CHAPITRE XI
LES ERREURS ET LES ILLUSIONS DE L’ENFANT
L’enfant est soumis aux mêmes espèces d’erreurs et d’illusions que l’homme. La seule différence entre lui et l’homme, considéré dans l’espèce, et dans la majeure partie des occurences, c’est que tel genre d’erreur est plus facile et plus nécessaire au premier, étant donné le développement imparfait de ses facultés et la tendance qu’elles éprouvent néanmoins à s’exercer, dès le début de la vie, selon les lois spécifiques de la pensée humaine A part cette différence, nous trouvons dans l’enfant toutes les erreurs les plus communes, les fausses inductions appliquées aux données des divers sens, les paralogismes occasionnés par la précipitation et la prévention, et par dessus tout, ce que nous appelons encore, d’après les logiciens de Port-Royal, les sophismes d’amour-propre, d’intérêt et de passion. Signaler quelques-unes de ces diverses catégories d’erreurs souvent analogues dans l’adulte et dans l’enfant, ce n’est pas faire une classification de curiosité pure ; c’est ouvrir sur l’âme enfantine une large fenêtre par où nous pouvons en prendre une connaissance aussi utile pour
1 CC L’enfant ne se trompe peut-être pas plus souvent que l’homme, car son esprit touche à un moins grand nombre do questions ; mais il est, sur certaines choses, plus exposé à l’erreur, en ce sens que les causes qui font que l’homme se trompe agissent sur lui avec une plus grande énergie ; (E. Maillet, Eléments de psychologie de l'homme et de l’enfant, p. 551). »