‹ Les trois romans de Frédéric ChopinChapitre 114 sur 122 · LA RUPTURE · texte numérisé non relu

LA RUPTURE

du docteur Molin lui rendirent une apparence de force; mais déjà l'ombre qui le suivait était celle de la mort. La mort devait désormais être son unique fiancée. George le revit une dernière fois dans un salon où l'on se souvenait des beaux jours de leur amitié. Elle s'approcha de lui, le caressant de ces beaux yeux dont il avait tant aimé la douceur et l'éclat : -r- « Frédéric! » murmura-t-elle : lui, très pâle, la couvrit aussi d'un long regard, puis il se leva et s'éloigna. Tout était fini. Il y eut de mauvais cœurs entre eux, même à l'heure du trépas. Se sont-ils réunis en un autre monde? Est-ce le souvenir de Frédéric qui inspira à George ces paroles touchantes : « Saintes promesses des cieux, où l'on se retrouve et où l'on se reconnaît, vous n'êtes pas un vain rêve... 0 heure suprême de joie et d'ineffable émotioi], quand ]a mère retrouvera son enfant, et les amis, les dignes objets de leur amour? »

Voyage deChopia en Angleterre. — Ses dernières lettres.

Sa mort.

Avant d'entreprendre le voyage d'où l'on ne revient plus; il eut encore l'idée de passer la Manche pour se rendre en Angleterre. Peut-être la révolution de février 18^, en dérangeant ses habitudes, le chassa-t-elle de Paris, lui qui avait horreur de tout tumulte et de tout désordre? Peut-être aussi allait-il en désesp'^ré au-devant de la mort; peut-être enfin n'obéissait-il qu'à cette agitation et ce besoin de changement qui

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