‹ Les trois premières années de l'enfantChapitre 31 sur 65 · SENTIMENT SEXUEL · texte numérisé non relu

SENTIMENT SEXUEL

rcnts et aux éducateurs qui les ignorent les dangers possibles de la déviation et de la corruption de l’instinct sexuel, même à l’égard du tout jeune enfant. Il convient, de citer, à ce propos, quelques passages d’un livre à haute portée morale, dont l’adulte peut faire son profit, et pour les enfants de tout âge, et pour lui-même.

a L’observation, dans les premières années de l’enfant, dont il faut s’efforcer de gagner la confiance, le choix attentif de ses compagnons, comme de l’école qu’il fréquente et des études qui ne lui gâteront pas l’esprit, la formation de ses goûts, l’exercice en plein air, la camaraderie des frères et des sœurs, le choix du médecin, les relations de société, les amusements : tous ces divers points demandent à être examinés avec le plus grand soin.

« Le premier devoir des parents est d’observer le petit enfant. Il y a bien peu de parents qui sachent combien tôt les mauvaises habitudes peuvent être contractées, et combien 1 influence des bonnes (pourquoi des bonnes seulement?) peut être préjudiciable à l’enfant... L’œil de la mère, plein de tendresse et de respect, doit constamment surveiller ses enfants... Cette surveillance exercée sur le jeune enfant, la nuit comme le jour, voilà le premier devoir à inculquer universellement. Deux choses sont nécessaires à qui veut l’accomplir, savoir: une connaissance très claire des maux auxquels l’enfant peut être exposé, et un tact permettant de comprendre la plus légère indication du danger et de le prévenir, sans permettre à l’enfant de s’en douter *. » Mme Blackwell ajoute, dans une note d appendice, ces graves considérations : « On peut trouver de terribles exemples dans le traité de médecine de Trélat, intitulé : La folie lucide, e^c. Lallemand et d’autres chirurgiens citent de nombreux cas de dommage funeste

' Conseils aux parents sur l’éducation Point de vue de leurs facultés sexuelles, wel1' docteur en médecine, p. 02 et suiv.

morale de leurs enfants au par Mme Elisabeth Black- Alcan, édit.

PSYCHOLOGIE DE L’ENFANT

porté à la santé des enfants encore à la mamelle, par les actes odieux de bonnes sans principes. J’ai dû moi-même faire remonter la mauvaise santé d’enfants, dans des familles de la plus haute société, aux habitudes pratiquées par des bonnes de confiance, qui avaient toute l’apparence de femmes honnêtes et respectables. Des témoignages d'un grand nombre de médecins confirment ces observations *. ».

Le sentiment personnel. — La personnalité, chez l’enfant, s’accuse avec le développement de son intelligence et les progrès plus ou moins conscients de son activité. Bientôt la comparaison qu’il fait entre les adultes et les enfants de sa connaissance fait germer dans sa jeune tête l’idée d’exellence ou de supériorité, qu’il ne manque pas d’appliquer à lui-même. Il jouit alors, plus souvent qu’autrefois, des réflexions qu’il fait sur ses sentiments, ses qualités, son mérite et ses forces. Mais ce qui montre combien l’amour-propre, comme la plupart de nos sentiments complexes, tout en restant égoïste, implique la présence d'autres individus, c’est qu’il est beaucoup plus agissant quand il a des témoins. L’enfant veut faire seul, si on l’en a loué, et si on ne veut pas agir à sa place, tous les actes un peu difficiles qu’il lui a fallu auparavant laisser faire par d’autres. Il veut prendre sa nourriture de §es propres mains, se laver et s’habiller sans aide ; quoi qu’on fasse, il veut y mettre la main ; dans tout ce qui se dit, il veut placer son mot ou son geste.

Entre la deuxième et la quatrième année, le sentiment personnel s’affirme, au point de s’exagérer, chez les sujets même les plus doux et les mieux élevés. Un enfant était fort douillet, avant d’avoir atteint le vingt-sixième mois.

1 Jd. Ibid. p. 138.

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