‹ Les trois romans de Frédéric ChopinChapitre 50 sur 122 · SÉJOUR A VIENNE · texte numérisé non relu

SÉJOUR A VIENNE

50 florins par mois (ohl le temps béni!) et se montre tout fier d'y succéder à un amiral anglais. Les premiers soins - de son installation l'absorbent : « Je ne sais vraiment pas comment s'est écoulée la semaine. Je n'ai pas encore eu le temps de me retourner, et je ne puis, par conséquent, rien vous préciser au sujet de mon concert. Quels morceaux y exécuterai-je? Sera-ce le concerto en /a, ou le concerto en mi ?

y> Wurfel accorde toutes les préférences au premier; Hummel au second que vient d'éditer Haslinger. — A propos de Haslinger c'est un prudent mais. rusé personnage. Il pense m'éconduire avec de belles phrases et garder mes compositions pour lui. Il croit peut-être qu'en affectant de traiter légèrement mes œuvres, je le prendrai, moi, au sérieux, et que je lui céderai mes partitions pour ses beaux yeux. Ahl qu'il se trompe î le mot gratis est désormais rayé de mon vocabulaire... Payez, payez. Monsieur! »

Mais, soudain, les nouvelles arrivant de Pologne, viennent le frapper au cœur comme autant de coups de foudre. Son protecteur, le grand-duc Constantin, a fui ; Varsovie est libre ! toutes les provinces de l'ancienne Pologne tressaillent, se soulèvent, et des milliers de volontaires accourent grossir les rangs de l'armée qui combat pour l'indépendance de la patrie.

Chopin passe alors par toutes les alterna* tives de l'espérance, de la crainte, de la joie et de la douleur. Bientôt il reçoit des lettres de sa famille qui le mettent au courant de la situation. Son vieux père le supplie de ne pas se laisser détourner de sa voie, de pousuivre son voyage. Il y va de son avenir, et, après tant de sacrifices subis, il se doit à lui-même de réaliser l'ambition de ses parents.

Mais quelle rude épreuve pour cette âme généreuse, si profondément patriotique; épreuve d'autant plus cruelle que Titus le

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