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LES SENSATIONS ORGANIQUES

quet de son nez, et alors il ouvrait la bouche, et restait immobile un certain temps, souriant de plaisir ; en un mot, il paraissait apprécier et distinguer les odeurs. 11 est, nous l’avons dit plus haut, des aliments qui n’impressionnent pas seulement le goût (qui nous fournit les sensations de saveurs douces, sucrées, salines, âcres, acides, amères), mais qui nous procurent aussi des sensations olfactives, comme le chocolat et le café : cet enfant les aimait à la folie, bien plus que le sucre ; il appréciait certainement, tout comme nous, le fumet du cacao et du moka. — J’en ai vu deux autres, du même âge, que l’odeur de la rose ou du réséda, qui n’arrive point par l'aliment, laissait plus indifférents que le fumet du chocolat. L’odeur-aliment, et cela se conçoit, usurpe sur la sensibilité inexpérimentée de l’enfant les droits de l’odeur simple, tandis que le contraire arrive très fréquemment chez l’adulte. Les anciens se couronnaient de roses dans leurs festins ; nous mettons souvent des fleurs dans nos salles à manger, et, dans tous les cas, nous y apportons d’ordinaire avec nous des parfums délicats, qui ne font pas tort au fumet des vins et des viandes.

Le sensations organiques. — Bain adonné ce nom à celles qui naissent des diverses dispositions ou affections de notre corps, et qui viennent toutes se fondre dans le sens vital ou sens fondamental, sensation générale de notre existence, sensation immédiate de notre propre corps, qui est d api ès le docteur Luys, la somme de toutes les actions nerveuses,et comme la base organique delà conscience. Au sens organique se rapporteraient les sensations delà respiration, celles de la circulation et de la nutrition, les sensations spécifiques des nerfs et des muscles, comme la fatigue, les sensations de coupure et de déchirure, les crampes et les

PSYCHOLOGIE DE L’ENFANT

spasmes, etc. Que 1 enfant, organisme inachevé et d’accommodation imparfaite, dans la première période surtout, n’éprouve fréquemment des douleurs de ces différentes espèces, cela ne fait aucun doute. Il est moins évident qu’il éprouve les sensations de plaisir correspondantes. C’est qu’elles équivalent, en général, à des sensations de régularité fonctionnelle et de bien-être qui ne se traduisent pas par des marques violentes.

Le bien-être qui résulte d’une respiration convenable doit être un de ceux que l’enfant ressent le plus. En effet, la respiration étant plus active chez lui que chez l’adulte, et la fréquence des inspirations lui faisant une nécessité plus grande de l’air oxygéné, d’un côté, l’enfant doit porter une assez vive attention à l’acte respiratoire, à cause des modifications rapides qu’il fait éprouver à ses organes, et, d’un autre côté, la qualité et la température de l’air respiré doivent lui procurer des sensations en rapport avec la fraîcheur et l’appétition de ses organes respiratoires. Aussi nous savons tous que, pour le nourrisson à peine âgé d’un mois, la promenade au grand air est la plus salutaire distraction et la plus agréable jouissance.

Si l’on admet une conscience organique et automatique, toujours veillant sur toutes les parties internes et externes de l’être, on peut aussi ranger parmi les sensations heureuses de l’enfant celles que lui procure un sommeil régulier. Le pur sommeil de l’enfant, implique une saine et complète nutrition, un parfait accord de toutes les fonctions. Non seulement le sommeil est la condition de l’accroissement des organes, et du développement intellectuel et moral, qui se fait moins par les impressions reçues que par les perceptions digérées et consolidées ; mais il est la part la plus bienfaisante que la nature fasse à l’enfant jusqu’à l àge de la curiosité vive et de la locomotion facile. Et qu’est-ce donc si ce bonheur négatif, qui est l’absence de toute sensation pénible, et qui prépare au réveil des sensa-

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