HUMBLE SUPPLICATION DU DISCIPLE
“ Chapitre Premier.”
“Tres digne Apostre et tres fidele Evangeliste de Iesus Christ, sainct [ean, ie m'adresse à vous comme celvy qui m'a esté tousiours vray Pere, Protecteur & tres-particulier Advocat, pour vous dire qu'il m'est tombé en l’ame vn extreme desir de sçavoir qu'elle a esté la noblesse, dignité & excellence de saincte Anne, la Mere de la tres saincte Mere de Dieu. Et par mesme moien de pouvoir apprendre
27h MADAME RAINCTH ANNE
quelles aunt les precieuaca richesses de Teaua son petit Fils von cher Maiatie ; M quel eat Le Tl'hreaur sacré de la trescantuete Vioiv sa fille vostre bien aimée mere par adoption,
Car de ne açaurais puiser data lea satneta Cahiera l'excellence & la dignité convenable a vie ai haute Dane, conimie eat celle qui a porté dans ses houretses entrailles, tout ainsi qu'une relique precieu dans un Temvole diuin, la Princoase deu Princosaus, la Revue des Revnea, & la Mere des Merea, puis qu'elle eut la treu anincle Mo de Dieu,
SO Nvyie ne puis aussi coiprendre, pour orner la couronne royal de sainete Anne, qu'elles Richesses ny quel thresor Teaus et la Vicrn pouuaient auoir, veu que Hrekanaenrement ils estouient ektremement pauures, Voire te choy que la sacrée Vierge aubit fat vou de tres cstroicte PAUVrere,
“Et cependant lentens que non seulement on dit K bien so lemnellement qu'elle auoit vu grid & précieux Thresor, main mon par vie grande deuotin on a imposé authentiquement le non du lhresor nostre Dane, a va celebre Monastère des Dames Religrieusos en l'Ordre de S, Rernandi pour moy ie croy que ceulx qui Fontana tltre, l'ont tait pour dignement honorer la More avec la Fille: ca ils sçavoient tres bien ce qu'ils faisoient, veu que outre la doctrine cninente, ls auoient ausai de la piété et deuction en guflisance, tesmoin en est toute l'Eglise Catholique, laquelle a receu des avdes, svours À services innumetrables de leuis documens releuez K leurs deuotions feruentes
“C'est pourquoy je viens À vous particulièrement croyant que vostre charité me faisant voir l'excellence eminente, la nobles Rovale et la dignité lmperiale de sainete Anne, Mere de celle qui est Royne & Mere de l'Empereur celeste, me descouurira aussi ce sacré Thresor K Richesses precieuses,... (PP, 123),
Le maître va-t-il répondre? Oui certainement, Ecoutons encore
« Mon bien-aimé fils, ie auis tres-contant de satisfaire à votre pieuse demande, & d'autant qu'elle est pour sçavoir les prerogatines, graces À benedictions que la mere de ma tres-saincte mere, où pour mieux dire, la mere de Dieu, a eu estant en ce monde, et après pour vostre contentement, ie vous feray amplement veoir les Richesses
pret
ortht
dire |
saute
[ALLBEE pranit
{ ho 1 tqut le
not
de Cort Anne, nature
VICUX meriti Puis
bien |'
d'un 8 donc } Vay mi oriente secret,
it
de dig
4 Voalre
Vi rue
cellence Ile qui a
téciouiao
Aie do é Mer e poyal
[AUT vurt tettont
bien au na fhoaine Hot du ligieuaes ont ain Alle: ou doctrine iliaance, 4 av des, & leurs
ant que noblesse elle qui
aussi Ce Ecoutons
à votre ppatiues, ou pour rès pour
ichesses
precieuses de Tesus, & le Thresot sacré de la Vierge, afin de Sien tuer la couronne Royale de ln glorieuse snincte Anne, (pp 4-6).
Et comme le maître s'interrompt :
0 Dieu, mon cher pere," reprend le oisciple, ‘ne quittez pas ai toat ce beau discours de sainete Anne, elle & a0s excellences me plaisent infinimôt, c'est pourquey de vous supplie de continuer, ete faire voir lea rares vertus qu'elle à eu, & qu'elle à exercé durant Le cours de sn vie,"
Et le maître continue en effet :
Mon fils, prenez garde que ne tombiez en pamolson, entendant dire la très grande et eminente dignité d'une petite, tas tros-pure et saducte fille, que sainte Anne à mis au monde: cur elle est si puissante qu'elle a bien le pouvoir de blesser d'un traict d'amour le crand cœur de Dieu tout-puissant,
Certes le cœur est tout estmeu en moy d'ouyr vne si grande chose. Tout beau (non fils) tout beuu, n'est pas encore temps que le cour vous defaille, recevez ce second traict, et apres vou n'en direz des nouvelles,"
Et comme le disciple veut savoir
Ouy, (mon fils), le vous le feray uoir, mais reprenez un petit de courage, Dieu a donné vne dignité infinie à Marie fille de saincte Anne, et Marie a donné vne qualité basse et finie à celuy qui est naturellement infiny etc," (pis 10-20),
atce déjh trop de citations / Mais il sont charmants, ces vieux auteurs, et le nôtre d'à présent, à, sur plusieurs autres, Île mérite d'être introuvable, Otùle prendrezsvous, ce Jean Rabasse ? Puisqu'il est à, écoutons-le donc encore, 1 ménage d'ailleurs fort
bien l'intérêt, tout comme un dramaturge où un romancier :
“Mon tres cher fils, ie voy bien que votre petit cœur brusle d'un sainct désir, mais resolument faut que ie le contente, ouvrez-le : donc pour y enchasser comme vn Rubis precieux, ce que je vous vay monstrer, c'est à ce Coup que ie vous descouuriray la perle orientale, & la vertu sacree de la tres illustre saincte Anne, voire le secret, & le moyen pour l'obtenir,
“Et sçachez que s'il y a aucune femme qui doiue estre honoree de dignes loüanges, c'est nostre bien-heureuse Ste Anne, ainsi
comme elle l’a esté par vn Ange, lorsqu'ii declara ses belles qualitez, & l'estat de sa saincte vie, & en parla comme s’il en eust donné luy-même la sentence, et ce en lieu singulier & choisi expres pour cest effect, sçavoir est, à la porte doree, car comme ainsi soit qu'elle deust estre la porte dorée par laquelle deuoit entrer toute la richesse, le thresor & le remede de nos necessitez, à sçavoir la benoiste vierge Marie, & son fils Iesus Ch, c'estoit donc bien la raisô que l’on la loüast à la porte dorée.” (p. 48-40.)
Et le maître fait toujours l'éloge de la sainte, de son esprit d’oraison, de sa vatience, de sa charité pour les pauvres, Et maintenant, que les saintes Ecritures n'aient pas parlé d'elle, il l'explique en ces termes, qui sont d’or:
“ En l’ordre de la nature, comme l’'Empirée entre les Cieux est le plus noble, aussi est-il caché; Entre les principes des choses naturelles la forme substantielle estant la plus noble, elle est aussi secrète et cachee. Entre les corps mixtes, l'or, les perles & les diamants sont les plus nobles, & la nature les cache dans les en. trailles de la terre ou au fôd de la mer. Entre les animaux le plus noble et le plus accôply est l’homme, & la partie la plus diuine est l’'Ame, et cette cy est inuisible, Entre les substances les plus parfaictes sont les Anges, qui sont encore inuisibles, & cachez à nos yeux, ce n’est point de merveille (mon fils) si les plus nobles creatures sont cachees à nos sens, puisque le Createur d’icelles se cache de telle sorte que, Lucem habitat inaccessibilem, quem nemo hominum vidit nec videre potest. Lequel habite en vne lumière inaccessible, que nul des hommes n’a veu, & ne peut voir.
“ Que si on voit cela en l’ordre de la nature, on le void (encore mieux en l’ordre de la grace.” (p. 72).
Mais il n'est si bonne compagnie qui ne se quitte, et nous allons prendre congé du bon Récollet, après avoir écouté toutefois la prière qui termine son volume :
“ Accordez, Seigneur, accordez ceste mienne requeste, par les merites de vostre tres-saincte mere notre advocate, laquelle ie reclame & prie de m'’estre pitoyable par deuant vostre maiestueuse grandeur, afin qu'elle m'obtienne les richesses celestes qu’elle a eu en ce monde; & £ ‘ncipalement la vertu d'obeyssance laquelle m'est du tout necessa.e pour me rendre agreable à votre maiesté.
qualitez, ist donné res pour it qu'elle richesse, ste vierge e l'on la
rit d'oraiuintenant, ue en ces
es Cieux les choses
est aussi rles & les s les enux le plus diuine est s plus parez à nos S creatures 8 cache de
Aominum accessible,
id (encore
ous allons s la prière
e, par les ie reclame grandeur, ce monde
tout ne-
“ Je vous presente encore Seigneur, les merites de votre mignon & bien-aymé sainct Iean vostre cousin, & vostre loyal apostre, & tres-fidelle Euangeliste, qui par sa bonté, & pour le grand amour qu'il vous porte, a daigné m'enseigner, & faire voir vos Richesses, & ie Thresor de vostre tres saincte Mere, dont ie luy rends grace, & me confesse deuant vous, & à la presence de tout vostre Cour celeste de luy estre grandement obligé, protestant entre vos sainctes mains que ie seray a l’advenir par vostre faueur, son fidele serviteur, & si ose dire fils & Disciple, ainsi qu’il lüi a plu de m’auoir esté tousiours Pere et protecteur, & le prie à present, de m'obtenir de vous (ô mon Seigneur & mon Dieu) toutes les riches pieces de vos Richesses, & du sainct & sacré Thrésor de la tres saincte Vierge, et principalement l'obeyssance, O Mon Dieu exaucez vostre bien-aymé Disciple, & non seulement ie vous le demande par ses merites, mais aussi de tous les saincts et sainctes qui sont en Paradis, Ainsi soit-il.” (p. 76).
On lit au verso: “A a gloire de Zesus Christ, & de la tressaincte Vierge Marie, et de saincte Anne Mere de la Mere de Dieu, et
grand Mere de Zesus Christ, et de son bien-aymé Disciple sainct Jean l'Evangeliste.”
Il y a mieux encore que cette prière, et si nous avons souri parfois, ici nous redevenons sérieux, sérieux somme le pieux Recollet lui-même, quand il jetait à Jésus-Eucharistie un des plus beaux cris qui soient sortis d’une poitrine humaine :
‘“ O TOUTES LES AMOURS DE MON AME, QUE VOUS AVONS-NOUS DONC FAIT PUISQUE VOUS NOUS AYMéZ SI PUISSAMMENT ! (p. 315).
À côté de Jean Rabasse prennent rang, sans toutefois lui ressembler : Hughes de Saint-François (1635), André de Boye (1638), le Père Biverus (1638), Léon de Saint-Jean, Martinus Anastasius, Gerdolphe à Ryckel (1739), et supérieur à tous, le franciscain
Jacques PoLIUS, de Düren. L'’'ÆExegeticon historicum sancte Annæ (Cologne, 1640) et l'Æistoria Sanctorum Joachim et Anne (1652) sont des livres très élaborés, nourris de faits et de doctrine.
L'ÆExegeticon consacre d’abord vingt chapitres à raconter la légende de la Sainte, et au chapitre XII (p. 229), commence l’histoire de la petite ville de Düren, ou plutôt de sa dévotion spéciale envers
sainte Anne, Une dévotion qui était sincère et généreuse, comme nous le dirons plus tard d’après Polius lui-même et d’autres auteurs, L'Æistoria complète l'Æxegeticon au point de vue de l’histoire du culte, et il s'y trouve quelques pages extrêmement précieuses dont nous ferons notre profit en temps et lieu.
Un souvenir maintenant à Camille Vischi (1657), Théodore Clisorius (Cologne 1648), et Matthias de Saint-Bernard (Paris 1651), trois auteurs peu connus, et en tout cas, beaucoup moins célèbres que le carme