GEORGE SAND
plus le calme de la santé, par conséquent la plénitude de la vie. »
Tel est le jugement que porta George Sand sur le génie du maître. J'aurai l'occasion de revenir plus d'une fois sur son appréciation de l'homme et du caractère de l'homme. Quant à leur rencontre, elle fut une de ces combinaisons imprévues du sort, qui se joue de la destinée des humains*. Le sort se plut à rapprocher ces deux êtres si dissemblables et à les river l'un à l'autre, pendant huit années de leur existence, par tous les liens que forgent la passion, la reconnaissance, l'amitié, l'habitude. Ils se trouvèrent, pour la première fois, l'un en face de l'autre, à une soirée chez la comtesse Marliani. Six mois s'étaient écoulés depuis que Chopin avait quitté Marienbad, saignant d'une double blessure : blessure de cœur et blessure d'amour-propre . . . Les belles années avaient fui sans retour; les belles