‹ Les trois romans de Frédéric ChopinChapitre 91 sur 122 · VOYAGE A MAJORQUE · texte numérisé non relu

VOYAGE A MAJORQUE

Lui demandait davantage, tandis que, chez elle, ce sentiment d'amitié tranquille s'expliquait et par les années qu'elle comptait en plus et par les orages qui avaient bouleversé sa vie et par les soins, maternels ceux-là, qu'elle prodiguait à celui que, les premières ivresses des sens passées, elle appelait son malade ordinaire^ et aussi son cher enfant^ tant il était jeune et naïf, ce cœur, et faible et frêle, ce corps, qui se donnait entièrement et sans partage. Elle le reconnaissait, elle en souffrait, mais elle se sentait assez jeune pour avoir encore à lutter contre l'amour, contre la passion proprement dite*. En somme, et pour conclure, ils ne goûtèrent durant ces huit années que deux à trois mois de félicité sans mélange d'un amour absolu et complet. Dès le mois de novembre 1838, la santé de Chopin inspira des inquiétudes, et le voyage de Majorque fut décidé* D'ail-

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