LE MARQUIS, LA DUCHESSE
LE MARQUIS
Je suis à vos ordres.
{U lui présente un siège qu’elle repousse.)
LA DUCHESSE
Non, c’est inutile. Je vous reprocherai plus tard ce qu’il y avait de peu généreux à tue compromettre aux yeux de N itella !..
LE MARQUIS
Ah! madame, je ne voulais pas...
LA DUCHESSE
Aujourd'hui, voici ce qui m’amène. Le cardinai de Richelieu, soit instinct, soit qu’il ait été prévenu des projets de nos gentilshommes, a quitté sa terre de Limoux pour rentrer à Foulaibleau. LE MARQUIS.
Oh ! oh ! voilà qui change une partie de nos
plans. LA DUCHESSE.
Le bruit court qu’il se dispose à revenir bientôt, demain peut-être, à Paris, où la faiblesse du Roi va lui livrer sans pitié ses ennemis.
LE MARQUIS
Il est capable de demander leur tête.
LA DUCHESSE
11 faut donc à tout prix empêcher ce retour qui nous perdrait.
LE MARQUIS
Comment faire?
LA DUCIIESSB.
Rejoindre Chalais qui attendra sur la route, avec scs amis , la litière du cardinal , parti ce
Soir. LE MARQUIS.
La Huit de mes noces ?
la DtcnEsse.
Les plaisirs se retrouvent toujours...
LE MARQUIS
Quand on les a déjà goûtés.
LA DlCHESSe.
Mais les occasions de perdre un ennemi, jamais! LE MARQUIS.
Eh bien ! soit. Alors j’emmènerai mon épousée.
LA DUCHESSE
Jeter une jeune femme au milieu d’un drame qui peut devenir sanglant ! ce serait folie.
LE MARQUIS
La plus grande serait qu’elle pût devenir veuve avant d’être ma femme.
LA DUCHESSE
Vous me faites frémir avec votre légèreté!
vous avez, à me répondre à moi d’une existence qui fait la mienne.
LE MARQUIS
Je réponds de tout.
LA DUCHESSE
Présomptueux que vous êtes ! Les chevaux vous attendent.
LE MARQUIS
Je compte sur votre appui auprès de Sa Majesté.
LA DUCHESSe, lui tendant la main.
Tout, pour tout.
LE MARQUIS
Voilà parler. (Il lui baise la main.) Que j’aie la faveur de vous reconduire. (Au moment où ils s’éloignent, Mariol passe la tête et les regarde partir.)