SENTIMENT SEXUEL
pose, et n’affirme rien. Il ajoute, se basant sur la puissance d’excitation sexuelle qui appartient à certaines odeurs, qu’une région étroitement unie aux centres de l’odorat et des sensations tactiles pourrait être considérée comme le siège probable des sensations qui constituent la base de l’appétit sexuel '. Les centres de cette sensation sont, selon le même auteur, « probablement localisables dans les régions qui unissent les lobes occipitaux à la région inféro-interne du lobe temporo-spliénoïdal . Comme les organes reproducteurs constituent chez la femme un élément si prépondérant dans leur constitution physique, ils doivent être représentés dans les hémisphères cérébraux par des centres proportionnellement plus considérables, fait qui s’accorde avec 1 excitabilité émotionnelle plus grande de la femme et le développement relativement plus considérable des lobes postérieurs du cerveau 2. » Nous en sommes réduits h des hypothèses quant à la localisation de l’appétit en question. Il n’est donc pas nécessaire de chercher si le cerveau du petit enfant possède, à un degré quelconque deformation, les organes cérébraux d’appétition sexuelle. Mais nous devons remarquer que cet instinct n’est pas exclusivement caractérisé par la tendance reproductrice. Il l’est surtout par l’appétit des sensations qui ont pour but inconscient, ou, si l’on veut, pour résultat la multiplication de l’être, la conservation de l’espèce. Je laisse encore ici la parole à un représentant autorisé de la psychologie comparée ;
« Les anatomistes modernes ont prouvé que la disparité des sexes est une différence beaucoup moins radicale qu’on ne serait tenté de l’imaginer. Le type est le même pour tous es individus d’une espèce. Le mammifère mâle a, comme l’autre sexe, les mamelles, auxquelles il ne manque que le développement. L’analogie se poursuit, sinon entre les pro-
David Ferrier, Les fonctions du cerveau, p. 318.
* ld. ibid. p. 122.
PSYCHOLOGIE DE L’ENFANT
portions relatives des parties, du moins dans le plan général de structure, jusque dans les organes génitaux. Everard Home va jusqu’à penserque le germe, à l’origine, peut indistinctement être doué de l’un ou l’autre sexe, qui dépendrait de simples circonstances ultérieures, telles que les accidents de l’imprégnation... Même dans les animaux supérieurs, le sexe, bien qu’il ne puisse êtro changé, n’a pas quelque chose d’aussi exclusif qu’on le pense généralement. A la naissance et pendant toute la première période de la vie, il n’entraîne aucune manifestation propre; la structure des organes génitaux est le seul moyen de le distinguer. C’est plus tard seulement que paraissent d’autres caractères, la barbe, les seins, la menstruation. L’oiseau mâle se pare des plus beaux joyaux de son plumage. Celles des affections mentales qui se rattachent aux phénomènes sexuels, nulles ou presque nulles jusque-là, éclatent maintenant dans toute leur force ‘. »
Le même auteur cite un grand nombre d’exemples, empruntés à la série des mammifères ou des oiseaux, qui tendent à montrer que la déviation de l’instinct sexuel, allant jusqu’à la confusion anomale du sexe et de l’àge, ou a la recherche exclusive des sensations qui se rattachent à cet instinct, n’est pas spéciale à l’homme. Ces considérations physiologiques, dans l’intention du célèbre naturaliste, n’ont pour but que d’expliquer la brutalité de la passion de l’amour dans les différents animaux. Elles nous suffisent pour l’intelligence des mêmes excès dans l’homme, qui n’est pas un animal raisonnable, mais un animal pouvant et devantl’être. Sansappuyer surcesdélicatesquestions,que ■ des scandales fréquents de criminalité et le succès de certains romans contemporains imposent aux méditations des moralistes et des législateurs, il suffit de signaler aux pa-
1 Houzeau, Études sur les facultés mentales des animaux, T, I, p. 274 et suiv