Elle a paru dans Mind, juillet
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faitement. Ses articulations sont peu nombreuses 'a, â, i, â employé quelquefois pour o; le son long de l'i anglais (ai) n’est pas encore prononcé, ou il est prononcé ià ou ia. L’enfant ne produit pas encore g, l, r, consonnes initiales, ni les sifflantes, les aspirées, les palatales. Guy (nom propre) est prononcé dâ, h est prononcé l. Les consonnes finales ne sont jamais ou que rarement produites. A part baby, nâni, nânâ, le vocabulaire est essentiellement syllabique. Lady a été prononcé une fois, mais n’est pas devenu usuel. Avec une langue si pauvre de mots, et complètement dénuée de constructions, l’enfant peut cependant, grâce à une très riche variété de tons, et à l’aide d’interjections inarticulées, exprimer un grand nombre de sentiments, l’impatience, la joie, le dépit, le jeu, et quelquefois certaines idées distinctes, comme nous l’avons vu pour le cas du zèbre.
Signalons, entre autres acquisitions (dix-huit à dix-neuf mois) le mot poor, dont la prononciation diffère peu de celle des adultes, et qui est une expression de pitié, étendue même aux objets présentant quelque imperfection.
O et g sont plus distincts vers le milieu du dix-neuvième mois. Guy n’est plusdà mais gà. L et t final, même le p, sont prononcés plus ou moins nettement. La forme monosyllabique domine encore. Le K est un son favori : Kustool, Kah-cod , Ko-cosy, ha-cold, KàKà =■ chocolaté, Khi-en = clean. S, sh, ch, j, sont encore indistincts ; w, v, f, sont prononcés, mais pas distinctement. M. Pollock croit, avec M. Taine, que la prononciation enfantine possède quelques nuances de son qui échappent aux oreilles de l’adulte.
A vingt mois, dush équivaut à dust, et tàsh probablement ktouch, tàsh à moustache. Les finales sifflantes l’emportent sur les initiales. Quelques dissyllabes sont plus ou moins bien prononcés : Fanny, honney, money; fà-wà (flower) la-ta (letter), ha-pi (happy), bâ-ta (butter), A’-si (Alice). R, se confond avec d et l. Je néglige quelques autres progrès
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du même genre, pour en indiquer deux ou trois plus importants réalisés entre le vingt et unième et le vingt-deuxième mois. L’enfant répond en monosyllabes à quelques questions très simples. No-dà-dà. — A vingt et un mois use souvent du trisyllabe Tnisi : Tennyson, une édition illustrée qui partage son attention avec Vais (Wats). A vingt et un mois et demi apparaît une ébauche de construction grammaticale par l’apposition d’un substantif et d’un adjectif : dir-ty boots. L’enfant compose même une petite phrase kàbs datiJclam : JcHn : cabs dirty, peêram clean). Il faut signaler aussi un progrès relatif aux noms génériques.
A vingt-deux mois, le vocabulaire, la prononciation et la faculté d’expression se sont beaucoup perfectionnés : zhâtis est souvent dit pour^ere il is ; — out-pull-baby-pecs ; — run away man ; — marna get Bassie. Mais les consonnes ch, j, et th, sont encore imparfaitement prononcées, r ne l’est pas du tout. M. Pollock signale aussi quelques expressions indiquant la faculté dramatique de l’enfant : quant à la distinction qui serait faite par l’enfant entre l'animé et
l’inanimé, et à sa tendance anthropomorphique, M. Pollock
ne voit aucun exemple qui la justifie. A cette époque se remarque aussi un penchant très décidé à l’imitation des actes dont l’enfant est témoin, à commander, à faire des questions, etc. A vingt-trois mois, les palatales, les dentales aspirées, et le son particulier de l'a anglais dans hat, sont encore un peu imparfaits, et r est représenté par l. Quand s marche devant une autre consonne, une des deux est supprimée. K est dans quelques mots confondu avec t. Il dit oken pour open, Icek pour take..., etc.
Les mots que l’enfant retient le mieux sont ceux qui expriment la qualité la plus saillante ou la partie qui produit l’impression principale et dominante. Ainsi une petite fille
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de vingt mois, devant laquelle j’ôte mon chapeau, et à qui je demande : « qu’est-ce ? » me répond : « bonnet. » C’est pour elle le nom déjà généralisé de tout couvre-chef, soit féminin, soit masculin, et dont l’objet l’a bien frappée, sur le front de sa mère, et sur le sien, quand elle se regarde au miroir. Elle appelle la carafe vê (verre), tandis que la bouteille au vin est un lit (litre), le mot verre désignant une qualité qui l’a frappée et dans les verres de table et dans la carafe, et la bouteille, quoique de verre, lui apparaissant sous un autre aspect que le verre. Elle appelle aussi lit une petite bouteille de pharmacie qui contient à peine un décilitre. L’idée générale de verre ira tous les jours s’élargissant, et aussi l’idée générale de litre se rétrécissant, au fur et à mesure des expériences nouvelles.
Un petit enfant de deux ans et demi appelle oua-oua tous les chiens, sauf Cambo , celui de son grand-père, qu’il ne sait pas appeler par son nom, mais qui n’est pas pour lui un oua-oua vulgaire. 11 appelleencore oua-oua les petits animaux de bois de sa collection, le chien, la chèvre, le loup, l'hyène, le lion. Mais, devant un lion empaillé, il a paru surpris, quand je le lui ai appelé oua-oua, et il me regardait comme si je me trompais. S’il distingue très bien un âne d’un cheval, et surtout d’un bœuf, dans la rue, dans sa ménagerie tout cela s’appelle moA (bœuf). L’autre soir je l’avais mis sur ma table, avec un crayon à la main et un papier blanc devant lui. J’ai dessiné grossièrement un quadrupède : il a dit mou. J’ai voulu lui faire quelques dessins simples, par exemple un petit rond; il nous a fait rire de bon cœur, quand il a appelé cela titi, nom qu’il a appris depuis longtemps à donner au sein de sa nourrice. Nous avons appris ainsi que titi avait pour lui le sens précis de mamelon, et non pas de mamelle. C’est donc l’impression dominante qui se traduit, comme idée générale et individuelle, dans les mots le plus facilement et le plus fortement retenus par l’enfant. Les autres mots lui sont inutiles, ne
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l’intéressent pas, ne signifient rien pour lui : et, si on le force à les apprendre comme un perroquet, il les oublie plus facilement que ceux qui représentent quelque chose à son intelligence.
Ce qui précède nous fait voir que l’on aurait grand tort de considérer la rapidité des progrès linguaux, question des organes mise à part, comme un indice de précoce intelligence : c’est même très souvent le contraire qui me parait être vrai. J’ai noté un retard remarquable à l’égard de l’exercice de la parole, chez plusieurs enfants des deux sexes, nés de parents affinés par la culture intellectuelle et s’exprimant avec facilité : le père de l’un d’eux me témoignait même la crainte que son enfant ne fût muet ou quasimuet, parce qu’à l’âge de treize mois, il bégayait à peine deux ou trois mots. Cet enfant a commencé tard à parler, il a même pris son temps pour avancer ensuite; mais, à l’àge de trois ans, ce petit homme avait un vocabulaire aussi riche que précis, et s’exprimait avec une justesse et une facilité très grandes. Je pourrais citer beaucoup d’autres exemples semblables. 11 me paraît donc que, plus un enfant est intelligent, moins il se paie de mots ; plus il faut que les mots signifient quelque chose pour qu’il les apprenne, et c’est pourquoi il n’en apprend qu’àmesure qu'il se fait des idées nettes des objets. Chez les enfants peu intelligents, mais doués d’organes souples, et d’une mémoire en avance sur le jugement, les mots précèdent les idées, les remplacent souvent ; ils les retiennent comme sons et associations de sons, moins que comme représentations d'idées personnelles- Aussi, quand ils viennent à comprendre le sens de ces mots longtemps prononcés pour la forme, ce sont les idées des autres qu’ils se trouvent avoir depuis longtemps, tandis que les intelligents lents à parler ont une foule d’idées qui leur sont venues, non par le canal des mots, mais par le moyen d’observations et d’expériences directes.
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