‹ Les trois mousquetaires. IllustrésChapitre 2 sur 35 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

uni TuiOH.

A l'heure coovenae, les quatre amis élaieal réuais chez MhoE. i.

Leurs préoccupations sur l'équipement avaient tout à fait disparu, et chaque visage ne conservait plus l'cxpriissioii que de ses propres et secrètes inquiétudes, car derrière tout bonheur présent est cachée une crainte é venir.

-Tout à coup Planchet entra, njv>ortaiit deux lettres à !'«•

reste de d'Art«goiD.

L'une était un petit billet gentiment plié en long, avec ud joli cachet de cire verte sur lequel était empreinte une colombe rapportant un rameau vert.

L'autre était une grande épitre carrée, et resplendissante des armes terribles de Son Eminence le cardinal duc.

A la vue de la petite lettre, le cœur de d'Artagnan bondit, car il avait cru reconnaitre l'écriture, et, quoiqu'il n'eût vu cette écriture qu'une fois, la mémoire en était restée au plus profond de son cœur.

Il prit donc la petite lettre et la décacheta vivement

« Proraenei-vous, lui disait-on, mercredi prochain, de six à sept heures du soir, sur la roule de Chnilloi, et rcgardex avec soin dans les carrosses qui passeront. Uais, si vous ta-

LliS TROIS MOUSQUETAIRES.

ei à votre vie et « celle des gens qui vous aiment, ne dites as un mot. ne faites pas un mouvement qui puisse Inisser roire que vous avez reconnu celle qui s'expose à tout pour DUS apercevoir un instant. »

Pas de signature.

— C'est un piège, dit Athos; n'y allez pas, d'Artagnan

— Cependiint. observa d'Artagnan, il me semble bien reonnaitre l'écriture.

— Elle peut être contrefaite, reprit Athos : à six ou sept eur.'Ts, dans ce temps-ci, la route de Chaillot est tout à l'ait cserle. Autant que vous alliez vous promener dans la forêt e Bondy.

— Mais si nous y allions tous? dit d'Artagnan. Que dinle ! on ne nous dévorera point tous les quatre, plus quatre iquais, plus les chevaux, plus les armes; ils en auraient ne inditfestion.

— Puis ce sera une occasion de montrer nos équipages, bserva Porlhos.

— Mais, si c'est une femme qui écrit, dit Aramis, et que ette femme désire ne pas être vue, songez que vous la ompromettez, d'Artagnan, ce qui est mal de la part d'un entilhomme.

— Nous resterons en arriére, dit Porthos, et lui seul s'aancera.

— Oui, ajouta Aramis, mais un coup de pistolet est bien- )t tiré d'un carrosse qui marche au galop.

Bah ! dit d'Artagnan, on me manquera. Nous rejoindrons lors le carrosse et nous exterminerons ceux qui se troueront dedans. Ce sera toujours autant d'ennemis de moins.

— Il a raison, reprit Porlhos, bataille! il faut bien eslyer nos armes, d'ailleurs.

— Ma foi ! donnons-nous ce plaisir, ajouta Aramis de son r doux et nonchalant.

— Comme vous voudref, Sontinua Athos.

— Messieurs, dit d'Artagnan, il est quatre heures et délie, et nous avons le temps à peine d'être à six heures sur 1 route de Chaillot.

— Puis, si nous sortions trop tard, observa Porthos, on e nous verrait pas, ce qui serait grand dommage. Allons inc nous apprêter, messieurs.

— Mais cette seconde lettre, reprit Athos, vous l'oubliez.

me semble que le cachet indique cependant qu'elle mêle d'être ouverte. Quant à moi, je vous diiclare, mon cher Arlagnan, que je m'en soucie bien plHs que du petit brimarion que vous venez tout doucement de glisser sur votre ïur.

D'Artagnan rougit.

— Eh bien! dit le jeune homme, voyons, messieurs, ce ufi me veut Son Eminence.

D'Artagnan décacheta la lettre et lut :

.-M. d'Artagnan, garde du roi, compagnie des Essarts, est ttendu au palais Cardinal ce soir, à huit heures.

« La OcDimÈRE, « Capitaine des gardes. »

— Diable! s'écria Athos, voici un rendez-vous bien autrelent inquiétant que l'autre.

— J'irai au second en sortant du premier, dit d'Artagnan; 'un est pour sept heures, l'autre pour huit. H y aura temps lour tout.

— Hum ! je n'irais pas, continua Aramis; un galant chevaierne peut manquer à un rendez-vous donné par une dame; nais un gentilhomme prudent peut s'excuser de ne pas se endre chez Son Eminence: surtout lorsqu'il a quelques rai-

sons de croire que ce n'est pas pour y recevoir des compliments.

— Je suis de l'avis d'Aramis, dit Porthos.

— Messieurs, répondit d'Artagnan, j'ai déjà reçu par M. de Cavois pareille invitation de Son Eminence; je l'ai négligée, et, le lendemain, il m'est arrivé un grand malheur : Constance a disparu. Quelque chose qui puisse advenir, j'irai.

— Si c'est un parti pris, dit Athos. faites.

— Mais la Bastille? objecta Aramis.

— Bah ! vous m'en tirerez, dit d'Artagnan.

— Sans doute, reprirent Aramis et Porthos avec un aplomb admirable et comme si c'était la chose du monde la plus simple; sans doute, nous vous en tirerons; mais en attendant, comme nous devons partir après-demain, vous feriez mieux de ne pas risquer cette Bastille.

— Faisons mieux, dit Athos, ne le quittons pas de la soirée, attendons-le chacun à une porte du palais avec trois mousquetaires derrière nous. Si nous voyons sortir quelque voiture à portière fermée et à mine suspecte, nous tomberons dessus. Il y a longtemps que nous n'avons eu maille a partir avec les gardes de M. le cardinal, et M. de Tiévillc: doit nous croire morts.

— Décidément, Athos, dit Aramis, vous êtes fait pour être général d'armée. Que dites-vous du plan, messieurs?

— Admirable! répétèrent en chœur les jeunes gens.

— Eh bien! dit Porthos, je cours à l'hôtel, je préviens nos camarades de se tenir prêts pour huit heures, le rendezvous sera sur la place du Palais-Cardinal; vous, pendant ce temps, faites seller les chevaux par les laquais.

— Je n'ai pas de cheval, moi, observa d'Artagnan, mais je vais en faire prendre un chez M. de Tréville.

— C'est inutile, dit Aramis, vous prendrez un des miens.

— Combien en avez-vous donc? demanda d'Artagnan.

— Trois, répondit en souriant Aramis.

— Mon cher, dit Athos, vous êtes certainement le po le mieux monté de France et de Navarre.

— Ecoutez, Aramis, vous ne saurez que faire de trois chevaux, n'est-ce pas? Je ne comprends pas même que vous ayez acheté trois chevaux.

— Aussi je a'eja ai acheté que deux, dit Aramis.

— Le troisième vous est donc tombé du ciel?

— Non ; le troisième m'a été amené ce matin même par Ain domestique sans livrée qui n'a pas voulu me dire ,i qui il appartenait, et qui m'a affirmé aVoir reçu l'ordre de son maître...

— Ou de sa maîtresse, interrompit d'Artagnan.

— La chose n'yfaitrien, reprit Aramis en rougissant, et qui m'a affirmé, ais-je, avoir reçu l'ordre de son maitre ou de sa maîtresse de mettre ce cheval dans mon écurie sans me dire de quelle p.irt il venait.

— 11 n'y a qu'aux poètes que ces choses-là arrivent, reprit gravement Athos.

— Eh bien! en ce cas, faisons mieux, dit d'Artagnan. lequel des deux chevaux monterez- vous? celui que vou; avez acheté, ou celui qu'on vous a donné?

— Celui qu'on m'a donné sans contredit. Vous comprenez, d'Artagnan, que je ne puis faire celte injure...

— Au donateur inconnu, reprit d'Artagnan.

— Ou à la donatrice mystérieuse, dit Athos.

— Celui que vous avez acheté vous devient donc inutile?

— A peu prés.

— Vous l'avez choisi vous-même? demanda d'Artagnan.

— Avec le plus grand soin. La sûreté du cavalier, vous le savez, dépend presque toujours de son cheval.

— Eh bien! cédez- le-moi pour le prix qu'il vous coûte.

— J'allais vous l'offrir, mon cher d'Artagnan, en vous donnant tout le temps qui vous sera nécessaire pour me rendre cette bagatelle.

— Et combien vous coûte-l-il?

— HuK cents livres.

— Voici quarante doubles pistoles, mon cher ami, dit ëArtagnan en tirant la somme de sa poche; je sais que c est la monnaie avec laquelle on vous paye vos poèmes.

— Vous êtes donc en fonds? demanda Aramis.

— Riche! richissime! mon cher!

Et d'Artagnan fit sonner dans sa poche le reste de ses Distoles.

— Envoyez votre selle à l'hôtel des mousqueUlreg, et 1 on vous amènera votre cheval ici avec les nôtres.

— Très-bien! mais il est menlôt cinq heures. Bâtonsnous.

Dn qnart d'heure après, Porthos apparut à un bout de It rue Pérou, sur un genêt magnifique.

Mousqueton le suivait sur un cheval d'Auverene, peiit, mais solide. " "^

fortbos apparut • un bout de li rue Pérou, sur uD genêt magnilique.

"orlhos resplendissait de joie et d'orgueil

En même temps, Aramis apparut à l'autre bout ■« It nie, monte sur un superbe coursier anglais.

Bazin le suivait sur un cheval rouan, tenant en iaiste un Tigoureui mecklembourgeois.

CélÂl la monture de d'Artagnan.

les deux mou.squetaires se rencontrèrent à la [lorte.

Atho; et d'Artagnan les refardaleot par la fenêtre.

^ Diable I dit Aramis, vous avez là un superbe cheval, mon cher!

— Oui, répondit Porthos, c'est celui qu'on devait m'envoyer tout d'abord. Une mauvaise plaisanterie du mari lui avait substitué l'autre: mais le mari a été bim puni depuis, et j'ai obtenu toute satisfaction.

Pianchct et Grimaud parurent alors à lew tour, tenant eo main les moutures de leurs niaitres.

D'Artagnan et Alhos descendirent, se placèrent en selle près de leurs compagnons, et tous auatre s'acheminèrent vers le quai, Athos sur te cheval qu il devait à sa femme, Aramis sur le cheval qu'il devait à sa maîtresse, Porlhos sur le cheval qu'il devait à sa procureuse, et d'Artagnan sur le cheval qu'il devait à sa bonne fortune, la meilleure maîtresse de toutes.

Les valets saivirent.

Comme l'avait pensé Porlhos, la cavalcade Dt bon eflei. et, si madame Coquenard s'élait trouvée sur le chemio de Porthos et eut pu voir quel grand air il avait sur son beau genêt d'Espagne, elle n'aurait pas regretté la saignée qu'elle avait faite au coffre-fort de son mari.

Prés du Louvre, les quatre amis rencontrèrent M. de T; é-

ville qui revenait de Saint-Germain; il les arrêta poui

l leur faire compliment sur leur équipage, ce «ui t» ^

U se umpa liéremenl devant UH. les gardes. — Pige 10.

instant, amena autour d'eux Tielques centaines de badauds.

D'Artagnan profita de la circonstance pour parler à M. de Tréville de la lettre au grand ca:het rouge et aux armes dacales.

11 est bien entendu que de l'autre il nt souffla point mol.

M de Tréville approuva la résolution qu'il avait prise, et l'assura que, si le lendemain il n'avait pas reparu, il saurait bien le retrouver, lui, partout où il serait.

En ce moment, l'horloge de la Samaritaine sonna six heures.

Les quatre amis s'excusèrent sur un rendez-vous, et prirent congé de M. de Tréville.

Un temps de galop les conduisit sur la rosie de ChailloU Le jour commençait à baisser; iis voitures passaient et repassaient.

D'Artagnan, gardé à quelques pas par ses amis, plongeai! ses regards jusqu'au fond des carrosses, et n'y apercevait aucune Dg.ire de connaissance.

LES TIIOIS MOUSQUETAIRES.

Enfin, après un quart d'heure d'attente, et coiiinie le créiii:scu!e tombait lout à fait, une voiture apparut, ,nrriva;it du grand £rslo|' par !a route de Sèvres

Un pressentiment dit d'avance à d'Artagnan que cette voiture renfermai' la personne qui lui avait donne rendeï-

Vii'.is.

Le jeîtne homme feit tout étonné lui-même de sentir son C'Eur b.illre s" violemment.

Presque aussitôt une tête de femme sortit par la portière, deux doifrts sur la bouche, comme pour recommander le silence ou comme pour envoyer un baiser.

D'Artagnan poussa un léger cri de joie.

Cette femme, ou plutôt cette apparition, car !a voiture ivait passé avec la rapidité d'une vision, était madame Bo- Jacieux.

Par un mouvement involontaire et malgré la recoramandaticn faite. d'Artagnaii Imça son cheval au galop, et en quelques bnnds rejoiirnit In voiture: mais le mantelet de la portière était hermétiquement fermé.

La vision avait disparu.

D'Artagnan alors se rappela cette recoraraandaiion

« Si vous tenez à votre vie et à celle de cou.i qui vous aiment, demeurez immobile, comme si vous n'aviez riea vu. »

Il s'arrêta donc, tremblant, non pour lui, mais pour la pauvre femme, qui évidemment s'était exposée à un grand peni en lui dminnal ce rendi.'z-vous.

La voiture continua sa roule, et, toujours marchant à fond de irain, s'enfonça dans Paris et disparut.

D'Artagnan était resté interdit à la même place et ne sachant que penser.

Si c'était madame Bonacieux et si elle revenait à Paris,pourquoi ce rendez-vous fugitif? pourquoi ce simple échange d'un coup d'œil. pourquoi ce baiser perdu?

Si, d'un autre côté, ce n'était pas elle, ce qui était encore bien possible, car le peu de jour qui restait rendait une erreur facile; si ce n'était pas elle, ne serait-ce pas le commencement d'un coup de main monte contre lui avec rafipât de ce!te femme, pour laquelle on connais sait son amour?

Le8 trois compagnons se rapprochèrent de lui.

Tous trois avaient parfaitement vu une tête de femme apparaître à la portière, mais aucun d'eux, excepté Aiho-, ne connaissait madame Bonacieux.

L'avis d'Atbos, au reste, fut que c'était bien elle; mais, moins préoccupé que d'Artagnaa de ce joli visape. Il avait cru voir une seconde tèie, une tête d'homme, au f . n I de la voiture.

— S'il en est ainsi, dit d'Arlagnan, ils la Iransporleut sans doute d'une prison dans une autre. Mais que veulent-ils donc faire de celte pauvre créature, et comme'it la rejoindrai-je jamais?

— Ami, dit gravement Alhos, rappelez-vous que }es morts sont les seuls qu'on ne soit pas exposé h rencontrer sur la terre. Vous en savez quelque chose ainsi que moi, n'est-ce pas? Or, si voire maîtresse n'esi pas morte, si c'est elle que nous venons de voir, \i)uï la retrouverez un jour ou l'autre. El peut-être, mon Dieu, ajouta-t-il avec cet accent misanthropique qiii lui était propre, peut-être plus tût que vous ne voudrez!

Sept heures et demie sonnèrent; la voiture était en retard de vingt minutes sur le rendez-vous donné.

Les amis de d'Arlagnan lui rappelèrent qu'il avait une visite i faire, tout en lui faisanl observer qu'il •:iaii encore temps de s'en dédire.

Mais d'Arlagnan claii à la fois entêté et curieux.

Il avait ml.s dans sa lêle qu'il irait au l\'ilai.''-Cardlnal, ei qu'il isauraii ce que voulait lui dire Son biuineiice.

Kicn ne put le faire changer de résolution.

Ou arriva rue Saint-Honoré et place du Palai.s-Cardinal-, on trouva les douse mousquetaires convoqués qui se promenaient en attendant leurs camarades.

Là seulement on leur expliqua ce dont il était anestion.

D'Artagnan était fort connu dans l'honorable corps des • mousquetaires du roi, où l'on savait qu'il prendrait un jour sa place; on. le regardait donc d'avance comme un camarade.

11 résulta de ces antécédents que chacun accepta de grand cœur la mission pour laquelle il était convié; d'ailleurs, il s'agissait, selon toute probabilité, de jouer un mauvais tour à M. le cardinal et à ses gens, et. pour de pareilles expéditions, ces dignes gentilshommes étaient toujours prêts. .

Athos les partagea donc en trois groupes, prit le commandement de l'un, donna le second à Aramis, et le troisième à Porthos; puis chaque groupe alla s'embusquer en face d'une sortie.

D'Artagnan, de son côté, entra bravement par la porte principale.

Quoiqu'il se sentît vigoureusement appuyé, le jeune homme n'était pas sans inquiétude en montant pas à pas le grand escalier.

Sa conduite avec milady ressemblait tant soit peu à une trahison, et ii se doutait des relations politiques qui existaient entre cette femme et le cardinal.

De plus, de Wardes, qu'il avait si mal accommodé, était des fidèles de Son Eminence, et d'Arlagnan savait que, si Son Eminence était terrible à ses ennemis, elle était fort attachée à ses amis.

— Si de Wardes a raconté toute notre affaire au cardinal, ce qui n'est pas douteux, et s'il m'a reconnu, ce qui esJ probable, je dois me regarder à peu prés comme un iionime condamné, disait d'.\rtagnan en secouant la tête. .Mais pourquoi a-t-il attendu jusqu'à aujourd'hui? (]'est tout siniide : milady aura porté plainte contre moi avec cette hypocrite douleur qui la rend si intéressante, et ce dernier crime aura fait déborder le vase... Heureusement, ajouta-t-il, mes bons amis sont en bas, et ils ne me laisseront pas emmener sans me défendre. Cependant la compagnie des mousquetaires de M. de Tréville ne peut pas faire à elle seule In guerre au cardinal, qui dispose des forces de toute la France, et devant lequel la reine est sans pouvoir et le roi sans volonté. D'Artagnan, mon ami, lu es brave tu es prudent, lu as d'eicetlenles qualités, mais les femmes le perdront!

Il en était /i cette triste conclusion lorsqu'il entra dans l'.intichambre.

Il remit sa lettre à l'huissier de service, qui le ûl passer dans la salle d'attente, et qui s'enfonça dans l'intérieur du palais.

Dans cette salle d'attente étaient cinq ou six gardes de M. le cardinal, qui, reconnaissant d'Arlagnan, et qui, sachant que c'était lui qui avait blessé Jussac, le regardèrent en souriant d'un singulier sourire.

Ce sourire parut à d'Arlagnan d'un mauvais augure; seu lemenl. comme noire Gascon n'était pas facile à intimider, ou comme, grâce à un grand orgueil naturel aux gens de son pays, il ne laissait pas voir facilemeni ce qui se passait dans son âme quand ce qui s'y passait resseinulail à de la cniinle, il se campa fièrement devant M.M. les gardes, et attendit la main sur la hanche, dans une attitude qui ne manquait pas de majesté.

- L'huissier rentra et fit signe à d'Arlagnan de le suivre.

Il sembla au jeune homme que les gardes, en le regardant s'éloigner, cliuchotaient entre eux.

Il suivit un corridor, traversa un grand salon, enlM dan» une bibliothc(pie, et se trouva en face d'un homme assil devant un bureau et qui écrivait.

L'huissier l'introduisit et se relira sans dire une parole.

D'Arlagnan resta debout et examina cet homme.

D'Arlagnan cul d'abunl qu'il avait all'aire a quelque j«^

LES TBOlî UOOS^CETAIBH.

?a:;e !3 -II.

exaniînaDt son dossier; mais il s'aperçut que l'homme du burenu écrivait ou plutôt corrigeait des lignes d'inégale longueur en scandant des mots sur ses doigts; iî vit qu'il était ^n tace d'ub poêle.

Au bout d'un inslaiil le poète lerma son manuscrit, sur la couverture duquel était écrit Mirame, tragédie en cinq actes, et il leva la tête

D'Artai;nan reconnut !c cardinsl.

-'='&'-^Sl^^S^eDs:^^»-=S^

Page 1