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É Fig. 118, Mativité de la Vierge, d'après un manuscrit grec du XIIe siècle au Vatican, È (Dessin de Rohrault de Fleury.)
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paraison beaucoup plus jeune, encore qu'il soit vieux par rapport à nous d’à peu près cinq cents ans ; nous voulons parler d'un manuscrit des premières années du quinzième siècle, un bréviaire dominicain (77). À grands frais, étant là-bas, nous l’avions fait venir
d'Allemagne, comptant qu'il répondrait à quelques-uies de nos questions, savoir :
Nos pères d'autrefois auraient-ils eu quelque dévôtion particulière pour notre Sainte à nous; auraient-ils célébré son office propre sans recourir à des hymnes qui, en convenant à toutes les saintes, ne conviennent à aucune personnellement ; l’un ou l’autre d'entre eux aurait-il fait à sainte Anne, dans un moment d'inspiration pieuse, l'hommage d’un cantique au moins ?
Et nous avions en effet la réponse à nos premières questions, sinon très nettement à la dernière, en trouvant sous le 26 juillet, un office complet,'versifié à grand luxe, c'est-à-dire que non seulement les hymnes étaient rythmées et rimées, ce qui n'est pas extraordinaire, mais que l’invitatoire, les répons et les versets eux-mêmes l'étaient également. De part et d'autre, la même richesse de forme, un tour facile, heureux, et, supérieure à l'expression, une vraie inspiration religieuse. Entendez l’une ou l’autre strophe de l'hymne qui suit l’invitatoire de Matines :
Plaudat chorus fidelium, CϾtus canat credentium, Annam beatam feminam, Annam matronam inclytam.
“ Qu'il applaudisse, le chœur de fidèles ; qu'elle chante, l'assemblée des croyants, Anne |- bienheureuse femme, Anne la dame glorieuse,
Ex hac Maria prodiit Quæ sola matrum protulit Salva pudoris clausula Natum regentem condita.
“ D'elle est née Marie, Vierge toute pure jusqu'en sa maternité, et mère d'un Fils, Roi de l’univers.”
352 MADAME SAINCIE ANNE
Entendez aussi l’un ou l’autre des répons et versets, celui de la première leçon, par exemple :
R. 1. Anna florens clara prosapia Juxta nomen abundans gratia Generavit reginam virginum . Quæ cunctorum portavit Dominum.
V,. Digna quidem cœælesti titulo Stellam maris produxit sæculo, —Generavit, etc,
“ Glorieuse dans sa maternité, pleine de grâce, comme le dit son nom, Anne a mis au monde la reine des Vierges, celle qui a porté dans ses flancs le Seigneur de toute chose.
“ Digne de toute gloire céleste, elle a fait luire sur le monde l'étoile de la mer.”
Et cet autre de la sixième leçon, où l’on remarquera la même cadence harmonieuse de la période :
R. VI. Anna floret ut lilinm In summi regis curià Thronum adepta regium Cum immortali gloria.
Intes matronas rutilans Ut sol mundum illuminans,
V,. Jaïn cum sanctis gaudebit in patria
Summi boni fruens præsentià.
R. ‘“ Dans la cour du Roi siprême, Anne brille com:ne un lis; au sein d’une immortelle gloire, elle siège sur un trône royal, glorifiée entre les femmes, et comme un soleil éclairant le monde.”
V. ‘“ Avec les saints dans la patrie, elle jouit de la possession du souverain bien.”
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Fig. 119. Offciale Ae 1552,
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Un autre inanuscrit d’une grande richesse poétique, c'est, —pour l'appeler par le seul nom qu'il possède, —un Officiale, conservé naguère chez M. Rosenthal,de Munich (79). Le Registrum du commencement en fait connaître le contenu, c’est-à-dire :
“Les Vêpres de sainte Anne, des Apôtres, de la Résurrection, de la sainte Trinité, de la Vénération de la sainte Vierge (de Veneratione B. M.), avec Xyrie eleison, Sanctus et Agnus, ad placituin.” Letout, comme nous l’apprenons à la fin du manuscrit, s’est exécuté en 1552 à Taufers (?) en Allemagne, pour la chapelle Sainte-Anne d'Ahornach (2), aux frais du chanoine Gaspard Rawensteyner, curé du même Taufers. Ici, il n'ya pas jusqu'aux antiennes qui ne soient versifiées et rimées, tout comme dans le manuscrit dominicain. Telle: la première de vêpres :
Annæ matris celebremus
Inclita solemnia,
Ut per eam impetremus
Natæ patrocinia.
“ De sainte Anne, l'illustre mère, célébrons la fête, afin d'obtenir par elle la protection de son auguste Fille."
Mais la pièce capitale,