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LES ANGLAIS

Quelle est cette race d'hommes musculeux et sanguins, fermement appuyés au sol, qu'on trouve par toute la terre, occupant les positions les plus fortes? Marchands, industriels, trafiquants, ils semblent, respectueux d'eux-mêmes, ne regarder les autres

hommes que comme des instruments à leur service, et n'être sur terre que pour confisquer à leur profit tous les biens matériels. Mathématiciens, raisonneurs, leur religion est le protestantisme, leur philosophie le matérialisme; ils n'estiment, inébranlables aux sensations et aux sentiments, que ce qui a un poids précis, un résultat net, ce qui se compte, se touche, se mesure et s'arpente.

Ce sont les Anglais, race forte et basse, égoïste et ambitieuse, habile et avide, créés pour enlacer le faible dans les liens de leur implacable domination, et à qui le monde, pour le mal et le mépris qu'ils lui donnent, rend une instinctive et universelle haine (1).

(1) «La haine pour l'Angleterre est générale, dit J. de Maistre, j'observe, j'écoute, et je vois avec terreur qu'ils ne sont aimés que d'eux-mêmes. » — « A l'estime qu'on ne peut refuser â une nation puissante et éclairée, ajoute un écrivain du dernier siècle, les autres peu-

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Modernes Carthaginois, leur but est le lucre, leur moyen le commerce, leur, pays une Usine.

Dans leur île isolée au milieu de l'Océan, ils s'empressent, jour et nuit, à fabriquer, filer, tisser, forger ; puis ils exportent ces produits dans tout l'univers, qui leurlivre son or en échange. Ils ne gardent la paix, ils ne font la guerre que pour alimenter leurs machines et écouler leurs objets ma nufacturés. Ce ne sont pas eux qui se battent pour l'honneur et non en marcliatids, comme le disait le roi Louis XV, ou qui, après avoir mis un ennemi à la raison , dédaignent de demander les frais de la guerre, parce que Yhonneur ne saurait être trop payé. Une guerre est-elle termi-

ples joignent toujours un peu de haine, mêlée de

crainte et d'envie. ■

PiIvarol, discours sur P universalité de la langue française.

née, tout de suite le paiement, le prix; tout traité est un marché. Ils battent les Chinois, prenez notre opium ! Ils soutiennent les Hollandais, à nous le Cap ! Ils renversent Napoléon, à nous Maurice ! Ils protègent la Grèce, à nous les îles Ionniennes ! Ils délivrent Malte, à nous Malte!

Maintenant, disait un général anglais après une victoire en Espagne, faites avancer les colons! — Payez-moi, ou je vous extermine ! tel est le langage de ce gouvernement, s'écriait un de leurs orateurs (l).

Toujours le point utile , la chose qu'on touche, qui produit comme un champ, qui défend comme un fort, qui pèse comme un ballot; sur toute route ils mettent leurs comptoirs, leurs hôtelleries et leurs canons. L'Angleterre n'est pas là où vous la voyez sur la carte, disait

(l)Fox, discours au Parlement pendant la guerre d'Amérique.

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