ACTE II, SCENE III
LA DUCHESSE
Après cela , nos maris ne sont pas les seuls qui se laissent séduire : on m'a parlé tout bas du jeune Louis d'Albret, attaché par madame de Maintenon à la maison du duc du Maine, gentilhomme pur, que les bons principes avaient préservé jusqu'ici du souffle des passions, car on ne lui en connaissait aucune.
LA PRÉSIDENTE
Quel dommage !
LA DUCHESSE
Ce n'est pas encore su à la cour... mais on tremble que ce ne le soit. Sa famille est au désespoir; son oncle, le maréchal d'Albret , qui sollicite le gouvernement du Dauphiné , craint que cela ne lui nuise, et m'a priée de parler raison à son neveu.
LA PRÉSIDENTE
Il ne pouvait mieux choisir. Ah! mon Dieu!... mon mari qui m'attend à la chapelle... Adieu, Duchesse, je vais le rejoindre,
LA DUCHESSE, à la Présidente, qui sort par la droite.
Je vous y reverrai... J'irai aussi dans ma tribune... tribune réservée... où l'on n'est pas vue... ce qui permet d'arriver
plus tard. (Elle fait quelques pas pour sortir, et aperçoit d'Albret qui vient
d'entrer par la gauche.) Monsieur Louis d'Albret ! ce pauvre jeune homme à qui je dois un sermon !... Je reste... qui sermonne,
prie. (Elle a passé sur le devant, d'Albret a traversé au fond.)