SATHAN
Elle est plus belle que Lucresse, Plus que Sara devote et saige, C'est une Judic en couraige, Une Hester en humilité,
Et Rachel en honnesteté,
En langaige est aussi benigne Que la Sybille Tiburtine ;
Plus que Pallas a de prudence ; De Minerve elle a la loquence ; C'est la non-pareille qui soit ; Et suppose que Dieu pensoit Racheter tout l'humain lignaige Quand il la fist...
La plus sainte des vierges ne pouvait être mieux louée que par ce démon, Il y a là une confusion de la fable et de la vérité qui ne va pas mal au caractère et à l'eswoy du pauvre diable,
Nous n’osons pas suivre plus longtemps les dévoloppements de ce poème, puisque, par rapport à notre sujet, il ne pourrait plus nous offrir que matière à nouvelles digressions, mais nous ne saurions passer sous silence une reproduction partielle de ce mystère, qui parut pour la première fois en 1486 sous le nom de JEHAN MICHEL (26). Voici le titre de l'ouvrage tel que nous le lisons dans une édition de quelques années postérieure: Ze mystère de la co(n)ception, nativite, mariage et annonciation de la benoiste vierge Marie avec la nativité de Fesuchrist et son enfance. (Paris, Alain Lotrian, in-12° s, d,,—peut-être 1507.) Donnons d'abord la distribution des scènes, et cela, dans le style de l'ouvrage: Ioachin en laage de quinze ans (fol. V); Des aumônes de Ioachin (Vi) ; du traité de mariage Ioachin (vil-Vilt); Comme Ioachin espousa Anne (x); Le veu de Ioachin et de Anne (XIV); du reffus de loblation Ioachin (XV) ; comme Ioachin alla a ses bergers (XV); de
ange qui saparut a Ioachin (XIX); de lange qui saparut à Anne (XX); comment Anne.enfanta Marie (XXI) ; etc.”
Encore ici,il nous faut citer au moins quelques passages, C'est d’abord sainte Anne même, soudainement prise de l'esprit prophé. tique, et prédisant la naissance de la Vierge :
Bienheureux sera qui pourra Une fois estendre ses yeulx Sur celle fleur qui p ssera
De la terre iusques aux cieulx Mouit sera le faict glorieuz
De porter fruict si précieulx Et de si tres grande cxcellence
Plus loin, c’est Arbapanther s'adressant à Ysachar et négociant avec lui les fiançailles d'Anne et de Joachim,
Honneur service et reverence Auiourdhuy de nous recepvez.
Puisque de dieu avons adveu Voicy Joachin mon nepveu Advis mest qu'il est bien utille Qu'il espouse Anne vostre fille Car esprit de dieu mamonneste Que de ce mariage honneste La digne vierge doit partir
A quoi Ysachar répond :
Icy me venez advertir D'une chose moult honorable Qui me semble bien raisonnable - C'est que Anne prenne Joachin
On se rend donc au temple, et cependant, parents et amis font l'éloge de la fiancée, disant de Joachim, toujours. dans le style du temps, que Il a prins fille gracieuse Prudente moriginée, sage Fig Puis, la cérémonie achevée, les époux reviennent à leur maison, et ils conviennent de faire de leurs biens trois parts: la première sai
it a Anne pour le temple ; la deuxième pour les pauvres; la troisième pour eux-mêmes : JOACHIN :
La tierce part pour vous et moy
Jay reservé pour nostre usage
Or somme nous en mariage
En biens communs vous le scavez
Vostre plaisir dire devez
Pour scavoir s’il vous plaist ou non
ges, C'est t prophé.
ANNE
Joachin homme de renom Bien famé bien moriginé négociant Ainsi qu'avez déterminé Soit fait, Le cas me plaist tres bien Desdire ne vous veuil en rien Mais prise fort telle ordonnance, (fol x)
HYMNOGRAPHIE LITURGIQUE