‹ Les trois romans de Frédéric ChopinChapitre 72 sur 122 · VOYAGES EN ALLEMAGNE M · texte numérisé non relu

VOYAGES EN ALLEMAGNE M

cette fête l'ailtôrité de son patronage. Mendelssohn et Chopin, c'étaient bien là deux esprits et deux âmes laits pour se comprend dre. Déjà ils s'étaient entrevus à Paris,' et n'en désiraient que plus vivement voir s'établir et se consolider leurs rapports. La première visite de Frédéric à son arrivée dans la ville allemande fut donc pour le chantre des romances sans paroles. Il était accompagné d'Hiller; Mendelssohn les accueillit Tua et

l'autre avec une cordialité, un plaisir dont

fait foi la lettre qu'il adressa à sa mère..; a Chopin et Hiller, y est-il dit, ont considérablement perfectionné leurs moyens tech-

niques. Chopin est aujourd'hui le premier des pianistes. Son jeu nous ménage autant de surprises que nous en trouvons ôous l'archet de Paganini. Hiller aussi est un virtuose plein de force et de grâce. Malheu-^ reusement taus deux . ont cette manie parisienne *de poser pour des désespérés. Ils exagèrent le sentiment; ^ussi la mesure et

le rythme en souffrent-ils. Mais, comme, de mon côté, je tombe dans l'excès contraire, il en résulte que nous nous complétons les uns les autres. Moi, j'ai tout l'air d'un magister, eux ressemblent aux mirliflores et aux incroyables. »

Magister, incroyables ou mirliflores, on n'en garda pas moins, de part et d'autre, la meilleure impression de cette solennité musicale. Chopin regagna Paris pour le quitter quelques mois après. Cette fois, il ne s'arrêta qu*en Bohême, à Karlsbad. Oh I comme son cœur battait sous le coup de l'émotion qui l'étreignait. C'est qu'après quatre années d'absence, il allait retrouver son vieux père, venu là pour demander au Spmdel un sou* lagement aux infirmités de son âge. Quelle joie de se retrouver I quelles longues causeries, quelles douces promenades sur les talus gazonnés et boisés des belles collines avoisinantesl qne d'espérances, que de projets d'avenir dont le murmure des grands arbres

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