‹ Les trois rivaux, ou, La fille romanesqueChapitre 40 sur 85 · ACTE lîï, SCÈNE If · texte numérisé non relu

ACTE lîï, SCÈNE If

voir, l'ambition sont pris souvent pour la voix du cœur. O Julie ! Si tant de raisons puissantes entrent dans l'amour, un esprit délicat peut douter s'il existe !

JULIE

Cette délicatesse, vraie à vos yeux, fausse aux miens, commence à m'offenser.... Je ne vous avais pas donné de raison.... {Elle s'éloigne. )

FAKLAND.

Restez, Julie; restez un moment.... La porte est

fermée ! Julie! moitié de mon âme ! J'entends ses

sanglots. Malheureux ! quelle déraison ! Demeurez.... Ah! elle revient I Qu'il y a peu de résolution dans une femme ! comme quelques mots de douceur la font

changer ! Non, vraiment, elle s'éloigne. Quoi,

Julie, mon amour ! dites seulement que vous me pardonnez. Revenez pour me dire Ah, c'est avoir

trop de ressentiment, restez donc. La voici De la

fermeté en rien ! sa sortie n'était donc qu'une ruse ? Elle ne verra pas que j'en suis blessé : affectons l'indifférence. {Il chante, puis il écoute.) Non, morbleu, elle ne revient pas ! elle n'y songe môme pas. Ce n'est pas là de la fermeté; c'est obstination. Eh bien, je l'ai mérité! Quoi, après une absence si longue, gronder avec son amante! je serais honteux de la voir Attendons que son ressentiment soit cahné, et si je la tourmente encore , que je la perde pour toujours !

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