de Christo ejusque Virgine Matre.
Incertains les noms : à propos du culte
: Ad id nil plane refert quo nomine vocarentr, /hia,, p. 62,
Incerta, dubiaque piorum parentum sterilitas. /4id,, p. 62. Vovu et vieillesse :..,, Et hanc ipsam nuncupandi voti rationem, sin minus falsam omnino, st certe dubiam ostendit Patrum auctoritas : Hieronymi, Theodoreti, Petri Chrysologi, Ven. Bedæ, qui tantum abest ut Deiporæ genitores annosos, eflætos, ac steriles dixerint, ut illos potius alia prole auctos existimaverint.
Jbie,, p. 64.
Contre l'entrée et le séjour de Marie dans le temple :
lhid., p. 62-64. Enumération de ce qu'il appelle les ixepfa commenta Græcorum, p. 65, et enfin le mot du Docteur
de l'Eglise : Edmerus Cantuariensis, /#0, ci, ? cap, 4: Indignum esse reputamus, quid dubitabile in laudem ejus reputari ; cum ea qua de ilia vera existunt, tanta landis materia sint refeita, ut quicumque in laudando eam morari desiderat, necesse sit, ut facultas ejus
Magnitudini rei et veritati succumbat, Serry, 414, p. 65.
Ecritures. Les livres de Moïse font déjà mention de certaines diaconesses qui servaient le Seigneur devant ja porte du Tabernacle, après s'être consacrées à lui par un vœu temporaire de chaiteté, II est dit en propres termes qu'elles logeaient de nuit, comme de jour, dans la tente d'assignation ', Le premier livre des Rois affirme le même fait”, A son tour, le deuxième livre des Macchabées, racontant le sacrilège attentat commis par Héliodore pour s'emparer des trésors du temple, nous dit aussi comment les vierges ‘“ qui étaient enfermées ”, guæ erant conclusæ,— enfermées là sans doute—prirent peur et coururent chercher secours auprès du grand prêtre Osias ?,
C'en serait assez du témoignage des saints Livres, mais un historien, écrivant d'office, peut être encore plus précis, et Josèphe l'a été. On peut trouver au cinquième livre de la Guerre Fudaique, non seulement la mention, mais la description du yaris, ou du lieu où les femmes vivaient retirées, roès Womerstur, est-il dit, c'est-à-dire, par “esprit de religion” Cette retraite était fermée par un mur, et on y avait accès par un escalier de quinse degrés”. Peu importe que l'érudition moderne chicane l'historien
l Fecit et labrum æneum cum basi sua, de speculis mulierum quæ excubabant in ostio tabernaculi. Æxod,, C. XXXVIII, v, 8.
? Et quomodo dormiebant (Ophnes et Phinees) cum mulieribus quæ observabant ad ostium tabernaculi, Lib, I Aeg., c. 11, v. 22, Commentaire de Josephe sur ce texte, lib. V Antiguil, ©. W:
© “Eli Pontifici duo filii fuerunt, Ophni et Phinees : hi contra omne jus et fas omnia sibi licere volebant, mulierum insuper religionis ergo confluentium ad sacrum locum, pudicitiam, vel vi, vel dono expugnabant.”?
‘11 Macchab., Ch. HI, V. 19-20.
! Sanctum enim vocabatur templum secundum, et quatuordecim quidem gradibus ec ascendebatur a primo.... Post XIV autem gradus spatium usque ad murum erat decem cubitorum, totumque erat planum. Hinc rursum ali& quinque graduum scalæ ad portas ducebant, qu& a septentrione quidem ac meridie octo erant, quaternæ utrinaque, dur vero ex oriente necessario, nam cum hic proprius locus, religionis causa, mulieribus muro discerneretur, altera quoque porta opus esse videbatur : hæc autem ex adverso prioris secta erat, atque ex aliis regionibus una porta meridiana et una septentrionalis quibus ad mulierum atrium introibatur (des ets tv yovatzwvire, striyos) : per alias enm mulieribus non licebat ingredi, sed neque per suam ultra proprium sibi dicatum septum, Caterum patebat locus iste non solum feminis Judæam labitautibus, sed et extra eam popularibus re/igionis causa venientibus,... °
Flavii Josephi Opera omnia (éd. Havercamp, Amsterdam, 2 in-fol., 1726), t. 11, p. 332 ; Ou De hello Fudaico, Nb. V, cap. v.
* Gradus autem XV a muro qui mulieres segregabat ad majorem portam ducebant Josèphe, /hia., p. 333.
jue ce présent donnan et l’ha ‘parvi
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Aut Ferrata,
rtaines rnacle, oté, Il de jour, firme le , laconrer des étaient -prirent Osias ?, mais un Josèphe Fudai- JULAUNIÈTIS, st-il dit, tait fere quinse historien
cubabant in
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texte, lib,
t fas omnia
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gradibus e erat decem ad portas e, du: vero eribus muro erso Driorlts IS quibus ad
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juif sur l'exactitude de certaines données ou de certaines mesures, si elle finit par reconnaître, comme le KR, P. Pailloux dans sa récente Monographie du Temple de Salomon, l'existence d'un “ parvis réservé aux dames. d'Israël et à leur pensionnat de jeunes filles ".”
D'ailleurs, la tradition des Pères et des écrivains sacrés est formelle autant qu'unanime sur ce point *.
Les Almas—ainsi on les appelait--vivaient dans une profonde retraite, partageant leur temps entre la prière et le service du Temple. A la première aube, après une toilette modeste et simple,
: elles se rendaient à leur oratoire
privé, où elles chantaient en chœur
“les louanges de Dieu. Sept fois
dans la journée, suivant l'usage du
Psalmiste, elles renouvelaient ces
pieux cantiques. Leurs prières
montaient donc au ciel avec le so-
Fig. 71. L'historien Josèphe. leil, elles l'y accompagnaient dans
ÜR. P.X, Pailloux, AZonogr, du TT de Salomon (in-fol., 1885). Il nous semblait que ce colossal ouvrage devait consacrer au moins une page à la question qui nous occupe présentement, Nous avons cherché en vain. Une planche seulement, la planche V, donnant le plan général du temple d’après fa tradition, y compremd le parvis des Gentils et l'habitition des femmes. La légende explicative mentionne seulement (p. 44) ce ‘parvis réservé aux dames d'Israël etc. ” en ajoutant que ‘‘l’emplacement en paraît certain.” Aux pages 90, 126 et autres, il est parlé de ‘‘trois ordres de pierre qui ne sont qu'autant d'ordres d'appartements superposés en étages ?”,..,, ‘chaque étage com} renant vingt-deux chambres.” De l’existence de ces chambres à celle d'un pensionnat, la conclusion est toute trouvée.
* S. Cyrille d'Alexandrie : Hic itaque (Zacharias) prophetico spiritu ad occultorum Cognitionem quasi manu ductus, cum mysterium Virginis de incorrupto partu probe intelligeret, non arcuit incontaminatam purissimamque matrem ab eo templi loco qui “irginibus ex lege designatus erat....Erat autem locus hic spatium inter altare et templum intermedium (+0 peraËn +05 vao xaÙ Wortartipton drasrrna). S. Cyrille Alex, Aa, Anthropomorphitas, cap. XXVH.—Migne, Patr. gr. t. LXXVI, Cal, 1130.
Voir aussi S, Epiphane : Awcoratus, $ 60.
Autres textes nombreux dans Rocchi, Ze Glorie di S, Gioacchino (in‘80, Grotta- Ferrata, 1878), pp. 57-58-59.
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sa course, ct elles y montaient encore lorsqu'il allait descendre sous l'horizon, Vie tout angélique, que la vie religieuse devait reproduire et perpétuer sur terre dans la suite des âges.
De plus, sous la direction des vénérables matrones, les amas du Temple s'appliquaient aux ouvrages propres à leur sexe, Destinées en effet pour la plupart à rentrer dans la vie ordinaire, elles devaient pour cette raison contracter les habitudes, et acquérir peu à peu l'habileté des autres femmes juives. Filer le lin ou la laine, teindre les étoffes en couleur d’hyacinthe ou de pourpre, relever les tissus précieux par l'entrelacement de fils d'or ou par des broderies dont les nuances variaient comme les dessins : tels étaient les arts où elles s'exerçaient journellement !,
Il semble donc que, étant ainsi à la fois maison de Dieu et maison des vierges, le Temple appelait Marie, Il semble aussi que son âge, et ce caractère de simplicité et de modestie, —nous dirions presque de vulgarité, qui devait marquer toute sa vie et toutes ses vertus, lui défendaient, dans l'acte de sa consécration à Dieu, l'extraordinaire, le nouveau, le surhumain, On conçoit Jean-Baptiste rèvant du désert et y entrant dans sa toute première enfance.— On ne conçoit pour la Vierge, ni le désert, ni rien qui ressemble au désert,
De la Présentation de la Vierge au Temple l'Eglise a fait une de ses fêtes, et la célébration en est très ancienne, D'après Métaphraste, elle aurait été instituée à Constantinople en 730.
Mais on peut supposer, non sans raison, que quelques Eglises l'avaient adoptée même avant cette époque. Un sait en effet que dans l'Eglise, —au moins en général,—ce n'est pas l'institution des fêtes qui en amène la célébration, mais plutôt la célébration qui conduit comme de force à l'institution régulière et canonique.—En tout cas, la Présentation, ou comme disaient les Grecs, l'Zztroduction de la Vierge dans le Temple, se célébrait très solennellement chez les Orientaux au neuvième siècle, et elle devint obligatoire pour
lMaynard, Za Vierge, p. 123-126.
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