li A V
M Si fait I dit Lauçe «t ie $i4is défendue
>» Uniqoeinçiit par ce fer que tu vois,
— Mais pçnse^t Qn que K craigne une épé« »
n Moi qui sortie vaiivqueuren tous combats ?••
n— Oui : celle-ci y car elle est enc(iantée ,
n £t ta valeur Qfi t'en sauvfroit pas.
n Cent chevaliers dont l'amour c use audtca
M N*avoli faite csis Ht mes sages avis »
>» Jusqi\'a.u dernier sont tous morts sur la place^
M Encor d'amçur n'Q|)t*ils p^s eu le prix.
n Ne restciplu^ des diverfes épreuves
M Qu'ici mon père aun Chevaliers offrit »
M Que cf lle«ci«.. t'ai ^éitmén les preuves ,
n Souviens-t'en bien et le charme fin t.
H O bel ami ! (4e graee» de mes charmes
>» Sois attentif à détourner (es yeux ,
M Ne livre p?s à d'é^rtielles larmes
n Ta pauvre Laure » et tu seras heureux. >»
—Heureux ? ne vois pa9 tîop comment peu*
Tctre n Am^ot nourri d*a|iK>ur contemplatif... .
M Le $ort veut-il qu'on soit sage à le lettre? M Nous défend-ril fusqu'au coDSolatif' >» N'ai , de par dieu > dç^uis que suis envie , M Ouï parler de tel événement »
M Sefoltice pas pudeur à l'agonie, f* Dont la (use est dernier retiiMichemcnt K.1 >« Faut l'éprouver, n Comme i\alloit résoudre J^^ question , àL^iire échappe un cri , Le glaive p^rt , siiSe et eotume la foudre Tombe , égrati&ne et ente e en son étui.
»♦ Eh bien, mon eher,eii doutez-vous encore ?
ET &AUVAIN 55
Nenni , ma Bii« a et ceci n'e^t un jeu :
Ah ! quelle peur vous«vez faite à Laare!
tt Peu s'en falloit que ne vous disse adieu»
>» Mais je respire... Allons , soyez plus sage ; >• Dormez, mon cœur. .N'êtes vous pas ble^é?
n Non (dit Gauvain» plein d'amour et de rage *t Mais aimeroî» mieux ê^re trépassé. *» Quoi } «««a dit qu'avec gente pucel!e »
** A tresse blonde , aurai toute une nuit « n Rien que des yeux travaillé près d'ic«l|e » »» £t sortirai, comnite Tithon , du lit?
>• Serois en bure à centpilaisanteries; >» La cour d'Artus au doigt memontcera»
9* Ne souffrirai jamais leurs railleries , f* Etcette^pée.' aucun d'eux n'y croirf.
M Oh î c'en est ffât, de mes jours n'ai plus cure» »» Moutrai plutôt^ mai s mourrai triompbafin » Nouveaux «flRjrts et nouvelle piqpûre , Tandis 9u'au mi^ux i^ belle se déXend*
Ne citons plus les tourmens de TjiotAle , Ceiui-ci o'eft à comparer au sien,
au vain voyant tout ce que Laure étala, - £st plus à plaindre , eii Retouchant rien.
A in si ja dis 1 e bonhomme Moï$« Four un petit avoir pu s'égarei, £xclapar Oieutde la terre promise, Touchoit la^pôrte et n'y pouToit entrer.
Ou , tel cncor est auprès d'une impure^ Un Jouvenceau qui de feux dévoré , Craignant moin$ Oieu que l'effet du mercure « N'ose surgir au temple dcsiré.
Tel est Gauvain qui plus ne se possède ,
Se recommande à Robert d'Arbristel, Pour assouplir par quelque bon remède De nos plaisirs ragent universel.
Vaine ressource : il est incorrigible , Et ne pouvant le mettre i la liaison , Notre héros tout à jour comme un crible , Préfère enfin la ruse à l'oraison* Jien que l'épée ait bons yeux etbonoe aile.
En tapinois il sait detems en tems Mettre en défaut l'active sentinelle , Ec sur le gros prenant à tous momens Nouvel à compte , avec mainte blessure »
Gagnant terrein , puis reculant deux pas» Assez en Fait pour calmer sa luxure.
Et pas assez pour craindre le trépas.
Pas n'est befoin , mes amis » de tous dire Qu'au chevalier la nuit-étaît sans fin »
L'aube du ioûr à ses yqiix vint reluire:
11 eaf ut aise et n'en fit pas le fio« D'une autre part le père de la Belle »
Que du galant alarmoit le destin»
£c comme lui n'ayant dos la prunelle »
Chez nos amans se rend de grand matin»
Pensant trouver son étranger sans vie.
Peu s'en f^iUut qu'il ne chdt de son haut Quand il te vit ,Ia mine épanouie» , A sa rencontre accourir d'un plein saut»
•» Oh ! par ma foi f je le dis i ma honte , H Mais vous saucez » Seigneur» que je n'ai fait w Chose qui pÛt m 'attirer mon décompte*
M Etvotre fille est encore iiu complet*
La couverture en miile endroits percée»
Le sang par- tout répandu sur les draps »
Le ris. malin de Laure embarrassée , Le lit défait et l'air d'un couple las»
Tout déroentoit pourtant cette %t%t%%tf £c n'en étoic dupe le Châtelain ; Aussi le pre\ix en ces mots se confesse :
n Ufvpeu plus tard c'étoit fait de Gauvain»n — Ga^vâin? ô ciel I quoi» vous êtes ^••.-- sans
doute...
Neveu d'Artus ?... fléau des mécréans ?..
Et i'auroispu?— Mais,pour ce qu'il m'en coûtt, M Ne suis faché d'être venu céans.
M D'honneur, avez une fille divine , >* Et veux finir ce que î'ai commencé.
— Elle est k vous , Seigneur , et je devine n Comment par vous est le charme ce«sé; M Laure devoit, aux termes de l'oiracle , n N'appartenir qu'au plus grand des guerriers. ** CePreux,'c'estvous...ainsi»cen'estmiracl« »• Si jusqu'ici plus de cent chevaliers, M Qu'ai recrutés pour finir l'aventure , M Dé la recherche ont payé tous les frais* >» Le ciel veilloit dessus votre future , n Epousez- là «pour remplir ses décrets* H Mais à cela \e ne vous veux contraindre:
9* Tous mes biens sont à vous dès ce moment* —-Merci, Seigneur, suis riche, et dis sans
feindre, M Ne veux de rous que Laure seulement, n
SÇ L A ir A t
Grâce aux on dit qu'épand la renoqpié* Pour «muser oisîft de tous pays ,3 On sçut bientôt que par tendre hyméoét « Le preux Gauvain , et Laure étoient unis* De toutes parts vinrent à cette fête.
Berger» . vassaux , parens et chevaliers»
Ris » et plaisirs ia rendirent complette , Pages d'amour n'y furent les derniers.
Et ces fripons, quand ta nuit vint étreindre De noeuds de fleurs nos fortunés ëpouz, Disoientenchoeur.««Plusn'escd'épée à craindre, n Ni de sermons , beau Sire, vengea- vous n.
Sî ]k n'étoît trop longue cette histoire ,
Voici l'endroit de glisser un avis ,
Qui nous présente un moyen péremptoîre
Pour éviter hymens mal assortis. \
Plus d'une femme en ce siècle trompée.
Court à l'hymen et puis s'en mord les doigts
Or , n'adviendrûit ce malheur , si l'épée
Dont est parlé , pbuvoit guider son choix»
Piron voulait au cœur une fenêtre ,
Et c'est à lui bien sagement pensé»
Mais n'est ?ssez de démas^quer le traître ,
Par aneépée il faut qu'il soit tancé.
Faire des loix n'étant du tout ma tâche ,
Car à des sourds on prêcheroit envain ,
Je veux redire à celui qui s'en fâche ,
Ces vers* chantés aux nd jes de Gauvain.
M Jeunes beautés qu'une première fJiut* ^ . M Dans ie désordre peut jetter »
ET GaUVAIN. 59
y» A vos galans tenez la figue haute, n Et faites-là leur acheter. bis»
M Mtîs dès qu'aurez amaiy à votre gulse^
M Pour lut n'ayez plu$ de rigueur , M Trop résister chez nous désir aiguiie , . M Mais long désir ôte vigueur.
n Que la prudeoee et Kamour soient vot
guides ,
w Ménagez vos rapides feux : M Sachez qu'il n'est pour goûter biens solides «
M Qu'un prélude voluptueux. bU,
M Lorsque l'ennui de long-tems'vous défendre
»♦ A fatigué votre vertu , n Sachez unir le plaisir de vous rendre
9> A l'hoonear d'avoir combattu* bis.
LES ALBIGEOISES,