LES POÈTES 297 LA LÉGENDE ISOLÉE, OU FORMANT POÈME A PART
Les ouvrages poétiques de longue haleine, appartenant à la catégorie que ce titre indique, sont très peu nombreux, si du moins nous en jugeons par le modeste résultat de nos recherches, et, de plus, ils sont relativement récents. Le plus ancien que nous connaissions est le Carmen in laudem:Sancte Annæ de Rodulphus AGRICO A, écrit vers l'an 1495 (4) !,
Vraisemblablement, la piété chrétienne n'avait pas attendu quinze siècles avant de dédier à la mère dela sainte Vierge un poème qui fût tout entier à son honneur comme celui d’'Agricola, et qui, au surplus joignît, comme lui, le mérite de l'étendue au mérite littéraire. Pourtant, soit que les monuments antérieurs aient péri, soit que les annales bibliographiques de la poésie religieuse et de l'hagiographie nous aient gardé trop de secrets, le poème d’Agricola reste pour nous le tout premier en date parmi ceux qui nous occupent présentement,
On ne nous demande pas ici une biographie, mais on apprendra non sans plaisir que ce Rodulphus Agricola fut en son temps, comme dit Thomas de Saint-Cvrille*, “la grande lumière de l’Université de Heidelberg.” Il devint poète par occasion, et deux lignes de Polius nous expliquent l’origine du Carmen.. Retenu au lit par une infirmité, le Docteur aurait fait vœu à sainte Anne, si elle le guérissait, de composer un poème en son honneur. La guérison obtenue,
il tint parole, et généreusement, puisqu'il atteignit les trois cents vers et plus,
Or maintenant, c'est le cas de dire que jamais poète, —poète par vocation ou par occasion, —n'eut plus de succès. Ce que raconte ici Polius est vraiment inouï, et après l'avoir lu trois fois, si l'on ne croit
\ Les chiffres gras (1), (2), (3), jusqu'à /265), placés entre parenthèses après les poèmes renvoient à l’Affendice de la Poésie, où ces mêmes poèmes sont catalogués sous des #uméros d'ordre, plus complètement indiqués au point de vue de la bibliographie, et pour la plupart reproduits fex/wellement et intégralement.—Comme nous l'avons déjà dit plus haut dans une note, cet affendice paraîtra. ... quand sainte Anne voudra,
T.asS, Cyrillo, Aater honorif., page 626.
-pas à une erreur typographique, on croit à une pieuse exagération, mensonge ordinaire des honnêtes gens,
Polius nous dit donc, en un premier passage :
Hos versus Rodulphi Agricole in honorem B, Anne aliquando per psum ex voto factos, Theodoricus de Pleningen juris consultus, ipsius discipulus, haud ingratus, tum ob Præceptoris viri doctissimi memoriam, tum ob honorem dive Anne excribi, et in hoc Carmelitarnm Francofurti sacello, eo quo videtis modo reponi curavit.
“ Ces vers que Rodulphus Agricola avait composés en l'honneur de la B, Anne pour l'accomplissement d'un vœu, Théodoric de Pleningen, jurisconsulte, son disciple reconnaissant, les a fait graver comme vous voyez plus bas, et les a fait placer dans la chapelle des Carmes de Francfort, tant en mémoire de son très docte maître que pour la gloire de sainte Anne.”
Nous parlions d’un ‘“ premier passage,” et c'est qu'en effet, le même Polius nous dit encore alleurs: ÂVec laude vacare debet quod illustre panegyricon olim de SS, Foachim et Anne à Rudolpho Agricola conditum, P. Rumoldus Laubach prior Carmelitarum ibidem maio mense anni 1406, sumptu Theodorici de Pleningen marmori insculptum, in navi Conventualis eccisiæ muro dateris borealis inserendum curaverit.
En français: “Un grand honneur pour Rodulphus Agricola, c'est que son Panégyrique de sainte Anne‘ait été gravé sur le marbre aux frais de Théodoric de Pleningen, et que le prieur des Carmes, Rombaut de Laubach, l'ait fait placer dans l'Eglise de son couvent de Francfort-sur-Mein au mois de mai de l'an 1496 !”
C'est assez clair, et il doit être beau ce poème magistral qui a mérité les honneurs du marbre. Comparé à celui que Hroswitha avait chanté incidemment dans son Âistoire de la Vierge, et que nous rencontrerons plus loin, le même par le fond et d’égale étendue à peu près, il l'emporte en tout cas sur lui par l’aisaace de la facture et le sentiment poétique. Il est difficile de faire des vers faciles, et que Rudolphus en ait une bonne moitié sur trois cents, c’est encore
1 Polius, ÆZést, SS, Foachim et Anne (in-180, Herbipoli, 1652), sous le mot /7ancofurti ad Mœnum, p. 175.
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assez pour son éloge. Chez lui, peu ou point de ces épithètes qu'on trouve ailleurs et qui n'ont d'autre mission que d’emplir les vides du vers comme les vides de la pensée, L'auteur, évidemment, s'est formé à bonne école, et s’il fatigue un peu ici et là, si l’on voit que “vingt fois sur le métier,” il a dû remettre son hémistiche, au moins hexamètres et pentamètres se tiennent-ils convenablement sur leurs pieds. Le tout ne fait peut-être pas un chef-d'œuvre indiscutable pour tout le monde, mais pour tout le monde, une œuvre bonne, consciencieuse, vraie, et toute œuvre de ce genre mérite de rester.
Le poète commence par une pieuse invocation à sainte Anne, en lui disant que ‘“ quand même il aurait cent cœurs et parleraïit cent langues à la fois, il ne pourrait jamais dignement la célébrer ” :
Ast mihi si centum sint uno pectore mentes, At totidem linguas, tot moveamque sonos,
Nulla tamen te digna queam præconia laudum Dicere, nec meritis te cecinisse modis,
Et comment, en effet, monter sa lyre au vrai diapason, quand il faut chanter Celle qui fut la mère de la Vierge Marie, c’est-à-dire de ce “il y eut jamais de plus grand et de meilleur au monde”, le Christ excepté :
qua majus nihil est meliusque creatum ?
Puis c’est la légende, toujours d’après le Profévangile, depuis la retraite de saint Joachim dans les montagnes, jusqu’à la naissance de l'enfant prédestinée.
A la fin, vient l'éloge de la Sainte, de sa bonté, de sa puissance, de ses miracles, et la piété de Rodulphus trouve pour s'exprimer des expressions heureuses :
Tu mihi certa salus : in te mea vita recumbit : Tu dux, tu portus, tu requiesque mihi.
Sainte Anne est le “salut assuré ”, le “foyer cher où la vie s'écoule doucement ” ; c'est ‘ la lumière qui conduit au port ”, c'est “le repos ”, et ainsi jusqu’à la fin.
Trois siècles après Agricola, un autre poète, plus jeune, plus lyrique et plus fécond encore, dédiait à sainte Anne, non plus seule-
ment quelques centaines de vers, mais tout un livre. C'était don Francisco ANTONIO DE CASTRO, chevalier de l'ordre d’Alcantara, gentilhomme de la Bouche de sa Majesté, et gouverneur de la ville de Burgos. Son livre, un charmant in-18° de 133 pages, est intitulé : Vida de la gloriosissima Senora Santa Anna, madre de Maria santissima, y abuela de Fesu Christo, seguen la humana naturalesa. 1 fut imprimé à Bilbao en 1723 (8).
L'ouvrage étant très rare, nous serons excusable d'y puiser à pleines mains. Nous croyons devoir donner ici une traduction aussi littérale que possible, dût-elle faire brèche à l'élégance ou même à la grammaire, afin que l'original, perçant en quelque sorte au travers, le lecteur puisse mieux juger du poète et de son œuvre.
Prenons à la première page, avec l’invocation :
“ Fleuve puissant, —Au courant duquel je m'abandonne,—Abîme périlleux—Que le respect m'empêehe de sonder;
‘“ Liban élevé sur lequel, Avec miraculeux accroissement, —Grandit la plante qui devint — Haute comme le cèdre ;
‘“ Sion vénérée qui vis—Sur ton altier sommet—Se dresser le cyprès glorieux—Aux incorruptibles parfums ;
“ Mystérieuse et sainte Cadès,—Qui, pour trophée éternel, —As montré dans un palmier--La victoire glorifiée ;
“ Jéricho, dans la glorieuse—Délicieuse et douce campagne de laquelle De la rose la plus parfumée—Germa la parfaite blancheur ;
“ Champ stérile qui, sous l’influence— Douce du laboureur éternel, — As donné à la belle olive—La perpétuelle liqueur verte ;
‘“ Nacre très pure, au sein de laquelle —En gouttes célestes —Se fixa la brillante, pure—Candeur de grâce très parfaite ;
‘ Printemps dont le vert—Fleuri tablier triompha—Des paresseuses - Sécheresses de l'hiver ;
“ Large vase de cristal, -Entre les bords étincelants duquel—La mer de grâce —A trouvé une naissance très digne;
“ Heureux Atlas pour qui— L'élection de l’Auteur suprême—-Fut le fardeau le plus consolateur : (Et) la consolation la plus lourde;
“ Enigme bienheureuse dans—L'apparence humaine de laquelle je contemple—Une divinité que rend—Intelligible le voile de l'humanité ;
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et sain qui tri la mei femme cette
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it don antara, la ville aititulé :
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“Pandore sainte qui le monde -Régénéras de nouveau,—1Lans cette enfant bienheureuse—Préservée de la hideuse contagion :
“ Gardienne des Océans, — Vaste temple choisi—De l'Arche qui devait garder la vivante —Manne descendue du ciel ;
“ Mère de la meilleure mère, —Aïeule du meilleur petit-fils, -Anne, toi dont le seul nom—Te nomme et te définit en même temps;
“ Je chante ta vie. Muis où—Penses-tu élever ton vol audacieux,-— Plume lourde, voix profane, — Erreur aveugle, esprit débile ?
“ Moi, chanter ta vie, quand, (seulement—En l'essayant), j'entreprends— De faire offense à tes gloires, — En les soumettant à ma faiblesse !
“Moi, ta vie, quand, pour elle—Le seul fidèle chroniqueur est le silence :—Tant il faut que pour notre ignorance,—Ta vie reste un mystère !
“ Mais c'est cela même qui m'encourage.—Avec bonheur, je m'abandonne - À un danger que rend attrayant—L'assurance de la récompense.
“Tu es l'argonaute, Madame, —Qui, franchissant l’abîme inconnu, — Flottas sur des mers de grâce, —Et naviguas à travers des archipels de lumière...
“A toi donc, à ton influence j'ai recours ; —.tu fond de mon ignorance, je fais appel—Au tribunal, où pour moi—Plaide ton secours MÊME...
“ Fais que le charbon ardent,—Sanctifiant mon cantique,—Serve à mes lèvres alourdies— De purification révérencieuse,
“Afin que, pleine de foi—Ma douce tendresse ne se décourage pas, —(Et que) en joyeuses harmonies -Ma lyre longtemps résonne...” (pages I à 7.)
C'est le début, et le lecteur a dû savourer comme nous les “incorruptibles parfums de Sion”, le “ trophée de la mystérieuse et sainte Cadès ”, la ‘nacre aux gouttes célestes ”, le * printemps qui triomphe des paresseuses sécheresses de l'hiver”, la “ Mère de la meilleure mère” comme ‘“l’Aïeule du meiileur petit-fils”, cette femme que son nom seul suffit “à nommer et à définir à la fois”, cette ‘“argonaute enfin qui navigue à travers des archipels de lumière”, Un seul mot comme ce dernier vaut tout un poème, et
un poète seul pouvait le trouver. Qu'il dorme ailleurs, s’il faut qu'il dorme parfois, comme Homère et comme tout génie humain, ici, il veille, et il dit bien.
Mais continuons, Le poète va maintenant saluer Bethléem, le lieu natal de sainte Anne, et c'est encore ici la même ampleur, la même puissance d'haleine, la même imagination brûlante :
“ Bethléem, cité vénérable—En Juda, atelier sublime—Où l'artiste divin—A pétri l'humain remède ;
“ Bethléem, colonie choisie—Dont les étroites limites—Furent la glorieuse enceinte —De tout l'empire céleste ;
“ Bethléem qui, entre de somptueuses—Grandes et magnifiques demeures,—Devenu pauvre abri, fis plus grande - La glorification de l’abaissement ;
Fig. 109. Bethléem.
“ Bethléem, où celui qui habitait. —Un brillant dais céleste, —Fit dans un trône sans gloire—Montre de sa royauté ;
“ Bethléem, dont la Providence-—Fit le grenier universel, —Où le pain choisi—Deviendrait de l’homme l'aliment ;
“ Bethléem, où aux Cortès—Le monarque convoqua (rois et bergers,)— Laquelle pieuse convocation—Il confia à l'ange et à l'étoile ;
‘Il:
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haut, “J'e
faut qu'il in, ici, il
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este, —Fit |, —Où le
(rois et ange et à
“ Bethléem, où, à côté des Rois—Qui assistèrent aux Cortès,—Je vénère le plus grand des monarques—Sous l'apparence d'un esclave ;
“ Bethléem, où en conséquence—De rebuffades et de non-réponses, — Dans un abri qui fit plaisir, — Deux animaux se montrèrent polis ; F
“ Bethléem, glorieux théâtre— Où le désiré des prophètes-— Vit enfin venir le soupiré— Moment marqué par ses désirs ;
“ Bethléem, où dans les tempêtes — Du monde, le Dieu des mariniers —Sillonna les mers inclémentes—En nacelle de foin fragile ;
“ Bethléem, où lorsque se conjuraient— Les fureurs de l’aquilon,—- BATTAIT PLUS VIGOUREUX— L'AMOUR DIVIN DANS LE CIEL ;
“ Bethléem, qui crias au milieu de la dure Guerre des éléments : — Gloire à Dieu dans les hauteurs,--Et paix à l’homme sur le sol ;
“ Bethléem!......Mais pourquoi répété-je — Les gloires de Bethléem, étant—D'être la patrie de Anne—Sa gloire de plus de prix !
“ À ce premier bonheur fut—Qu'elle dut ses accroissements,—Car l'honneur des commencements—Qualifie les progrès.
“ Que Bethléem soit la patrie de Dieu—Est un honneur sans rival ; — Mais il fallait auparavant, pour cela, — Qu'elle fût la patrie de Anne,
“Il semble que Dieu même veuille— Dans son humanité des privilèges,—Puisqu'il va chercher naissance— Au lieu natal de ses aïeux.…..,” (pages 28-32).
Et ainsi de ce salut à Bethléem,—et ainsi, pourrions-nous dire, de tout l'ouvrage, car c’est partout la même imagination des climats chauds, la même richesse de détails, les mêmes fleurs exquises. Il faudrait citer encore bien des pages, surtout parmi celles qui nous racontent la légende de notre Sainte: le refus du grand-prêtre, l'apparition de l'ange, la rencontre à la Porte dorée, la raissance de la Vierge, mais nous devons nous hâter, et nous passons de suite aux dernières strophes du volume, Le poète avait déjà dit plus haut, en s'adressant à sainte Anne :
“ J'examine le volume—Que j'ai fait sur ta vie, et j'y trouve—A quelques lignes circonscrit— Le cercle de l'infini.” Maintenant il ajoute (page 133):
“ Reçois-le (ce livre), Anne, car tu es--L'heureux port où j'arrive, —Et où ma nacelle en marche laisse tomber —Le poids tutélaire de l'ancre,
“ Pardonne à tant d’audace :— C'est que l'ardeur pieuse a trans. formé—Ma lâche timidité — En vaillant courage,
“ Oh! que jamais la tendresse n'essaie—De produire en moi d'autre effet—Que de me consacrer, quoique indigne,—Ton serviteur cordial et respectueux !
‘ Ne dédaigne pas ce culte ;—Car la Divinité, de nos prières— Considère l’holocauste,—Et non la grossièreté du don,
‘ Vers toi chemine humblement,-—Comme au centre vénéré—De mes vers révérencieux,—Le fruit de mes longues veillés !
“ Que tes gloires éternisent donc—Ces traits (de plume) qui, swspen. dus en ex-voto— A ton autel souverain,— Feront nombre parmi F les hommages.—Laus Deo!”
Beaucoup moins ample que la Vida d'Antonio de Castro, le Rosarium de BEISSELIUS (1494) peut cependant prendre place parmi les grands poèmes dont nous parlons en ce moment, d'abord à cause de son étendue, —cent vers au moins,--ensuite parce qu'il contient, lui aussi, toute la légende de sainte Anne (4). Le titre nous avertit déjà que la légende est ici présentée sous une forme inaccoutumée, pieusement originale, dirions-nous, Cinq dizai. nes de distiques se succèdent, suivis chacun d’un Ave à sainte Anne, et formant ainsi un chapelet ou rosaire. L'Ave se récite comme il suit :
Ave Dei genitricis mater venerabilis Anna, sanctæ Trinitati gratissima pre cunctis mulieribus honorata, bencdicta tu à mulieribus et benedicta proles uteri tui, prolisque virgineus natus esus Christus, Amen.
“Je vous salue, Anne, mère vénérable de la Mère de Dieu; vous êtes très chère à la sainte Triniré, digne d'honneur au-dessus de toutes les femmes, bénie par toutes les femmes, et béni est le fruit de vos entrailles, comme est le fils virginal de votre Fille, Jésus-Christ,”
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j'arrive, tutélaire
a trans.
ji d'autre serviteur
prières — réré— De és !
1i, SASpene bre parmi
Castro, le dre place moment, uite parce (4). Le F sous une inq dizaite Anne, comme il
Trinitati aulieribus Christus,
de Dieu; au-dessus béni est le tre Fille,
Et pour citer au moins quelques distiques, voici les deux premiers et les deux derniers :
Anna, tuas liceat misero mihi promere laudes, Nam tibi si pateris serta rosasque feram.—Ave, Anna, nites regum Judæ veneranda propago Atque etiam Joachim conjuge clara pio.—Ave,
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Anna, abs te nequeant mortalia pectora frustra
Poscere ; quodque voles, gnata Deusque volet.—Ave, Anna, igitur meritis et tanta prole beata,
Anna parens nostras respice magna preces.—Ave,
“ Anne, qu'il soit permis à un pauvre mortel comme moi de chanter tes louanges, et de t'offrir, si tu l’agrées, des roses et des couronnes,— Ave,
“ Anne, je vénère en toi la fille auguste des rois de Juda, et l'épouse illustre du pieux Joachim.—Ave,