‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 68 sur 112 · XI · texte numérisé non relu

XI

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des autres sujets', Il y a d’autres sujets en effet, tels que la Cowception et la Nativité de la Vierge, et ils sont traités avec non moins d'ampleur.

En ce neuvième siècle où nous sommes arrivés, il paraît bien que la légende de sainte Anne avait trouvé plein crédit en Orient, et que les âmes chrétiennes aimaient à se l'entendre toujours ét partout répéter. Après Germain et Tarasius, il y aura donc, à Constantinople encore, un Nicétas surnommé Paphlago, un Léon l'empereur, même un Photius, pour reprendre ligne par ligne et commenter le Protevangile de: Jacques, tandis que là-bas, Pierre, évêque d'Argos, s’en inspire de son côté ?,

A quelle date exactement appartient un autre Jacques, LE MOINE JACQUES, comme on l'appelle, ou comme disait mieux encore le moyen âge: Sapientissimus Jacobus monachus, celui dont les Homélies si richement enluminées nous ont fourni plus haut plusieurs motifs de gravures? Nous ne saurions lé dire, mais peut-être n'est-ce pas le vieillir trop que de l’assigner au dixième siècle, En tout cas, lui encore, lui surtout, a voulu refaire la douce Æistoiré de la Vierge, et nous savons un Rohault de Fleury qui l'a traduite avec toute la piété qu'il avait mise à reproduire les miniatures mêmes *,

Cosmas surnommé le Vestitor, et le compilateur inconnu du Menologe de Basile, sont, quant à eux, de cette époque, À: prenier, Dom Cellier attribue un écrit intitulé: /# Yoachim et / ram, et au second, nous ménageons nous-même une place à p:.rt dans

IS, Germain, Patrol, gr, t. XCVIN, col, 294-098, 314; Tarasius, Z#, ræsent, S, Marie ; George de Nicomédie, Migne, afro, gr., t. C (100), col, 1335-1451, ou dans Combefis, Bi67, Patrum concion,, 1. VI, col, 83, 94 ss.

* Nicetas, Migne, Z’atro/, gr., lat, £. ed, t, LV, col. 15-19 ; Léon l’empereur, Combefis, 2i0, PP, conc., t, VIN, col, 71-4 ; Photius, Combefis, Zév., t, VIN, col, 8-9 ; Pierre d'Argos, Migne, Patrol, gr., t. CIV, et aussi : Cellier, //is4, des aut, sacrés r cles, (1853), t XUI, p, 624. |

* Sapientissimi JACOB Monachi, Oratio in Nativ, SS, D, N. Dei Genitricem, Combefis, Z. cit, t, VII, col, 74-81,—Ruhault de Fleury, Za Vierge, étud, icon., vers la fin du

2e vol,

! Cellier, /oc, cf, t, XII, p. 795.

la troisième partie de cet ouvrage, son livre étant plus ericore une œuvre artistique qu'une œuvre littéraire”.

Et ainsi, en suivant toujours l’ordre des temps, nous arrivons À “ l'anonyme de Métaphraste, ” un auteur non autrement connu * : saint Hippolyte de Thèbes dont le nom s’est déjà trouvé sous notre plume, à Cedrenus et à Nicéphore Calliste également cités dans les pages qui précèdent,

Et cette nomenclature est loin d’être complète, Un érudit comme le Père Rocchi, par exemple, pourrait ici nous faire bénéficier de ses recherches, et nous verrions d’autres.

Pères, orateurs, écrivains ou poètes de l'Eglise grecque, venir se joindre, nombreux encore, à ceux que nous avons plus haut nommés : Jacques d’'Edesse, Eusèbe Emissène, le

* moine Epiphane, le diacre Pantaléon,lsidore de Thessalonique. Grégoire de Thessalonique, Théodote d'Ancyre, le moine Nec-

Fig. 94. Saint Cyrille d'Alexandrie, Fresque de { É $ Piuturicchio à S.-Maria del Popolo, Rome. taire, le moine Antiochus,

Jean le Géomètre, Anatole l'hymnographe, Nicéphore Grégoras, George Cartophylace, Jean l'Eucaïite, etc ”.

1 Le Ménologe de Basile est un des plus précieux manuscrits du Vatican. Il er existe une édition sous cette rubrique : Menologium Græcorum jussu Basilii imperatoris grice olim editum nunc primum grece et latine prodit, studio et opera Annibalis, Tit, S. Clementis presbyteri Card, Albani, etc, 3in-fol., Urbini, 1727. Voirt.1, p. 24, p. 25 et t. 11, P. 15.

? Anonymi apuu Metaphrasten Oratio quæ tractat de Ven, Ortu et educatione SS, D. N. Deipare.... Combes, /. cit., col. 81, et Migne, /’atrel, gr. lat, t. ed,,t, XL, col,

# Ant, Rocchi, Le Glorie di S, Gioacchino (in-8o, Grotta-Ferrata, 1878), Passim.

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On le voit bien, n’est rien plus connu, plus cher, ni plus populaire en Orient que la Légende de la Vierge, pour ne pas dire la Légende de sainte Anne. Tout le monde la sait par cœur, et de génération en génération, on se la raconte pieusement, fidèlement, — simple, et vraisemblable, et touchante histoire d’ailleurs, que nos siècles de scepticisme devaient seuls révoquer en doute.

Mais on dira peut-être: Pourquoi cette même histoire ‘“si vraisemblable” et ‘“si touchante”, l'Eglise latine semble-t-elle s'être refusée à nous la dire, elle aussi? Pourquoi, sur un point en somme aussi important que le culte d'un saint, —le culte par la parole ou par les actes, —cette différence, presque cette dissidence, entre l'Orient et l'Occident ? Pourquoi l’un se tait-il tandis que l’autre parle si haut et si bien ?

Ailleurs nous aurons lieu, mieux qu'ici, de traiter cette question, mais pour le moment, nous pouvons au moins dire que l'Eglise latine n'a pas ignoré, tant s’en faut, la légende du Protévangile. Tertullien, au second siècle, en cite un passage ; eile se retrouve en tout ou en partie dans quelques vers de Juvencus au quatrième siècle et de Sedulius au cinquième, en attendant les pleines pages de Hroswitha, au dixième, —une belle œuvre que celle-là, et dont nous nous souviendrons plus loin. Elle est bien connue d’Ildefonse, évêque de Tolède, au septième siècle, et d’Elipand, un de ses successeurs ; elle réapparaîtra tout à l'heure quelque part dans les écrits d'Alcuin et de Haymon d'Halberstadt ; on la relira plus tard dans les Æomeélies de Fulbert de Chartres ; et puisque, sur les côtes de Provence, il y a longtemps, sont venus se réfugier les restes de la Sainte, ce ne sera pas merveille d'y entendre répéter, au onzième siècle, cette même histoire et ces mêmes louanges !,

Sans doute, nous voudrions davantage, et en somme, il faut l'avouer, elle est assez modeste, la place que notre Sainte occupe dans la Patrologie latine, surtout si on la compare à celle qui lui est faite dans la Patrologie grecque, mais l'explication de cette différence

! Jour Juvencus et Sedulius, voir Migne, Patro/, lat., t. XIX ; pour Hroswitha, notre article suivant (Poésie) ; Elipandus, Migne, Patrol, lat., t, XCVI, col, 871 ; Alcuin, Migne, Jbid., t, ct, col, 13ot ; Fulbert de Chartres, Migne, /4id., t. CXLI, col, 324 ss. ; Anonyme Provencal, oir un chapitre de notre second volume,—Comestor, dont on parle beau- Coup, n'a guère fait que nommer sainte Anne en passant.

étant mise de côté pour le quart d'heure, et considéré seulement le sujet général qui nous occupe, on voit que, après les évangiles apocryphes et après les Pères, les matériaux ne manqueront pas, même en Occident, à qui voudra discourir de sainte Anne ou écrire sa vie.

Aussi bien, à côté des ouvrages spéciaux dont nous traiterons un peu plus loin, des milliers de livres, grands ou petits, pieux ou profanes, renferment des pages relatives à la mère de Marie, S'il est vrai d’ailleurs que, malgré des pertes sans nombre et irréparables, il existe encore aujourd’hui quarante mille volumes dédiés à la Vierge, à sa gloire ou à son culte, comment croire que sainte Anne y soit partout oubliée ? et comment, au contraire, ne pas supposer que dans un grand nombre de ces ouvrages, quelques chapitres, quelques pages, quelques lignes au moins lui sont consacrées ?

Quand même nous aurions feuilleté, volume par volume, toute cette Bibliothèque de la Vierge, il nous serait défendu, évidemment, d'entreprendre le relevé général de nos découvertes. Mais, à part cette bibliothèque très spéciale, —qui peut-être n'existe nulle part,— il y a les collections ordinaires, souvent très ordinaires de fait, où parfois l’on rencontre des écrivains d’une certaine valeur. Nous en avons trouvé,—on le sait, si on a daigné nous suivre, —et ce sont des hommes tels qu’ils ont le droit d'être ici nommés une seconde fois:

Pour le moyen âge: Saint Antonin, l’illustre archevêque de Florence, Vincent de Beauvais, Ludolphe de Saxe ou le Chartreux, Jacques de Voragine ou l’un des éditeurs subséquents de la Légende dorée, sainte Brigitte ;—et puisque nous avons parlé d'ouvrages profanes: Brunetto Latini, dans son Livre du Tresor, et Hartman Schedel, le vieux chroniqueur si recherché des bibliophiles, Ce Brunetto Latini, pour le dire en passant, nous tentait. On nous le donnait comme un ami de Dante, et c'était un premier mérite ; de plus, disait-on, il avait écrit son livre en français, et c'était un second mérite, Sur ce dernier point, il faut l'entendre s'expliquer luimême: ‘“ S'aucuns demande pourquoi ehis livres est écrit en romans, selon le patois de France, puisque nous somes Italiens, je diroé que c'est pour deux raisons : l’une est porce que nous somes en France,

1 S, Antonini, archiep. Florent, O. P, Swmma Theologica (in-fol., Vérone, 1740), t 1v, col. 929-943.

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l'autre si est porce que françois est plus délitaubles langages, et plus communs que moult d'aultres.”

Pourquoi ce doux Brunetto, si longtemps cherché dans tous les catalogues et recoins des bibliothèques, n'a-t-il su, une fois trouvé, que nous entretenir du #rinubium, et n'avoir que la mauvaise idée de se prononcer pour ‘ ?

Mais venons aux temps modernes, et pour ne pas dresser une nomenclature qui sans doute découragerait le lecteur, mentionnons

seulement quelques auteurs de première importance par rapport à nous, et par exemple :

Parmi les théologiens, commentateurs des Ecritures, controversistes, liturgistes: saint Thomas d'Aquin, Suarez, Salmeron, Melchior Cano, dom Calmet, Cornelius a Lapide, Gotti, Hyacinthe

l Vincent de Beauvais, Speculum historiale, 4 in-fol., Douai, 1624 ; Ludolphe de Saxe, Vita D. N. ÿ.-Christi, in-fol., Lyon, 1642, ou Paris, 1865 ; Jacques de Voragine, Lombardica historia, que a plerisque AUREA LEGENDA SANCTORUM appellatur, in-40, Lyon, 1510, au autres éd.; sainte Brigitte, ÆAevelationes selectæ S. Birgittæ, Coloniæ, 1851, ou autres éd, ; Hartman Schedel, CAronicarum Liber, Nuremberg, 1493, ouvrage

célèbre, surtout à cause de ses nombreuses gravures sur bois (à peu près 2000). L'une représente notre Sainte,

Brunetti Latini est rare. Pour les amateurs, nous le citons :

Ci dit li contes que Anna et Esmeria furent .ij. sereurs charnels. De cele Esmerie nasqui Elizabeth et Eleiuist, de Eleiuist qui fu frere Elizabeth nasqui Eminan, de Eminan nasqui sains Servais de cui li cors ris* en terre de Sorges en l’eveschie de Liège. De Elizabeth, la femme Zacharie le prestre, nasaui Jehans Baptistes en un chastel de Judée.

De l’autre seror, ce est Anne la feme Joachim, nasqui Marie la mere Jhesu Crist. Et quand Joachins fu deviez, ele se maria à Cleophas, de celui Cleophas et de Anna nasqui l’autre Marie, qui fu feme Alphei, de cui nasqui Jaques Alphei et Joseph. Por ce l’apele l’Escripture Jaques Alpei, ce est a dire fil Alphei; et sa mere est apelée Marie de Jaque, porce que ele fu sa mere, autressi est ele apelée la mere de Joseph. Et tout ce avient por la diversité des evangiles.

Quant Cleophas fu mors, Anna fu mariée à Salomé, de cui nasqui l’autre Marie la feme Zebedei, de cui nasqui Jehans l’evangelistes et Jaques ses freres ; por ce est ele apelée Marie Salome por son pere, autressi est ele appelée mere des fils Zebedei, por les diversitez des evangiles,

Et ainsi veez vos que Anne ot. iij. maris et de chascun ot une Marie. Et ainsi furent üij Maries, dont la premiere fu mere Jhesu Crist ; la seconde fu mere Jaque et Joseph ; la tierce fu mere de l’autre Jaque et de Jehan l’Evangeliste.

Brunetto Latini, Zé livres dou tresor, publié pour la première fois d’après les manus-

crits par P. Chabaille (in-4o, Impr. impér., 1863), p. 65-66. Forcé de quitter sa patrie comme Guelfe, Brunetto était venu s'établir à Paris.

Serry, Durand de Mende, Benoît XIV, l'abbé Bail, le P. Guyet et tant d’autres;

Parmi iles auteurs d’écrits concernant Notre Seig: :ur ou la sainte Vierge :

Canisius, Graveson, Pinelli, d'Argentan, Christophe de Castro, Colvener, M. Olier, Marie d'Agréda, Anne Catherine Emmerich, et pour nous rapprocher davantage de nos jours : les abbés Orsini, Bourassé, Maynard, Guyard, Durand, Darras, Petitalot ; plus, une artiste, madame Jameson ; plus, un autre artiste, Rohault de Fleury, et de nombreux encore que nous omettons ;

Parmi les hagiographes, historiens de l'Eglise, écrivains divers: Adrichomius, Brocard, Pierre de Vatalibus, Baronius, les Bollandistes, d'Herbelot, Baillet, Giry, Guérin, Mislin, le Camus, et jusqu'à ce vieil auteur anonyme des ///ustrations de la Gaulle Belgique, qui entame comme il suit sa CHronique, et qu'il faut entendre :

“En lan doncques de lempire Auguste cesar vingtsixième environ lan second de la cent et nonantiesme olympiade fut concepve la benoiste Vierge Marie mere de nostre Seignr Jesuchrist de Joachim et de Anne par l’intervêtio du benoist sainct esperit: de laglle côception especialemêt sainct Jaques traicte hystorialement en ung petit livret leql est intitule Historia Joachimi et Anne, Et dit ainsi que la benoiste vierge Marie fut nee de la lignee du Roy David en la cite de Nazareth et au temple de Hierusalem nourrie, SÔ pere fut appellé Joachim, et sa mere Anne, Ils estoiêt de simple vie juste et doulce..…….,” et tout le reste’.

! L'ouvrage est sans nom d’auteur, La couverture porte: Chroniques du Hainaut. Au frontispice, un titre qui mérite d’être lu :

Le premier volume des || ILLUSTRATIONS DE LA GAULLE BELGIQUE || antiquitez du pays de Haynnau et de la grâd cite de Belges a present dicte Balluay dont procedent les chaussees de Brunehault. Et de plusieurs princes q ont regne, et fonde plusieurs villes et citez audit pays, et aultres choses sin || gulières et dignes de mémoire advenues durant leurs regnes iusques au duc Philippes de Bourgongne dernier decede,

Les aultres trois volumes sortiront de bref à lumière, (.Sortis en effet.)

On les vend a Paris en la grand rue sainct Jacques en la boutique de François regnault marchand Libraire juré de Luniversité de Paris devant les mathurins a lenseigne de lelephant, M. Dxxx1 (in-fol.), fol. CX111 verso.

Un appendice indiquera les ouvrages des autres écrivains ci-dessus nommés.

une ‘on à pard vous ordil

de dl serai tienn celle.

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