ÉLÈVES DD MAITRE
de la princesse Marie de Wurtemberg ; au maître à la fois envié et aimé, dont les élèves s'appellent ou s'appelèrent la princesse de Beauvau, la comtesse Delphine Potoçka, la princesse Marceline Radziwill, la princesse Isabelle Czartoryska, mademoiselle O'Meara ; j'en passe, et tant d'autres.
Oh I la rentrée brillante dans ce monde pour lequel il se sentait créé, au milieu duquel il avait vécu depuis son enfance I Aussi son second concert, donné dans le courant de l'année 4833, peut-il ne pas réussir, il en prendra aisément son parti. « La foule m'intimide, dit-il à ce sujet à Liszt; je me sens asphyxié par ces haleines précipitées, paralysé par ces regards curieux, muet devant devant ces regards étrangers; mais vous, vous y êtes destiné ; car, quand vous ne gagnez pas votre public, vous avez de quoi l'assommer. » Était-ce un compliment, une ironie ou une vengeance des critiques acerbes et injustes auxquelles son succès même, le
mettait en butte? Liszt l'admirait, il est vrai ; mais, SOUS cette admiratipn, il savait parfois cacher un sentiment, hélas I plus naturel à l'homme et à l'artiste. Field, lui, ne ménageait pas ses expressions; il avait beau jeu à reconnaître du talent à son rival, puisqu'il ajoutait aussitôt : « Oui, talent, mais talent de chambre de malade. » Jusqu'à Moscheles qui lui décochait ses traits de l'autre côté de la Manche. « Voilà G... qui se rend à Paris, écrit-il dans ses Mémoires; il y va prendre des leçons de musique républicaine chez Chopin, le même Chopin qui, dans ses ballades et ses mazurkas, pleure sur l'indépendance perdue de sa patrie. Je crois qu'il est capable d'emprunter au jeu de ce patriote ce qu'il y pourra trouver de bon ; mais les pensées heureuses se rencontrent rarement dans les compositions de Chopin ; il ne sait leur donner ni l'ordre ni l'ensemble voulu. » Ce n'étaient là que de légers nuages obscurcissant son ciel. N'avait-il pas assez de gloire