‹ Les trois rivaux, ou, La fille romanesqueChapitre 83 sur 85 · ACTE V, SCÈNE VllI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VllI

serais pas honteux d'expier une étourderie.... je vous

demande pardon Quant à cette jeune personne

qui approuve ma flamme , je soutiendrai mes droits, quel que soit mon rival.

LE COLONEL

C'est bien! et je me place à tes côtés, mon enfant. DES ACRES.

C'est à moi de donner l'exemple; je renonce à tous mes droits. Si pour se marier il faut se battre, mal gré mon courage, je vivrai garçon.

LE CHEVALIER

Touchez-moi dans la main , capitaine, et qu'un affront expliqué si noblement se change en amitié.... Pour la jeune miss, si elle nie son écriture...

MADAME NÉOLOG.

Ah! il va déguiser \e mystère! Chevalier, peutêtre est-il là encore quelque imbroglio. Voulez-vous que y illumine. ..

Je vous en prie, vieille dame.... Miss Deslangueurs, êtes-vous, on non, ma Délia ?

LYDIE

Non, chevalier, je ne la suis pas.

(Le capitaine et Lydie s' éloignent en se parlant.)

MADAME NÉOLOG.

Chevalier, ingrat que vous êtes, j'avoue l'aimable erreur je suis Délia.

LE CHEVALIER

Vous?

MADAME NÉOLOG.

Ce sont mes lettres. Si un Vandale peut devenir sensible, peut-être , un jour, pourrez -vous me forcer doucement...

go LES TROIS RIVAUX.

LE CHEVALIER

Je suis sensiblement touché de tant de complaisance ! Que le tour soit de vous. Madame, ou de Lucy, toute ma gratitude est pour vous, et je vais vous le prouver. Capitaine Absolu, puisque vous m'avez enlevé Lydie , je vous donne ma Délia par-dessus le marché.

LE CAPITAINE

Fort obligé , chevalier. Nous avons là le duelliste qui n'est pas encore pourvu.

LE CHEVALIER

Mon petit brave, on peut tout à votre âge. Voulezvous faire votre fortune ? allons.

DESACRES.

Qu'elle aille au diable, avec ses rides. Touchez là , chevalier, et oublions le passé. Je vous félicite, capitaine, et vous, Fakland, et vous mesdames ! Je veux commander la fête , et pour célébrer les deux mariages je vous donne le bal au salon du Grand-Cerf.

( Les acteurs s^ éloignent excepté Fakland et Julie. ) JULIE , à part.

Il semble affligé ! il est malheureux sans se plaindre 1 N'y avait-il pas quelque apparence dans le conte qu'il m'a fait ! 0 femmes ! pouvons-nous compter sur notre jugement quand notre résolution est si foible I

FAKLAND.

Julie! comment implorer ce que j'ai si peu mérité ! Tout espoir est-il interdit au plus vrai repentir ?

JULIE

Ah ! Fakland ! fûtes-vous plus coupable par vos injustices que je le suis en les oubliant. Si ma foiblesse est l'ouvrage de l'amour, il serait peu généreux de ne pas recevoir de vous la même excuse.

Page 1