‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 86 sur 112 · Nicolas POUSSIN · texte numérisé non relu

Nicolas POUSSIN

Fig.

ABIAS.

Anne, dame de grant value, Révéremment je vous salue, De couraige franc et begnin.

ANNE

Très bien venu soyez, cousin, e ARBAPANTER.

Est-ce pas icy vostre fille, Marie, que je vois si habille, Si gracieuse et si doulcete ?

JOACHIN

Ouy, certes... sssses sossee ARBAPANTER, Saige, courtoyse et amyable, À tous vos amis acceptable...

(à Marie) Que dites-vous ?

MARIE

Rien que tout bien, ABIAS.

Avez nécessité ?

MARIE

De rien.

ARBAPANTER.

Que voulez-vous ?

MARIE, Vivre en simplesse, ARBAPANTER, Et l’estat mondain ?

MARIE

Je le laisse,

l'Aïen que tout bien, de Dieu sans doute, de ses bienfaits, de ses grandeurs. Dans ces réponses si précises et déjà dignes ie Celle qui doit être la Mère de Dieu, le ton et le regard de l'enfant devaient cctever le dév:lon; enert de sa pensée,

ABIAS.

Que souhaitez-vous ?

MARIE

Dieu servir, Et sa grâce desservir (mériter).

ARBAPANTER, Voulez-vous pompeux habit ?

MARIE

Non.

ABIAS, De quoy parée ?

MARIE, De bon renom.

ARBAPANTER, C'est bien dict, MARIE,

En Dieu seul espère, Car c’est Celuy qui tout supère

Par éternelle providence. ce € Cette scène si calme et naïve est suivie d’un vrai coup de Var théâtre, et les apparitions fantastiques du Faust de Gæœthe ne sem-

blent qu'une réminiscence du vieux Mystère. Satan a prêté l'oreille ce p

aux réponses de la Vierge, et, à peine est-elle entrée dans le temple, offri

qu'il apparaît lui-même sur la scène, en compagnie de Lucifer, et pass

4 s'écrie : qui 1 Dyables tout plains d’'enragerie, Mic à Esprits où est forcenerie, une il ‘ Hau! Lucifer, prince des dyables, co(n 1h Appelle les espritz semblabies Mai 4 A ceulx qui font maux innombrables Lot 1 Affin de m'oster hors d'esmoy. buti “1 Et Lucifer tout inquiet demande ‘“ ce qu'il y a”, laag SATHAN. dut Une Vierge sur terre est née di obl.

Si saige et si morigenée,

ai coup de e ne semêté l'oreille 5 le temple, Lucifer, et

Et en vertus si tres parfaicte |...

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