PRÉFACE
de les trier; j’en ai rejeté un certain nombre, qui me paraissaient peu importants ; j’en ai adopté un grand nombre d’autres, soit tirés de mes journaux d’observations, soitempruntés àautrui,mais vérifiés par moimôme. J’ai pensé aussi qu’on me pardonnerait facilementd’avoir extraitdemon livre, Y Éducation dès le berceau, un très petit nombre de pages d'observation psychologique, qui trouvaient ici leur place naturelle, et qui seront remplacées là par des considérations plus spécialement pédagogiques. Les deux livres auront, je le crois, gagné à cette substitution.
Pour l’interprétation des faits, je me suis efforcé de la diriger selon l’esprit de la méthode expérimentale. Si j’ai quelquefois bien vu et bien jugé, c’est à elle que l’honneur en revient; les méprises, les lacunes sont ma propre part. En tout cas, aucune des philosophies qui, sous différents noms, se sont plus ou moins complètement adaptées à la méthode expérimentale, n’est responsable de mes erreurs. Quoique ayant mes préférences ou mes tendances, je ne suis d’aucune école. Je me rencontre le plus souvent, il est vrai, avec les explications d’un Darwin ou d’un Spencer ; je n’en suis pas moins heureux de reproduire celles de Mmes Necker de Saussure et Guizot, de MM. E. Egger et L. Ferri, quand elles sont les fruits réels de l’expérience. Je ne demande pas aux faits et aux idées leur étiquette, etcommeleur mot de passe, pour les introduire dans mon petit domaine psychologique: ilme suffit qu’ils soient desfaits, bien observés, biendécrits; il me suffit qu’elles soient des idées claires et judicieuses.