‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 51 sur 112 · LEZ · texte numérisé non relu

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diction du prêtre, et sous son cœur, continue-t-elle, ‘je vis dans une gloire ce que j'avais vu en contemplant l'objet sacré contenu dans l'arche d'Alliance. C'était une sphère lumineuse, de la même forme que le calice de Melchisédech, où j'aperçus des symboles figuratifs de la bénédiction, On eût dit du froment et du vin, de la chair et du sang, tendant à devenir une seule et même chose, Je vis aussi, au-dessus de cette apparition, son cœur s'ouvrir comme la porte d'un temple, et j'y vis entrer le symbole mystérieux autour duquel il s'était formé comme un dais de pierres précieuses, ayant chacune une signification, Il me semblait voir l'arche d'Alliance entrant dans le saint des saints du temple. Puis, je ne vis plus que la sainte enfant inondée d'une splendeur extraordinaire, produite par la flamme qui s'élevait de son âme ardente.”

C'était donc la joie : la joie pour l'enfant, la joie pour le père et la mère, la joie pour les prêtres. Un détail du Livre de Facques, qui peut sans doute donner prise à la critique, est ici d’une grâce infinie: Le grand-prêtre Zacharie, entrainé par sa foi sublime, et comme s'il voulait donner plus de solennité au sacrifice d'Anne et de Joachim, ‘saisit l'enfant et la place sur le troisième degré de l'autel, et l'enfant elle-même, visitée en ce moment par la grâce de Dieu, se met à danser de ses petits pieds, avec tous les signes d’une grande joie, ce qui fait que toute la maison d'Israël se prend à la chérir !.”

Les cérémonies saintes étaient achevées, et Marie allait prendre congé de ses parents. Que se passa-t-il à cette heure suprême ?

À quelles douces effusions ne durent pas donner lieu, d'un côté, une sensibilité exquise, de l’autre, une profonde tendresse ? et est-ce assez de ces mots vagues, vulgaires, dépourvus de sens à force de

!'Livre de Jacques, ch. vit. Note de Thilo sur: Æ7 constituit cam super tertium gradum altaris : Etsi altare ipsum gradibus ascendere prohibuit lex (Æxo4., XX, 26) quod ut cum more Judæorum et Ezech. XLIIHI, 17, conciliari debeat, inquirunt Spencerus (de Legibus Hebr., 1. 11, cap. 7), et Joh. Jacobus Cramerus disserens de ara exteriori templi secundi, Codex ut sup., p. 327.

Les Pères ont conservé ce détail, “ Postquam propheta sanctissimis hisce laudibus Mariam cumulavit, eam ad summos altaris gradus deductam Domino Deo obtulit. Tara. sius, in SS, Dei Matrem in T. deduct., Migne, Patrol. gr., t, XCVIN, col. 1494. Voir quelques notes des pages précédentes.

servir à toute fin, pour dire l'âme de la mère et l'âme de l'enfant au moment de la dernière étreinte ?

Même dans les âmes ordinaires, certains senti- « ments, ordinaires eux aussi pourtant, prennent une telle mesure d'infiniqu'ils échap- à pent à toute expression, Quelle parole dira ia som.

me d'amour que représente ce baiser d'adieu : amour de la mère pour la Fille, de la Fille pour la mère, de toutes deux pour le Sei-

Fig, 77. /omélies de Facques, folio 100 : La sainte Vierge {srandie) ne se retourne pas vers

ses parents, gneur ? C'est une croyance chère à l'Eglise et à toutes les âmes pieuses que Marie avait reçu, dès le premier instant de sa vie, la plénitude de sa raison!, et dès lors, ce n'est plus une enfant de trois ans qui se consacre à Dieu et se sépare de sa mère: c'est la jeune fille où le cœur a grandi en même temps que l'intelligence, et qui fait consciemment, volontairement, avec joie et douleur tout ensemble, un acte d'abnégation et d'amour.

Une mère disait à son fils qui allait entrer dans le sanctuaire : “ Oui, va, c'est pour le bon Dieu ! ”’ et elle souriait à travers ses larmes, ’ elle pleurait à travers ses sourires. Quelque chose d'analogue dut accompagner la dernière étreinte d'Anne et de Marie, C'est le vieux Jaxpdwy yskdcaru d'Homère, un mot chrétien, celui-là,

En tout cas, le Livre de Facques dit que “ Joachim et Anne descendirent du temple, admirant et louant Dieu de ce que l'Enfant ne s'était pas retournée en arrière,”

1 On attribue à saint Pierre Damien ce mot : A primo ergo instanti :" » conceptionis in quo ratione uti cæœpit usque ad ultimum vite halitum,

Le Père Rocchi, S, Gioucchino, ut sup., p. 50, cite un texte analogue du moine Epiphane : Ut omnes admirarentur intelligentiam et eloquium ejus, : Germain de Constantinnple: At illa (V. M.) exsultans, gestiensque, tanquam in thalamo, ita in templo Dei gradiebatur: triennis quidem, ut ætatem spectes ; ut autem gratiam, summe perfecta ac consummata, Oraf, 11 in Præs,, Migne, Patrol, gr.,t, XCVIIL, col, 315.

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1.g.78, QUENTIN METSYS, Le mort de sainte Anne, Panneau de la Descendance de sainte Anne, au Musée de Bruxelies.

T Marie, dit le Protévangile, recevait sa nourriture des mains de l’ange.”

Germain de Constantinople, George de Nicomédie, Fulbert de Chartres, tous les Pères, ont commenté ce passage. ‘“ Nourriture matérielle ou immatérielle,” c'étaient chaque jour des “ mets d'ambroisie ” et un “ divin nectar ” qui étaient ainsi servis à la Vierge’. L'inscription que Jean de Wurtzbourg dit avoir lue sur la muraille du

Temple, portait, elle aussi, après le premier vers relatif à la Présentation :

Pascitur angelico Virgo ministerio.

Le moyen âge se plaisait moins que nous à la critique, et il

! Germain C. P: Et quoad’victum ipsi suppeditandum, angeli ei cum timore deserviebant, et sic ab incorporeis spiritibus esca delata, sive corporea hæc fuerit sive incorporea, puella alebatur, Migne, Patrol, gr., t. XCVIN, col. 303.

Mansit autem in Sanctorum penetissimis penetralibus, ambrosiis dapibus ab angelo nutrita, ac sacro potata nectare, ad alteram usque ætatem.... /4ïd,, col. 315.

George Nicom. : Decebat ut illic mysterii symbolo subministrata angeli manu annona aleretur, Migne, Patre/, gr., t. ©, col. 1418.

Quaresmius, dont l’autorité, en matière de traditions Jérosolymitaines est si grande, est favorable à ce sentiment ; il l’adopte même sans discussion : ‘* Dans le Temple, dit-il, Marie était nourrie par le ministère des anges, comme autrefois Elie, et comme le furent

d’autres ermites ; des Pères très graves nous l’assurent, Æ/wcid. 7! Sancte, t, 11, cap. XXI,

acceptait bonnement cette douce et pieuse tradition, Après saint Bonaventure au treizième siècle, Léonard d’Utine, au quinzième, rappelait encore aux âmes chrétiennes ces bénies visites de l'ange à Marie’. Saint Thomas lui-même paraît favorable à cette croyance, quand il dit: “Quelques-uns prétendent que la bienheureuse Vierge, habituée à voir les esprits célestes, ne fut point troublée à la visite de l'ange, mais qu’elle était dans l’étonnement que lui causaient ses paroles, parce qu'elle ne pensait point d'elle-même des choses si magnifiques. Aussi l'Evangile ne dit pas qu’elle fut troublée à sa vue, mais à sa parole *.”

Et l'enfant grandissait dans la retraite, “travaillant à de petites pièces de toile blanche, pour le service du Temple”, comme l'a vue Catherine Emme-

Fig. So.

rich, ou lisant “ des prières d'aprè sur un rouleau de parche- Orsini min.” la que

mort,-

Fig. 79. Aomélies de Jacques, folio 103 : Sans rapports avec le tion, La sainte Vierge nourrie par l’Ange (2 monde, il ne lui était ce- | O pendant pas défendu de voir de fois à autre ses saints parents, — bon ses parents toujours très aimés, —car la religion ne détruit rien de ce opinio qui est bon, pas même, quoi qu’on en dise, l'amour filial. L’Ecriture Ms nous raconte de la femme d’Elcana qu'elle visitait librement son ur fils à Silo aux jours solennels*. De même, au temps de la Vierge, Vos les bâtiments extérieurs du Temple étaient accessibles aux visiteurs, pronor ne c AT à À à : 1 Voir l’appendice des Sermons,. dit que 2 Summ, theol.. Part, IV, q. 39, art. 111, ad. 3. Thilo n'avait peut-être pas lu ce alors « passage. Il dit en effet : Sed non ita assuetam fuisse consuetudini angelicæ docet Lucas and 1, 29, perculsam eam referens, cum angelum vidisset, suavissimis licet verbis se allo- Ares cutum. Thilo, Codex, p. 328. rs Gotti, non seulement n’admet pas ces visites de l’ange, mais soutient que la Vierge « à Jo n’a pas été élevée dans le Temple. Il reconnaît cependant qu’elle y fut présentée. Veritas is in Te religionis christianæ, ut sup., t. 1, p. 283-4. amisit, 3 Samuel faisait le service devant l’Eternel.... Sa mère lui faisait chaque année une betham à petite robe et la lui apportait, I Samuel, ch. 11,, v. 18-19, Gi

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<t quijne comprendra que l'amour de leur Fille et leur piété pour Dieu, n'y aient souvent ramené Anne et Joachim? De l'ineffable joie qui emplissait alors ces trois cœurs, il n'y a rien à dire, parce que c'est simplement de l'ineffable.

Pendant combien d'années se répétèrent ces chères rencontres ? Etant donné, d'après le sentiment commun des docteurs, que Marie demeura onze ans dans le Temple, sainte Anne et saint Joachim eurent-ils 12 juie de voir leur enfant grandie et parvenue à l'adolescence ? Eurentils aussi plus tard la joie d'assister à ses fiançailles, et cette autre plus grande encore, incomparablement plus grande, de contempler de leurs yeux le Redemp-

Fig. So. Mort de Saint Joachim, teur, objet de tous leurs désirs ? d'après /a Vierge de l'abbé + !

Orsini, C'est nous demander, en restreignant

la question à sainte Anne, quelle date nous devons assigner à sa mort,—disons plutbt dans le langage liturgique,--à sa bénie dormition.

On le devine, il n’y a pas de date, pas même une date probable, Encore ici, comme dans la question du mariage de la Sainte, les opinions sont très diverses et très extrêmes. Peut-être pour ces deux raisons, sont-elles ‘encore intéressantes à connaître et nous saura-t-on gré de les exposer. Ce sera très simplement, comme nous avons fait plus haut, laissant à qui voudra, le soin de juger et de prononcer.

Cedrenus, avec la remarquable assurance qui nous a déjà frappés, dit que sainte Anne mourut à soixante-dix-neuf ans, Marie ayant alors onze ans. On se rappelle que selon lui, la Sainte se serait mariée à quarante-six ou quarante-huit ans!

! Joachimus octogenarius decessit, Anna annos nata undeoctoginta vitam finiit. Ab üs in Templum deducta Dei genitrix anno ætatis suæ tertio, undecim annos nata parenses amisit, Neque vero unquam templo excedebat, sed in qua re opus haberet, ad solam Elisa. betham ibat, cognatam et templo vicinam.

G, Cedreni Compendium Historiarum (2 in-8, dans le Corpus ser. 5t. Hist, Byzant., <d. Niebuhr, 1828, t. XXIV=XXV), t, 1, p. 327.

Le P, Croiset adopte ce sentiment !, Petronius, un auteur cité par Antoine de Saint-Elie, propose soixante-six ans”, Marie d'Agréda cinquante-six , et Adrichomius cinquante *.

Les autres opinions n’indiquent pas d'âge, mais un moment quelconque de la vie de la Vierge ou du Christ.

Le moine Epiphane, dit l'Agiopolita, cité par le P. Rocchi, pense que Joachim et Anne moururent pendant le séjour de Marie au Temple”, Stengelius tient la même opinion,

Cependant le P. Rocchi lui-même, et la plupart des auteurs retardent cet événement jusqu'après les fiançailles de la Vierge : les uns sans rien préciser, comme Ludolphe le Chartreux ’, les autres en le plaçant entre ces fiançailles et l'Annonciation, comme de nos jours, le docteur Sepp ‘; le plus grand nombre enfin, en le reculant jusqu'à la naissance du Christ et au-delà.

On lit dans la vie de sainte Mechtilde que la sainte posa un jour cette question très nettement à la Vierge dans une de ses visions : ‘Combien de temps sainte Anne a-t-elle vécu sur la terre? A

1 P. Jean Croiset, Za Wie de la 7, 5, V, Marie (in-12°, Blle:, 1850), p. 43. ? A. de Saint-Elie: L’anno in cui passo all’ altra vita, fu il settantesimo, alquanto piu, di sua eta, nella citta di Gerusalemme : ‘E vita mignavit, dice il Perronio, annos

nata octoginta sex, S. Anna nel euore, etc., ut sup.

# Marie d'Agréda, Vie divine de la T. 5, V. A1. (1884), p. 62.

4 Adrichomius : Concipit igitur Anna 8a die decembris et post novem menses die 8 septembr. in Nazareth Galilææ parit Mariam cujus ortui B. Ioachim, octiduo superveniens, obiisse memoratur 16a die mensis ejusdem, Porro Anna obiit 26 julii, feria 3, anno aætatis suæ 50, Maria jam Christum in utero ferente. Christiano Adrichomio Lelpho (auctore} Theatrum Terre Sancte et bibl. hist. (in-fol. s. 1, n. d.), p. 260.

5 Rocchi, Ze Glorie di S, Gioacchino (in-8o, Grotta-Ferrata, 1878), p. 6.

5 Stengelius, Sacimus et Anna, etc.

7 Lud, Sax. : Virgoigitur Domini cum quibusdam viginibus collactaneis suis, quas ob miraculi ostensionem, et pudoris sui custodiam a sacerdote acceperat, ad domum parentum in Nazareth reversa est, habens secum more solito sui pudoris custodes et testes, .... Joseph quoque secessit ibidem et mutua desponsatione facta, recedit in domum suam, eam dispositurus et nuptiis necessaria provisurus. Ludolphe le Chartreux, Vita Caristi (in-fol., 1865), p. 14.

8 Sepp: Marie avait atteint l’âge de douze ans. C'était alors chez les Juifs l’époque de la majorité pour les femmes. Zacharie remit donc la jeune Viergé entre les mains de ses parents à Nazareth pour qu'elle y fût mariée ... Sepp, Vie de F.-C., Sainte-Foi, t,

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CY FINIST DE MADAME SAINCTE ANNE 19x

quoi la Vierge répondit : ‘ Jusqu'au retour de mon Fils de la terre

d'Egypte" Les Xéveélations de Catherine Emmerich sont conformes à cette donnée”. Suivant elle, Jesus aurait eu alors “huit ans moins trois semaines ”

Saint Vincent Ferrier, Dorlandus, Martin Anastase, abbé du Mont-Cassin, Gautier Born, Clisorius, Pelbart de Themeswar, Lansperge, Polius, Thomas de Saint-Cyrille, Tillemont, Mansi, et de nos jours, le P. Didon,—sans parler de tant d’autres auteurs et de la plupart des artistes, peintres, graveurs, et sculpteurs, —ont cru qu'il avait été donné à sainte Anne de vivre jusqu'à l’adole :ence de la Vierge et jusqu’à sa maternité, de connaître Jésus enfant et de jouir pendant quelques années de si compagnie *,

La Vierge adolescente ! la Vierge-Mère!—Saint Luc, Cimabué, Giotto, fra Angelico, Perugin, Schaffner, “divin Sanzio”, divin

1 Anonyme, Das Buck der geistlichen Gnaden (3 in 180, Regensburg, 1857) t. 111, p. 63, sous le titre ; Aufseichnungen aus dem beschauliben Leben der gottseligen Gungfrau Mechtilais von Herfeda, * 1297.

*: Catherine Emmerich: Après le départ de la sainte Famille, sainte Anne se retira dans le désert, où elle vécut jusqu’à l’âge de soixante-dix-huit ans, Quoique l'enfant Jésus connût le lieu de la retraite de son aïeule, et la sévère mortification qu’elle y pratiquait, il avait tout caché à sa divine mère, qui fut longtemps très inquiète sur le sort de sainte Anne,

Un jour que l'épouse de ssint Joachim exhalait en présence de Dieu, son ardent désir ‘le revoir la sainte Famille, elle fut exaucée, au delà de toute espérance, Ouvrant la vue qu'elle tenait souvent fermée, pour ne pas être distraite dans ses continuelles méditations, elle aperçut dans le lointain, trois voyageurs. Son cœur lui dit aussitôt que c'était Jésus, Marie et Joseph qui revenaient de leur long exil; et si ses membres endoloris le lui eussent permis, clle aurait couru à leur rencontre ; mais la maladie la clouait sur la terre nue, qui était sa couche ordinaire. Force lui fut d'attendre, Mais cette attente fut de courte durée, car la sainte Famille arriva aussitôt auprès d'elle. Quelle joie inexprimable de côté et d'autre! Quel bonheur de se revoir, après une si longue absence !.... Aus-i que d’abondantes larmes de joie coulèrent de tous les yeux !....

Le Sauveur qui savait que la mort de cette femme priviligiée approchait, voulut la soutenir lui-même dans ses derniers instants, Aéé/ations.

# S, Vincent Ferrier,— Voir l’appendice des sermons,

Dorlandus : Ad novum Testamentum idcirco pertinere visa est (Anna) quod jam præsentem agnovit Christum Salvatorem. Dor/andus dans Ludolphe, Vita Christi, ut sup., p. 741. Martin Anastase, Gautier Born, Clisorius, cités par Ths. de S.-Cyrille, A/ater honorificata, p. 126 et 465. Pelbart de Temeswar : Quantas S. Anna consolationes

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Fig. 81. Vierge de Raphaël.

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Polius : advolasse, q urgebat, ut € natum Nepo Thamas Tillemo oportere, SS, utriusque me epist, 98, $ 4 exCipias, huj collecta (Pate Mansi :

P, Dido:

Andrea de Florence, quel pinceau va nous donner son portrait, ou comme disait naguère un doux poète :

Fondre dans un rayon de couleur éphémère,

Son sourire de Vierge et sa beauté de Mère ?

Fig. 83. ANDREA DEL SAR10, la Madone

de la galerie Pitti, Florence.

On sait bien la légende :

Tout le sujet déjà vivait là sur la toile :

Le lis fleuri, la robe et les longs plis du voile;

habuerit in Spiritu, quotiens Christum Dominum amplexabatur, osculabatur et etiam ejus Matrem Virginem quæ omni gratia et suavitate plena fuit. Cité par Polius, Zxegeticon, p. 118.

Polius: Anna credenda est in Bethleem, quamprimum filiam suam peperisse audiebat advolasse, quia non solum ad filiam pietas, sed etiam devotio eam ferventissima ad nepotem urgebat, ut quantocius atque sine dilatione tam filiam suam puerperam, quam suum mox natum Nepotem videret infantulum....Polius, Æxegeticon, p. 117.

Thamas a S. Cyrillo, w4 sup.

Tillemont et Sandini : Tillemontio videtur (Awnot. 3 in S. Virg., p. 359) illud credi oportere, SS, Joachim et Annam excessisse post Christum natum, iâque ea de caussa quod utriusque memoria solemni precum officio colitur ab Ecciesia, quæ ut docet S. Bernardus, epist, 98, $ 4, non consuevit sanctis ullis ante ortum ( hristi vita defunctis, si Macchabæos éxCipias, hujusmodi honorem tribuere, Sandini, Æ/istoria familie sacre ex antiquis monum. collecta (Vatavii, 1745, in-8o), p. 327.

Mansi: Voir l’append, des sermens.

P. Didon : Féçus- Christ (in-129), p. 108.

Près du fuseau qui dort, le saint livre posé ; L'ange blanc qui descend du nuage rosé,

Et va dire l'Ave du sublime message,

Il ne manquait plus rien au tableau qu'un visage, Visage de la Vierge, ineffable portrait !...…..

Et là, devant sa toile, Angelico souffrait,

+ Ce visage !......Il le faut souriant et sévère, Entrevoyant la crèche et rêvant au Calvaire, Réflétant à la fois la Croix et le berceau...

Mais j'ai beau tourmenter mon front et mon pinceau, Depuis trois jours j'attends, je commence, j'efface, Je recommence encore......et rien qui satisfasse ….. Je promène au hasard mon crayon inquiet.”

Et là, devant sa toile, Angelico priait,

Rien ne vient ; l'idéal flotte dans son génie :

“ Ce front où la splendeur à la grâce est unie,

Il est si doux, il est si pur, il est si grand !...... Ma foi le sent, mon cœur le voit et le comprend, Mon âme en est ravie, elle en est possédée,

Mais ia main me trahit et fausse mon idée :

Je ne fais rien de beau, de vrai, rien de complet ! "”

Et là, devant sa toile, Angelico tremblait.

Et quandiil a longtemps souffert, prié, tremblé, il faut qu'un

ange vienne pour que “l'ineffable portrait,”

et alors fra Giovanni peut pleurer à son aise,

Par la main d’un artiste invisible achevé, Soit tel qu'Angelico l'avait toujours rêvé ;

senti, et il l’a dit:

Et là, devant sa toile, Angelico pleurait ,

1 Le R. P. Delaporte, S. J.

De fait, le poète l'a

“(ZSST 2p UOES) LIVHAANOS ODFTAONY ‘ATIOL VS LNVAAQ ‘VI LA RUE

Ce que le pinceau ou le ciseau n'ont pu faire, la parole ou la plume le feront-elles ? Maint écrivain a tenté l'entreprise, et encore en ces derniers temps, l’auteur de Beu-ÆHur, un protestant, a pensé y réussir, Nous-même, nou: avons recueilli cette page, et nous nous en servirons peut-être ailleurs, mais si elle est un hommage, elle n'est pas un portrait, elle n’est pas Z portrait, et cela, sans doute, parce que, pour la plume comme pour le pinceau, Æ portrait est ‘ ineffable." Pour la plume, il n'y a que cette inscription qu'on trouve au bas d'une image quelque part en Italie: Ave, bella Maria !

On ne dira jamais rien de plus beau!

Sainte Anne, elle, l’a vue, la Vierge adolescente, la Vierge-Mère,

“Et en effet, disait Lansperge, si le saint vieillard Siméon mérita, à force de prière, d'être averti par l’Esprit-Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir contemplé de ses yeux le Christ du Seigneur (Luc, II, 26), que devons-nous penser de sainte Anne? Ne savait-elle pas, par une révélation divine, qu'elle devait elle-même enfanter la Mère du Sauveur? Et n'aurait-elle pas en même temps reçu de Dieu la promesse qu'elle ne mourrait point, elle non plus, sans avoir vu le Christ du Seigneur,le Messie promis, le Sauveur du monde, son Petit-Fils, le Fils de sa Fille, la chair de sa chair ? Concevez dès lors de quels désirs elle se consumait dans l'attente de ce jour prochain où elle contemplerait la lumière de ses yeux et le bien-aimé de son cœur, Combien de fois elle dut s’écrier dans ses ferventes oraisons : “ Oh! ei je pouvais mériter de voir le Fils de ma Fille, le salut du monde, la gloire de mon peuple! O tant heureuse je serais si, du sein de ma Fille, naissait le Sauveur des nations! Puissé-je vivre ce jour où mon amour exultera sous ses baisers divins ; où, dans ma chair, je verrai; où, sur mon cœur, j'étreindrai mon Dieu !”

Et un peu plus loin, quand le pieux orateur a raconté l'enfantement divin de la Vierge, il nous montre sainte Anne courant en grande hâte à la crèche de Bethléem, pour prendre en ses bras l'Enfant d'amour et lui dire, et lui faire toutes les tendresses et toutes les caresses d’une grand’maman.—Admirable simplicité d’un autre âge où prêtres et fidèles trouvaient très juste et très vrai un langage tout fait de cœur et de sentiment! Voyez la, la grand’-

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maman, comme elle nous est ici représentée : “ De quels yeux elle regarde ; dans quelle suavité, quelle allégresse spirituelle, quel ensoleillement, quel amour inénarrable sa contemplation se berce ! comptez les baisers qu'elle imprime sur ces petites lèvres! Voyez comme en retour le petit Enfant étend ses petits bras, les arrondit autour du cou de la grand'-mère, et s'incline sur son sein, et lui fait des sourires, et lui rend ses caresses! Comment dire l'exultation de la tant heureuse femme ? Quels élans, quels rayons, quelles illuminations radieuses ! quelles flèches de piété, de reconnaissance et d'amour traversent son vieux cœur qui n’en peut plus de joie!”

Maintenant que sainte Anne a vu le salut d'Israël, et parce qu'elle l'a vu, elle peut chanter comme Siméon son Vunuc dimittis,

| On peut comparer avec te texte :

Si enim Simeon seni in Spiritu Sancto responsum est (quo intelligitur multis ipsum id precibus flagitesse) non visurum illum mortem nisi ante videret Christum Domini, quid de beatissima putabimus Anna? Erat namque cœlitus instructa, quod Matrem esset paritura Domini, Putatisneigitur, fratres, quod non simul quoque ei fuerit promissum, ut non videret mortein, nisi ante videret Christum Domini, nisi videret Messiam futurum, nisi videéret mundi Salvatorem suum Nepotem, suæ Filiæ Filium, suam carnem ex carne sua, hoc est, ex Filia sua? Hinc cogitate quantis cruciabatur quotidie desideriis ; ut tempus illud adveniret, quo oculorum suorum desiderabile lumen exuberantissimasque cordis sui delicias videret ! Quoties credendum est Beatissimam Annam in suis exclamasse orationibus : O si videre merear ex mea Filia Filium, mundi salutare, et decus gentis nostræ ? O me felicem si de utero Filiæ mex salus nata fuerit omnium !..., Utinam hunc vivam diem, quo in hujus Nepotis mei ruam oscula! utinam aliquando mihi liceat illum cordi meo infantem astringere ! O quando erit ut videam in carne mea, quem adoro Deum! ...

(Puto) quamprimum Annam in Bethleem advolasse, quia non solum materna ad Filiam pietas, sed etiam devotio eam ferventissima ad Nepotem urgebat.... Festinabat infantem in ulnas accipere, ei colloqui, ei adjocari, ei (ut solent aviæ) blandiri O quibus oculis eum intuita est! O quid dulce:linis, quid lætitiæ spiritualis, quid luminis, quid amoris inenarrabilis, mox ubi illum contemplata est, sensit ! o quam celeri fiducia, quam ardenti devotione pignus illud in sua brachia accepit ! © quam amantia eidem cscula impressit ! Jam vide e diverso quoque puerulum, ut solent infantes, bracchiola sua extenentem, atque Aviæ nitidum collum circumplectentem, eamdem osculentem, super pectus ejus se reclinantem, et Annæ felicissimæ aviæ suæ arridentem, Quid inter hæc exultationis et lxtitiæ beatissimæ Annæ receperunt præcordia! Quis exprimet quos radios, quos stimulos, quæ jacula illuminationis, devoticnis, amorisque in cor Annæ aviæ suæ Jesus ipse

ejusdem Nepotulus adjecit. Lanspergius, cité d'après Thomas de St-Cyrille, Hater kon., ut sup., p. 127.

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Fig. 8.

RAPHAEL, Sainte- Famille de Naples.

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et s'en aller en paix. Selon les traditions, c'est à Jérusalem * qu'elle s'endormit dans le Seigneur ; et ce fut un mardi, jour qui, de temps immémorial, est pour cette raison consacré à sa mémoire *.

Les enfants des Hébreux fermaient les paupières de leurs parents que la mort venait de frapper ; ils les accompagnaient au chamg du repos, ou, comme on disait, à la “maison des vivants”, pour réunir leur restes aux ossements de leurs pères ; prenaient le deuil et gardaient un jeûne rigoureux onze mois durant”. C'est dire que la meilleure des Filles rendit de cœur tous ces chers devoirs à la meilleure des mères.

, * * * Où sainte Anne fut-elle inhumée ?—N ouvelle question controversée et qui, en ces derniers temps surtout, a soulevé d’intéressants débats.

Ecoutons d’abord M. de Saulcy :

“ Les corps de saint Joachim et de sainte Anne furent ensevelis au pied de la Montagne des Oliviers ; leur tombeau y est encore aujourd'hui vénéré, Quelques auteurs prétendent qu'ils ont été enterrés dans une grotte creusée scus la maison qu'ils habitaient à Jérusalem, non loin du Temple, et que, plus tard seulement, on transféra leurs restes dans un sépulcre voisin du Mont des Oliviers ; mais il est bien difficile de se ranger à cette opinion, quand on se rappelle qu'une loi défendait aux Juifs d’inhumer aucun cadavre

dans l'enceinte des villes et des bourgades *,

l Thomas de St-Cyrille, AZater kon., ut sup., p. 466 ; Polius ; Catherine Emmerich : On transporta ensuite cette sainte femme à Jérusalem, dans une maison qui lui appartenait, et c’est là qu’elle expira dans le plus grand calme, entre les bras et sur les cœurs de Jésus, Marie, Joseph.—Rocchi, S. Gioacchino, p. 65: Gioacchino morisse a Nazaret ed Anna in Gerusalemme,

* Sicut dies sabbati ad honorem sanctissimæ Dei genitricis a clero et populo missis et orationibus colitur, ita commemoratio matris ejus ad minus in hebdomada semel celebretur..,. Ad hanc memoriam hebdomatim tertia feria satis videtur congrua, in qua ut nata fuisse videtur et mortua, Denique in multis locis consuetudo laudabilis obtinuit : et non minori reverentia in commemorationem sanctæ Annæ tertia feria celebretur quam sabbati dies in memoriam Dei genitricis in Ecclesia fidelium agitur. Trithème, 2e Laudious Sme Matris Anne, Leipzig, in-80 carré, s. d. [1494], non paginé, cap. X1H1.

* Basnage de Beauval, Hist, des Juifs... VI, C. 24, ct ailleurs.

! De Saulcy, Dict, des antig. bibliques, au mot Suint-Sépulere, t, 111, p. 777.

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Longtemps avant M. de Saulcy, Adrichomius écrivait, sous forme d'intitulé : “ Sépulcre de la B, Vierge Marie dans la vallée de Josaphat, près du jardin de Gethsémani, au pied du Mont des Oliviers.—En ce lieu, église construite par Hélène.-—A peu près au

même endroit, sépulcre d'Anne et de son époux Joachim !,”

Pour Monseigneur Lavigerie, ce point d'histoire ne fait aucun doute, et aussi bien il en parle très affirmativement :

“Il est incontestable, dit-il, que les tombeaux de sainte Anne et de saint Joachim ne furent point, à l'origine, placés près de leur demeure. C'était une loi inviolable chez les Juifs, comme chez les Romains, que l'on n'enterrât pas les morts dans l’intérieur des villes: În civitate ne sepelito, neve urito. Les deux saints patriarches durent donc être ensevelis, selon l'usage, dans la tombe de leur famille ; et en effet, la tradition de Jérusalem nous apprend qu'ils furent enter-

rés dans la vallée de Josaphat *.

Pourtant, sur l’objet qui nous occupe, le frère Liévin mettait discrètement au bas d’une page de son précieux Guide: “Il est vrai que l'authenticité de ces derniers tombeaux (à Gethsémani) est contestée, Ni les historiens des Croisades, ni les relations des pèlerinages de cette même époque, ni d’autres ouvrages antérieurs au quinzième siècle ne parlent de la tradition qui les place ici”.”

Gethsémani affirmé et ensuite contesté, il restait de le nicr, C'est ce qu'a fait en ces derniers temps un palestinologue éminent dont l'autorité nous a déjà servi d'appui, le Père Léon Cré. Pour lui, les bienheureux parents de Marie furent enterrés à Jérusalem, dans une crypte de leur maison même, Ecoutons au moins l'exposé de sa thèse :

“ L'opinion générale place, de nos jours, le tombeau de saint Joachim et de sainte Anne à Gethsémani, sur le flanc droit de l'escalier monumental qui descend au tombeau de la sainte Vierge, en l'église de l’'Assomption.

“Il n’en fut pas toujours ainsi. À Dieu ne plaise que, avant

! Sepulchrum B. M. V. in valle Josaphat juxta villam Gethsemani, ad pedem montis Oliveti.—Hoc loco ecclesia ab Helena constructa. Eodem pene loco $, ‘Annæ virique ejus sepulchrum. Adrichomius, /, «if, p. 171.

? Document déjà cité.

3 Fr, Liévin de Hamme, Guide indic, de la T. Sainte (3e éd.), t. 1, p. 324.

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Tombeau de la Vierge et de sainte Anne.

Fig. 86.

d'avoir trouvé des témoignages nombreux et péremptoires, je tente jamais de discréditer un endroit vénéré de tous comme Lieu-Saint. Pour vous rassurer, et enlever les pieuses et légitimes inquiétudes de quelques-uns, nous citerons d'abord certains passages de plusieurs anteurs célèbres contemporains: M. le comte de Vogüé, le cher Frère Liévin......,le R. P. Rocchi, moine grec basilien du couvent de Grotta-Ferrata, Monseigneur Mislin et le R. P. Bassi, jadis historicgraphe de Terre Sainte.

“ Nous rapporterons ensuite les attestations des vieux pèlerins.

“Quand, en remontant de siècle en siècle, les textes finiront par manquer, nous appellerons la basilique elle-même en témoignage : ses pierres vénérables prendront une voix.

“Quand manquera toute preuve historique, nous descendrons dans la crypte, la pioche à la main, et nous creuserons, pour la plus grande gloire de Dieu et la glorification des illustres parents de la très sainte Vierge.

“Si alors, à l'endroit précis indiqué par les livres, à l’emplacement le plus sacré de la basilique de Sainte-Anne, et formant sous l'autel ce qu'on appelait CONFESSIO, dès les premiers siècles du Christianisme, nous trouvons, suffisamment conservé, malgré les pieux larcins des fidèles et ses dix-neuf siècles d'existence, un caveau sépulcral taillé dans le roc à la manière des tombeaux hébreux, vous aurez bien le droit, Messieurs, de redire en toute joie avec nous: Voilà vraiment le tombeau de sainte Anne !”

Nous ne pouvons suivre pas à pas la savante démonstration quisuitce préambule, mais nous croyons utile de recueillir quelques citations ici et là :

“ Dans le livre intitulé: Les gloires d: saint Foachim d'après les Pères orientaux, et publié en 1878 par le P. Rocchi, moine basilien du couvent grec de Grotta-Ferrata, près de Rome, on rencontre les passages suivants: “ Les reliques de saint Joachim et de sainte Anne furent déposées ensemble dans leur maison de Jérusalem, laquelle fut, depuis, convertie en église |.”

! Nous avons trouvé le texte original :

Ma comecche Gioacchino morisse a Nazaret, ed Anna in Gerusalemme, :l deposita delle loro reliquie fu unitamente fatto quivi nella cosi detta Casa, che poscia fu convertita in tempio. Rocchi, Ze Glorie de S, Gioacchino, ut sup., p. 65.

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nte “ Dansson bel ouvrage souvent réédité, Les Saints-Lieux, Monint. seigneur Mislin donne également un renseignement utile sur le de sanctuaire de Sainte-Anne de Jérusalem :

urs “Cependant on permettait quelquefois, à prix d'argent, aux her pèlerins, notamment pendant les quatorzième, quinzième et seizième ent siècles, de pénétrer dans la crypte de l'église où ils vénéraient, soit sto- les tombeaux de saint Joachim et de sainte Anne, soit le lieu de la nativité de la sainte Vierge ”.

ns “On croyait que les parents de la sainte Vierge avaient été ront inhumés en ce lieu avant d’avoir été transportés dans la vallée de MOI» Josaphat. ” Parmi les anciens auteurs, c'est-à-dire ceux des quatorzième Le et quinzième siècles, le Père Cré invoque encore en sa faveur le plus dominicain allemand Fabri', Etiennne de Gumpenberg *, l’anonyme de la italien de 1384 *, Guillaume de Baldenzel#, l'anglais Jean de Mandeville , Ludolphe, curé de Sudheim, lace- 4 Il faut noter aussi quelques-uns des arguments personnels du sous , .

conférencier :

s du s les NA , un UP, Fabri, £vagatorium, t. 11, page 129 : ‘‘.... Venimus in unum pecum, in quo dicunt primo fuisse sepultos Joachim et Anna, parentes B, V, Mariæ...,”, Années Eaux 1480 et 1483.

b joie ARE t Re ; PE à L : Etienne de Gumpenberg, Xeisebuch des Heyligenlands, page 238 : ‘..., Près de là, dans la maison même où Notre-Dame fut mise au monde, et au-dessus du forbeau tion de sainte Anne, s'élevait un très beau couvent. ” lques #4,,,,E poi (de la Porte dorée) n’andarete a santa Anna e trovarete lo sw0 monimento e del suo marito santo Giovachino ; e furo padre e madre della Vergine Maria”, (Vrag. in TS, page 445.) s Les , Baldenzel, en 1330, Æodeporicum ad Terram Sanctam ‘...,{Æt Ecclesia B. Annæ silien aviæ Christi, satis pulchra eidem piscinæ est contigua, ubi V. Maria concepta et nata e les fuisse dicitur, sepu/turaque Soachim et B. Anne parentum ejus in quadam crypta sub- . terranea ostenditur ainte 5 Jean de Mandeville, en 1330, Zinerarinm a terra Anglie in partes hierosolymit, : hlem 33 8 d ‘,.. parentumque illius S. Joachim et Annæ tumba saxea miratur in decensu ecclesiæ post XXII gradus ”, “ Ludolphe, curé de Sudheim, 1336, Zibellus de Terra Sancta, cap. XCI: : ‘4... Juxta templum, non remote, versus aquilonem, est ecclesia in qua beata Virgo Maria eposito fuit nata, et ibidem #eata Anna cum Foachim viro suo in quadam caverna subterrannea

vertita est sepulta.”

‘“ On n’enterrait pas dans les maisons, diront les critiques.—La sainte Ecriture rapporte que le prophète Samuel et le roi Manassès furent ensevelis dans leurs maisons. D'ailleurs, éloigné de deux mèêtres de la chambre de la Nativité, le tombeau pouvait se trouver sous le jardin de sainte Anne, jardin mentionné déjà par le Pror. vangile et contigu à la sainte maison.

“— Mais on n’enterrait pas dans les villes.

“Oui, mais à la mort de saint Joachim et de sainte Anne, la colline de Bézétha était hors des murailles. Hérode-Agrippa construisit et acheva la nouvelle enceinte vers l'an 44 de notre ère.

“On n'enterrait pas dans les villes! C’est même la raison pour laquelle la sainte Vierge, mourant après l'an 44, ne put être ensevelie dans le sépulcre de sa famille, et qu'on dut choisir un sépulcre neuf en dehors des nouvelles murailles."

Tel est, en substance, un plaidoyer qui occupe à peu près cent pages de la Revue biblique. Encore ici, nous n'avons pas qualité pour juger. Seulement nous ne pouvons nous défendre de penser que si les deux partis sont divisés, c'est peut-être faute de s'entendre et de faire réciproquement une concession.

La concession des deux parts serait que les reliques des bienheureux parents de la Vierge ont pu être transférées à telle époque ou à telle autre, les uns diraient de Gethsémani à la crypte de l'église Sainte-Anne actuelle, les autres, de cette même crypte à Gethsémani. Monseigneur Lavigerie admet et prouve que la maison de la Prob:tique a renfermé le corps de la Sainte, mais sans contredire la tradition relative à l’église de l'Assomption. Rien n'empêche en effet que les saintes reliques aient occupé successivement deux endroits différents. La question de priorité de l’un sur l’autre est peut-être en somme secondaire, ou si elle ne l'est pas, on la simplifierait de beaucoup en avouant de bon cœur, dès le commencement, qu’on n’en peut rien dire, parce que positivement on nen sait rien. D'ailleurs, si maintenant et dès longtemps, ces deux tombeaux sont vides, il importe moins peut-être de discuter.

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tour ? C'est ce que nous essaierons de dire au moins sommairement tout à l'heure, en attendant les développements que certaines traditions locales pourront exiger de nous ultérieurement,

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tulé de cet article, “ Cy fuist ” ce que la tradition chrétiennne nous apprend de sa vie,

Il reste maintenant la Survivance, chose complexe et glorieuse autant que la vie fut simple et obscure.

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