‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 5 sur 112 · AU LECTEUR IX · texte numérisé non relu

AU LECTEUR IX

de ce côté, et c’est ce qui explique comment tant d'ouvrages, quelques-uns très rares, pourront être cités le long de cet écrit.

Voilà pour les matériaux.

De tant de citations, —malgré l'horreur qu'elles inspirent d’ordinaire,—nous ne pouvons croire qu’on nous fasse un crime.

Il n'y a pas de livres exclusivement personnels, et en tout cas, le nôtre—surtout ce premier volume—ne pouvait pas l'être.

Tout ce qui tient à l'Histoire repose premièrement sur le témoignage, et c’est bien à tort que des historiens ou des biographes, pour avoir l'air plus dégagés d'autrui et plus euxmêmes, refusent de laisser parler leurs témoins, où même d’indiquer leurs sources de renseignements.

Nous avons donc pris pour ce qu'il vaut le fameux Pourvu qu'il ne cile pas! d'une femme célèbre. Nul homme d'aujourd’hui n’a le droit d'improviser, comme il l’entend, la Légende hagiographique ou la Vie de sainte Anne. Ceux qui l’ont fait, ceux qui le font encore, peuvent être de 6ril{ants écrivains, agréables à lire, séduisants, profonds même, mais comme en Histoire, encore une fois, le {émoignage est la première des garanties, quelle créance méritent-ils s'ils n’apportent par leurs témoignages ?

Au surplus, quand un livre comme le nôtre veut non seulement raconter une l%e, mais aussi l'histoire d’une Dévolion, ne lui est-il pas permis, dès le premier volume, de faire coup double, c'est-à-dire de tirer d’une même citation un double témoignage, témoignage en faveur de son récit actuel, témoignage anticipé en faveur du culte dont il écrira plus loin l’histoire ?

Nous l'avons pensé. Et c’est pourquoi, sans précisément faire comme tant d’autres et inscrire dans les marges des livres :

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