‹ Les trois premières années de l'enfantChapitre 29 sur 65 · SYMPATHIES VARIÉES · texte numérisé non relu

SYMPATHIES VARIÉES

les retourne, les abat, les redresse, les jette, les reprend, les poursuit à quatre pattes quand il ne peut les atteindre, les attire à lui, les frappe les uns contre les autres, les met les uns dans les autres, fouille dans leurs profondeurs, les entasse et les sépare, enfin joue ou s’instruit par eux de mille manières. La vue et le tact, qui paraissaient autrefois le plus souvent de simples auxiliaires du goût, fonctionnent pour eux- mêmes: à la synthèse primitive des fonctions succède une analyse de plus en plus forte et délicate ; les cercles concentriques des sensations, des perceptions, des jugements, dessentiments, vont s’élargissant, et désormais, le savant dont j’ai parlé plus haut admire la petite bête s’élevant de jour en jour, d’heure en heure, au rang de petit homme.

Voici un petit enfant de onze mois. II est passionné pour son biberon, qui lui représente une source de jouissances exquises ; mais il a fait connaissance avec un certain nombre d’aliments agréables, la soupe, le pain, la viande, les gâteaux, les fruits, le vin sucré, qu’il paraît aimer autant que sa première nourriture. Cependant, lorsque, son appétit satisfait, vous le mettez à ses jouets, on voit qu’il en jouit tout autant, sinon delà même manière, que de la nourriture; il montre les mêmes tendances à s’en emparer, la même attraction vers eux, la même peine, si on l’en prive, la même joie sur le visage, dans les gestes et les attitudes, à leur demander des sensations agréables. D’autre part, je le vois tendrement aimer sa mère, sa bonne, sa sœur, sa tante, les personnes qui le nourrissent, le choient, le caressent, lui parlent et l’amusent. Il parait même faire quelque différence, au point de vue affectif, entre telle et telle de ces personnes. Il parait plus joyeux d’aller dans les bras do sa mère et de sa bonne, qui sont pour lui d’une douceur et d’une gaîté extrêmes, que dans ceux de sa petite sœur, qui l’étreint si maladroitement qu’elle le fait pleurer, et surtout de sa tante, qui se croit très aimable

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et très caressante, mais qui n’en a pas l’air, et qui joint une voix criarde à un visage revêche. Cet enfant est égayé par un jeune ou joli visage, et montre très peu d’empressement pour les visages laids, vieux, ou cachés par une voilette. Il a ses affections variées suivant les objets ou les sensations qu’ils lui procurent, suivant le raractère, les gestes, les procédés des personnes : il a aussi ses haines, et pour les personnes, et pour les choses. Il s’exaspère, quand un voisin, âgé de sept ans, qui lui a fait plus d’un tour et surtout plus d’une grimace, fait semblant de l’embrasser. Un de ses oncles amène souvent un petit chien noir des plus aboyeurs, dont la seule vue assombrit l’enfant, et dont l’approche l’effraie ou l’irrite. Le martinet, le clysopompe, la serviette à laver, sont pour lui des ennemis personnels. Ainsi, les objets inanimés ont déjà une large part dans les sentiments du petit enfant. Le plaisir et la peine que ces objets font éprouver à quelqu’un de ses sens sont le germe de toutes ces affections et de toutes ces répulsions. Mais la curiosité, le besoin incessant d’émotions vives ou nouvelles, servent d’excitant et fournissent un aliment quotidien à sa jeune sensibilité.

Les affections de l’enfant, comme la curiosité qui les surexcite, sont à fleur d’esprit. Elle glissent des objets aux objets, des personnes aux personnes. Par suite de sa profonde ignorance et de son attention vite lassée, il ne peut pas s’occuper longtemps d’une personne ou d’un objet, qui ne sauront pas se varier, se métamorphoser, au gré de sa mobile curiosité. Voici un enfant de dix mois ; il confond les fleurs avec les autres objets inanimés : un morceau de papier rose excite en lui un sentiment de curiosité, une attraction, un plaisir, de même vivacité et de même durée, que celui que lui procure une belle rose. Quand je flaire cette fleur devant lui, et que je l’invite à m’imiter, en lui disant: « Elle sent bon », il aspire, il a l’air content, il est sensible à la bonne odeur de la rose; mais les parfums ex-

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citent en nous des sensations si vite émoussées, qu’il faut avoir l’habitude à moitié artificielle de l’adulte (de l’adulte même animal, car j’ai vu souvent des chats se fourrer le nez dans des violettes, en vrais gourmets d’odeurs), pour savourer ces sensations en les renouvelant méthodiquement, pour les apprécier, et pour aimer les fleurs à cause de leurs parfums. Le charme des nuances végétales, si profondément ressenti par l’adulte, a vite fatigué l’enfant. A l’égard de ces êtres si fragiles, et surtout dans ses mains, son plaisir est encore plus fragile. Il tressaille d’aise à les voir, à les sentir, et bientôt il les délaisse pour autre chose. Son organisation, plus faible que la nôtre, subit presque sans réaction l’effet de cette loi naturelle, qui veut que les sensations le plus agréablement ou péniblement vives, ne lui plaisent ni ne l’attristent jamais longtemps. Eles lui plaisent ou l’attristent souvent à nouveau, et les sensations agréables sont les bienyenues, les sensations contraires sont mal reçues, quand elles se répètent après des intervalles suffisants.

Sympathie animale. — Les êtres animés ont, un peu plus que les objets inanimés, le don d’arrêter l’attention, d’éveiller la curiosité, et partant d’exciter l’affectibilité de 1 enfant. Les chiens, les chats, les moutons, les oiseaux, les poulets, voilà, par excellence, ses instruments récréatifs, instructifs et affectifs. Est-il étonnant qu’il en soit ainsi? Ils réunissent pour lui tous les plaisirs de la vue et de l’ouïe, les jouissances multiples du tact, et cette volupté latente qui suit les satisfactions de l’appétit du mouvement. Au renouvellement continuel de la curiosité, qui s’opère grâce à eux, s ajoutent aussi les influences non moins puissantes de la sympathie animale. Quelle fête, quand l’enfant étreint une de ces bêtes complaisantes de ses petites mains

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convulsives ! C’est sa propre vie, sa propre personnalité, qui se répercute vaguement pour lui dans ces organes agités des mêmes mouvements que les siens. Ce sentiment, plus héréditaire que dérivé, de la sympathie, a quelquefois chez lui des phases d’excitation supérieure : les jeux, les caresses, les cris de joie, les doux grognements, les plaintes, les gémissements du chien ou du chat, tout cet ensemble de sensations à signification sympathique renforce la curiosité et surexcite les affections produites par les larges satisfactions delà vue. de l’ouïe, du tact, du mouvement, que la présence de ces animaux lui procure.

Cette sympathie pour l’animal ne va guère, d’ailleurs, chez l’enfant, jusqu’à la sympathie morale. Un enfant de dix mois, mon voisin, qui joue toute la journée avec le chien et le chat, les aime, mais plus pour lui que poureux, pour le plaisir qu’ils lui font que pour celui qu’il peut leur procurer lui-même. Il n’a pas l’air de se douter que ces animaux jouissent et souffrent. Leurs ébats, leurs voix joyeuses, le charment; leurscris ou leurs colères l’étonnent, l’effraient, l’attristent : c’est à peu près tout. Comme le chien est plus doux que le chat, il n’est pas d’épreuve à laquelle l’enfant ne soumette sa patience : il se jette de tout son poids sur lui, le tire par la queue, par les pattes, par les oreilles, lui mord même la queue, crie à l’assourdir, lui fourre divers objets dans la gueule, éparpille sur lui ses jouets, lui fait tomber une chaise dessus, le bat avec sa pelle de bois, etc. L’autre jour, dans le jardin, la bonne l’a assis sur le gazon, et, pour l’amuser, a mis une tortue près de lui : il observa tout d’abord le pauvre chélonien avec une assez grande curiosité; ce que voyant, la bonne le laissa seul un moment; à son retour, la tortue avait une patte à demi-arrachée, et l’intéressant observateur était occupé à en tirer une autre de toutes ses forces. Du reste, ce mépris de la douleur chez l’animal, lorsqu’elle ne se traduit pas par des signes extérieurs très sensibles, est commun à

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l’enfant et à un grand nombre d’adultes, et provient d’une éducation mauvaise plutôt que d’un défaut naturel de sensibilité. J’ai vu bien souvent des gens sans instruction, des bonnes, par exemple, convaincus que tel animal ou tel insecte ne souffre pas. Les partisans outrés de l’automatisme des bêtes, et Malebranche entre autres, n’ont-ils pas professé que cela ne sent pas? 11 est même bien remarquable qu’un savant, le célèbre Lamarck, un des précurseurs de Darwin, aitdonné à une partie du règne animal le nom d’animaux apathiques.

Sympathie humaine. — Un enfant de douze mois, qui revint dans la maison paternelle après un mois d’absence, vit avec indifférence un chat bien connu se frotter sur sa robe en ronronnant. 11 fit à peine attention au chien qu’il avait vu tous les jours dans la cour, avec lequel on l’avait laissé jouer quelquefois, et dont il disait très souvent le nom. Il fallut bien une dizaine de minutes pour qu’il redevint familier à l’un et à l’autre. Mais à peine vitil une bonne vieille servante venir de son côté, avant même qu’elle l’eût appelé par son nom, il rit et lui tendit les bras, en faisant de joyeux soubresauts. C’est que le petit enfant, qui paraît souvent aimer le chien ou le chat presque à l’égal de ses parents, oublie plus facilement les animaux que les personnes. L’enfant un peu plus âgé se souvient beaucoup mieux des animaux ; il en parle même à tout instant, quand il est loin d’eux. Mais je crois qu’en général l’affection qu’il a pour les personnes est plus profonde. Rn mettant de côté les penchants à la sympathie qui résultent de l’organisation et de l’hérédité, l'homme est encore plus pour l’homme, et surtout pour l’enfant, cet « être ondoyant et divers », objet d’une curiosité toujours nouvelle, toujours attrayante, toujours satisfaite. Le petit

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enfant est, dans toute la rigueur du mot, suspendu aux regards, attaché aux lèvres, enchaîné aux gestes de ceux qui l’approchent. La parole est, par elle-même, et à part les idées et les sentiments, variés commeelle, qu elle exprime, une musique dont le rythme et les intonations sont proportionnés aux facultés esthétiques du petit enfant. L’œil joint, au charme et à l’utilité de son expression universelle, les éclairs de la passion, et comme les secousses électriques de la volonté ; c’est le plus attachant des spectacles : cette vivacité, cette limpidité, ce chatoiement, ces rayons, ces caresses, cette profondeur, attirent, éblouissent, fascinent l’œil du petit enfant, comme les contours et les dessins fuyants d’une belle agate : c’est son enchantement continuel. Quoique l’enfant ne soit que grossièrement sensible aux délicates impressions du beau, les formes douces, les nuances claires et bien assorties du visage humain, doivent être aussi d’un puissant attrait pour lui. Ajoutons-y le jeu si varié de la physionomie : il a des liens si intimes avec l’organisation des êtres sensibles, que les animaux qui ne vivent pas habituellement dans la société de l’homme y devinent et y cherchent une signification. A tous ces objets d’incessante et vive curiosité, se sont associées, dans l'esprit de l’enfant, les idées de caresses, de jeux, d’amitié, de plaisir, de nourriture, toutes les excitations de l’esprit, toutes les jouissances du cœur, toutes les habitudes physiques.

On remarque chez l’enfant, surtout vers l’âge dedixmois, de ces attachements subits pour des visages nouveaux, qu’il n’est pas toujours facile d’expliquer. Un jeune parent, âgé de onze mois, est venu visiter ma famille. A première vue, son père étant présent, il m’a appelé : « Papa, papa ! » Je lui ai tendu la main, il s’est emparé de mes doigts, et m’a tiré le bras, en disant: « Papa, mené, mené... » J’ai compris qu’il désirait que je l’aidasse à marcher, et je me suis exécuté, à sa grande joie. lia continué, depuis huit

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jours qu’il est avec nous, à me témoigner une préférence marquée sur toutes les personnes. II quitte souvent sa mère, et surtout son père, pour venir à moi. Souvent, sa mère le tenant sur ses genoux au bout de la table, à une assez grande distance de moi, il me regarde fixement, émet son papa, papa, se glisse en gesticulant hors des bras de sa mère, et, à quatre pattes, sous la table, à travers les chaises etles jambes, il rampe, jusqu’à mespieds, pour que je le prenne. Cette soudaine affection méritait d’être analysée dans son principe, et je crois que j’ai trouvé la clef du mystère. Dès le premier jour, me voyant fumer un cigare, il s’est mis à souffler bruyamment, comme s’il exprimait de la fumée avec ses lèvres. Il fait de môme avec son grandpère ; or, ce dernier, qu’il appelle aussi papa, porte la barbe longue, comme moi. Cette ressemblance, etquelques autres peut-être, comme celles de la taille, ou desgestes, du son de voix, des attitudes, m’ont peut-être fait bénéficier, dès le premier rapprochement entre nous, de l’affection dès longtemps acquise à son grand-père. Mais il est certain que maintenant il m’aime aussi pour moi-même, je veux dire surtout pour les amusements que je lui ai appris, et qu’il ne veut goûter qu’avec moi. Après cela, peut-être y a-t-il entre ma personne et son sensorium héréditaire des

affinités sympathiques. Ou peut-être encore a-t-il la sympathie facile ?

La personne humaine est, en définitive, pour le petit en fant,

comme elle paraîtl’être pour les animaux apprivoisés, l’objet d une affection caractéristique. II est rare cependant qu’il manifeste jamais ses sentiments avec ce degré supérieur d énergie, qui mérite aux sentiments le nom de passion. L amour exalté, la passion, est le fait des adultes : elle implique un élément de réflexion, sinon toujours raisonnable, et une forte impulsion, sinon toujours réglée, delà vo onte, qui font encore défaut au petit enfant. 11 n’a pas des passions, mais, comme les animaux, des attachements, des

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habitudes. 11 ne faut non plus chercher en lui autre chose qu’un germe de la sympathie humaine proprement dite : l’enfant n’a pas encore fait une épreuve suffisante des biens et des maux, pour être capable de les imaginer chez ses semblables. Il ne connaît pas assez la vraie signification de certains faits qu’il observe, il ne possède pas à un assez haut degré la faculté d’induction et de jugement, pour être atteint dans sa sensibilité par les manifestations extérieures des sentiments complexes. 11 n’éprouve pas ces peines morales, plus dures quelquefois pour l’adulte que les souffrances physiques. 11 peut souffrir de la privation d'un être ou d’un objet aimé, mais sans avoir conscience d’en souffrir. On ne souffre, pour lui, que lorsqu’on pleure ou qu’on gémit.

Cet âge, si plein de sympathies irréfléchies, est sans pitié, selon le mot du fabuliste, par défaut d’expérience et faiblesse de jugement. On voit tous les jours des enfants, même de trois ou quatre ans, insulter innocemment, par leurs jeuxinopportunsou leurs propos cruels, aux douleurs .es plussacrées de ceux qui les aiment. Je me rappelle que, vers l’âge de cinq ans, ayant perdu une jeune sœur, je fus amené par ma tante devant le lit de la pauvre défunte. Sa pâleur excessive, son immobilité, ses yeux à demi-fermés, sa bouche grimaçante, le désordre de ses cheveux blonds maculés de sang (elle avait été tuée par le croup), me firent une impression très profonde; mais, en même temps, je fus frappé de sa ressemblance actuelle avec un petit garçon très pâle, que j’avais souvent remarqué à cause de son teint décoloré, en allant à l’école ; je n’eus rien de plus pressé que d’aller trouver ma mère, pour lui parler decette ressemblance. — Un enfant de quatre ans avait aussi perdu un de ses plus chers compagnons; on le conduisit dans la maison de son ami ; le père le prit dans ses bras, et le tint pendant quelques instants sur ses genoux, pleurant et sanglotant : que de choses, pour un adulte, dans cette grande

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douleur muette! L’enfant n’y comprit rien; il se liàta de quitter les genoux du père affligé, lit quelques gambades par la chambre, et tout à coup, revenant à lui : « Maintenant que Pierre est mort, s’écria-t-il, tu me donneras son cheval et son tambour, n’est-ce pas ? » Mot horrible d’un inconscient !

On peut cependant trouver des exceptions à cette règle générale. Un petit enfant, qui n’a pq£ encore trois ans, montre un rare exemple de ce que l’onafort justement appelé la mémoire du cœur. Son grand-père et son père, qu’il aimait beaucoup, sontmorts,l’un il y a un an, et l’autre il y a cinq mois. Il nese passe pas de jour qu’il n’en parle. Chaque fois qu’on l’amène chez sa grand’mère, il s’asseoit sur le fauteuil de grand-papa, il demande qu’on lève le rideau qui cache le portrait de grand-papa, et il le regarde avec une expressive émotion. Chez lui, il ne se passe pas de jour qu’il ne demande la photographie encadrée de son père : il embrasse petit-père, et il le fait embrasser à sa sœur et

à son frère aîné. 11 comprend, grâce à cette persistance du

souvenir affectueux, la tristesse bien naturelle de sa mère : « Tu es triste, lui dit-il, parce que petit-père n’est pas là. » S’il la voit pleurer, il l’embrasse, et lui dit : « Ne pleure pas : j’irai chercher petit-père, je le ferai revenir : j’ai la clef du paradis. »

Quoi qu’il en soit, voici encore des faits qui prouvent combien la sympathie est inégalement développée, dans ses différents modes, chez un même enfant. Ces observations me sont fournies par un ami. <r Depuis que je m’hydrothérapise, il est arrivé deux fois à l’enfant (seize mois) d’assister à l’opération. Tant que je n’ai été que déshabillé, tout a été intérêt pour lui ; mais lorsque j’ai commencé à m’asperger, peut-être parce qu’il se rappelle la sensation fort désagréable qu’il éprouve, quant on le lave ou quand on le baigne, il s’est mis à pleurer à chaudes larmes. La première fois, j’ai dû cesser mon opération pour le mettre

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à la porte, hors d’une vue aussi pénible; la seconde fois, il est allé à la chaise où étaient mes vêtements, et il a pris ma chemise dans la main, pour me la faire mettre. Cette sensibilité sympathique m’a profondément touché.

« L’enfant est fort affligé, quand je lui dis, etsa mère surtout : « Je suis fâché, bébé. » 11 en pleure souvent. Quand on le gronde, l’air mécontent lui fait la plus grande peine, et il en pleure. Si la gronderie n’est pas bien marquée, on le voit hésitant ; la bouche fait tantôt le pli du rire, tantôt celui des pleurs, et il se décide suivant notre physionomie définitive. Quand il pleure bien, pour avoir été grondé, sa mère le console toujours en lui disant : « Pas fâché, ami de maman , fais ami à maman », et alors il se présente, déjà consolé, pour se faire embrasser. »

Mais le revers de la médaille est toujours là.

Ce même enfant, à la même époque, etencore un an plus tard, était la terreur des chats. Pendant un séjour qu'il fit chez nous, un jour j’entrai tout à coup dans une chambre où il se trouvait seul avec un petit chat; à ma vue, il s’écria: « Je ne fais pas de mal au chat. » C’était vrai pour le moment où il parlait, car je trouvai le petit animal blotti sous une armoire, épouvanté.

Sentiment sexuel. — La localisation dans l’encéphale de l'instinct sexuel est loin d’être déterminée. L’hypothèse de Gall, qui voulait qu’il existât une relation constante entre le développement du cervelet et l’appétit sexuel a été complètement réfutée par des faits d’observation clinique et de pathologie humaine. Selon Ferrier, les besoins organiques qui constituent la base de 1 appétit sexuel se gioupent autour d’une forme spéciale de sensations tactiles, et celle-ci peut être supposée comme ayant son centre en rapports étroits avec la région de l’hippocampe. Mais illesup-

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