‹ Les trois romans de Frédéric ChopinChapitre 45 sur 122 · CONCERTS A VARSOVIE H · texte numérisé non relu

CONCERTS A VARSOVIE H

concert se borne-t-il à se servir d'un piano sorti des ateliers de Graff de Vienne. Le son en est bruyant, et l'assistance ne se possède plus de joie. On acclame le jeune maître, on le rappelle, on trouve que ses notes s'égrènent sous ses doigts comme les perles d'un précieux rosaire. Le rondo à la Krakowiak provoque un enthousiasme indicible, et de tous les coins de la salle se font entendre les cris de : « Un troisième concert, un troisième concert I » Cette fois-ci, du moins, les journaux n'apportent plus de restrictions à leurs éloges. Le Courrier de Varsovie pousse son lyrisme jusqu'à publier un sonnet dédié « au grand artiste ». Chopin se défend de cet excès d'honneur : « J'ai supplié le rédacteur de n'en rien faire, écrit-il ; mais il m'a répondu, avec un sourire de satisfaction, que les vers se trouvaient déjà imprimés. Ohl ces services et ce zèle d'ami I » De]son côté, Orlowski, qui fut plus tard directeur de l'Opéra de Rouen , compose

des polkas et des galops, sur les thèmes des concertos et des polonaises. Et Frédéric de s'écrier de nouveau : « En voilà une calamité! je l'ai engagé à garder à l'avenir ses œuvres dans ses cartons. » A ces préoccupations artitiques, « s'ajoutent ses peines de cœur » . Ses timidités d'amoureux le font languir, alors que Constance se montrerait peut-être disposée, en bonne déesse qu'elle est, à descendre des nues pour consoler ce doux mortel. Fort heureusement une nouvelle diversion s'opère dans l'esprit de Fritz, sinon dans son cœur. Ce cœur est fidèle et tendre ; mais il a la mollesse de la cire et les impressions les plus vives s'y gravent et s'y effacent tour à tour. Une cantatrice acclamée alors, mademoiselle Sontag, celle qui fut plus tard la comtesse Rossi, et qui mourut d'une façon si tragique à Mexico, arriva au mois de juin de l'année 1830 à Varsovie. Aussitôt Chopin s'enthousiasme.

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